l’essentiel
Entre 10 mètres et 35 mètres sous terre, le gros œuvre vient d’être livré à la station L’Ormeau, dans l’Est toulousain. Le béton est encore nu, mais on s’y croit déjà. Le chantier de la ligne C du métro progresse.
Nous descendons pour la première fois par les escaliers définitifs d’une des 21 futures stations de la ligne C du métro. L’Ormeau et Bonnefoy sont les premières stations de la ligne C à être équipées de ces accès définitifs.
Plus d’escaliers de chantier : désormais, on emprunte les cheminements que suivront demain les voyageurs.
La salle des billets frappe d’abord par sa taille. Les murs sont encore bruts, sans habillage ni éclairage, mais l’espace est vaste, avec 5 ou 6 mètres de hauteur sous plafond.
« Des volumes beaucoup plus importants que sur les lignes A et B »
« On est vraiment sur des volumes beaucoup plus importants que sur les lignes A et B », souligne Jean-Jacques Laporte, chef de projet chez Tisséo Ingénierie. « Ces lignes n’avaient pas été dimensionnées pour accueillir jusqu’à 600 000 voyageurs par jour. Ici, on a anticipé. »

La future station, et des ouvriers qui travaillent au terrassement du tunnel.
DDM – FREDERIC CHARMEUX
Plus bas, les quais sont déjà construits. Le tunnel est lui aussi achevé, au moins dans sa structure. Il est nettement plus large que ceux des autres lignes du métro toulousain.
« On est sur un monotube, un seul tunnel pour les deux sens de circulation », explique Jean-Jacques Laporte. « C’est un choix qui permet d’avoir plus de largeur et plus de confort. » Le futur métro, fabriqué par Alstom, sera également plus large.
Sur le sol du tunnel, des équipes travaillent encore
Sur le sol du tunnel, des équipes travaillent encore. Des engins déposent et compactent la grave, une sous-couche de cailloux qui servira de base avant le bétonnage, puis la pose des rails. « Ils avancent depuis Montaudran, car toute la logistique entre par le bout du tunnel », précise-t-il.

La salle des billets est déjà bien concrète.
DDM – FREDERIC CHARMEUX
Et image étonnante, un pick-up de chantier circule à la place des futures rames, dans quelques centimètres d’eau.
« C’est de l’eau de pluie », indique le responsable. « Le site n’est pas encore étanche. Il y a encore des ouvertures pour descendre le matériel et le système de drainage n’est pas en service. »
Encore deux années de second œuvre
Il faudra encore environ deux ans de second œuvre pour transformer ce volume brut en station opérationnelle : installation des sols, des parois, des plafonds, de l’électricité, de la ventilation, des escaliers mécaniques et des ascenseurs.
« Le gros œuvre est terminé, maintenant on passe à l’aménagement, un peu comme dans une maison », résume Jean-Jacques Laporte.

La salle des billets et la salle d’orientation des voyageurs.
DDM – FREDERIC CHARMEUX
La visite se déroule en présence des équipes de Tisséo et de Bouygues TP, ainsi que du maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, venus pour la livraison officielle du gros œuvre.
« Tout ce qui a été fait ici vise à anticiper l’évolution de la fréquentation », insiste Jean-Jacques Laporte. « On a prévu un dimensionnement qui pourrait aller jusqu’à trois fois la fréquentation initiale. »
L’Ormeau ouvre la voie. D’autres stations doivent être transférées au second œuvre dans les prochains mois, notamment Colomiers Gare, Limayrac ou Montaudran. En attendant les rames et les voyageurs, le chantier continue déjà très concret.