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Les élections municipales à Bordeaux s’annoncent serrées. Pierre Hurmic, maire écologiste sortant, vise un second mandat face à une opposition désormais rassemblée et une gauche divisée.

Après avoir basculé dans le camp écologiste en 2020, Bordeaux s’apprête à vivre une nouvelle bataille municipale. Six ans après l’élection de Pierre Hurmic, le maire sortant espère conserver l’hôtel de ville face à une opposition désormais rassemblée. Droite unie, gauche divisée : tous les ingrédients sont réunis pour un scrutin très disputé dans la capitale girondine. La Dépêche du Midi analyse pour vous les enjeux de ce scrutin.

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Qui sont les candidats ?

Maire écologiste depuis 2020, Pierre Hurmic (Les Écologistes) a confirmé sa candidature pour un second mandat. L’élu entend défendre son bilan et poursuivre les orientations engagées lors de la mandature écoulée, notamment en matière de transition écologique, de mobilités et d’aménagement urbain. Il peut s’appuyer sur une majorité municipale composée des écologistes et de leurs alliés de gauche, même si celle-ci apparaît aujourd’hui plus fragmentée qu’en 2020.

Face à lui, l’opposition a choisi l’union. Le député Thomas Cazenave (Renaissance) conduira une large liste rassemblant la plupart des forces de droite et du centre, de la majorité présidentielle aux Républicains. L’objectif est clair : proposer une alternative unique à la majorité sortante et éviter l’éparpillement qui avait coûté cher à la droite bordelaise lors du précédent scrutin.

À gauche, Nordine Raymond (La France insoumise) a décidé de faire cavalier seul. Une candidature qui acte la rupture avec la majorité écologiste et illustre les tensions persistantes entre les différentes composantes de la gauche bordelaise. Sur un autre registre, l’ancien porte-parole du NPA Philippe Poutou (NPA – anticapitalistes) sera également candidat à la tête d’une liste radicale. D’autres formations d’extrême gauche ont aussi annoncé leur présence, confirmant une dispersion inédite de ce camp politique.

À l’extrême droite, le Rassemblement national sera représenté par Julie Rechagneux (RN). Déjà candidate en 2020, la députée européenne espère améliorer son score et peser davantage en décrochant une place au second tour. De son côté, Virginie Bonthoux-Tournay (Reconquête) mènera une liste distincte, ce qui pourrait diviser l’électorat d’extrême droite.

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Quels sont les enjeux ?

À Bordeaux, cette élection municipale s’annonce comme un véritable test pour la majorité écologiste en place depuis 2020. Pierre Hurmic devra convaincre qu’il mérite un second mandat et défendre les choix opérés ces six dernières années, notamment en matière de transition écologique et de transformation de l’espace public. Face à lui, ses adversaires entendent proposer une autre orientation pour la ville. La liste d’union menée par Thomas Cazenave souhaite incarner l’alternative et rompre avec le bilan de l’équipe sortante, en mettant en avant une gestion différente de Bordeaux, jugée plus attentive aux enjeux du quotidien.

Comme partout sur le territoire, la question de la sécurité s’impose comme l’un des thèmes centraux de la campagne. La droite et le centre dénoncent une réponse insuffisante de la municipalité et promettent de renforcer les moyens consacrés à la tranquillité publique. Enfin, la configuration politique pèsera lourd dans l’issue du scrutin. Si la droite et le centre ont fait le choix de l’union, la gauche apparaît aujourd’hui divisée. Une fragmentation qui pourrait jouer dès le premier tour et rendre les équilibres du second tour décisifs.

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Que disent les sondages ?

Le dernier sondage en date a été publié en novembre 2025, à plus de quatre mois du premier tour des municipales de mars 2026. Commandée par Renaissance et réalisée par OpinionWay, l’étude laisse entrevoir un duel entre Pierre Hurmic et Thomas Cazenave à Bordeaux.

Le maire sortant arriverait en tête du premier tour avec environ 35 % des intentions de vote, devant Thomas Cazenave crédité d’environ 31 % des voix. Un écart qui place les deux hommes en bonne position pour un duel final. Mais de nombreuses inconnues entourent encore ce scrutin, car pour se maintenir au second tour, une liste doit obtenir au moins 10 % des voix. Selon ce sondage, Nordine Raymond (LFI) pourrait franchir ce seuil, ce qui ouvrirait la voie à un second tour à trois listes, en plus de Pierre Hurmic et Thomas Cazenave.