Elle sera candidate « en femme libre ». Ce jeudi, la maire (LR) du VIIIe arrondissement de Paris Jeanne d’Hauteserre annonce qu’elle présentera une candidature dissidente aux élections municipales, les 15 et 22 mars prochain.
En froid avec Rachida Dati, Jeanne d’Hauteserre dit avoir appris par ses administrés l’investiture de Catherine Lécuyer, actuellement conseillère d’opposition du VIIIe.
« Beaucoup de mes administrés me disent qu’ils ne comprennent pas cette situation et qu’ils en ont marre des tambouilles politiques. Ils me disent j’espère que vous présentez, et je dis oui », a-t-elle déclaré.
« Depuis hier, je suis en campagne, j’ai signé le bail de ma permanence, donc no problem », ajoute-t-elle.
Des tensions avec Dati
La maire du VIIIe avait provoqué la surprise lors du Conseil de Paris d’octobre en déclarant que des maires « de son bord » lui demandaient des logements sociaux pour leur famille.
Le Canard enchaîné avait écrit dans la foulée que Rachida Dati aurait profité de son titre d’élue pour demander l’attribution d’un logement social à l’une de ses sœurs, ce que la maire du VIIe arrondissement a démenti.
« Moi, en ce qui me concerne, j’ai besoin de loger des femmes battues », a-t-elle expliqué en rappelant sa volonté de développer le parc social dans un arrondissement fortement carencé.
« On ne pourra jamais me taxer d’affairisme »
« Oui, je suis une femme très libre, j’ai le courage de mes convictions et on ne pourra jamais me taxer d’affairisme », a-t-elle taclé, visant Rachida Dati, renvoyée en procès en septembre pour corruption et trafic d’influence, pour des faits qu’elle conteste.
Toujours encartée chez Les Républicains, l’élue de 72 ans explique avoir adressé il y a un mois un courrier à la Fédération LR de Paris pour indiquer son souhait d’être à nouveau investie en 2026.
D’Hauteserre règle ses comptes
« Catherine Lécuyer habite dans le XVIIIe arrondissement. En 2014, on m’avait demandé de la prendre sur ma liste en me disant que son mari était très généreux, donc je l’ai prise et six mois après elle voulait me remplacer », poursuit-elle.
« Aujourd’hui je m’aperçois que chez LR ou ailleurs, il y a des lâches, des traîtres, des hypocrites, il y a des personnes que j’ai aidées à se faire élire », visant sans la nommer la patronne de la fédération parisienne Agnès Evren.