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Rédaction Actu
Publié le
22 janv. 2026 à 19h02
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie grave, sous-diagnostiquée et largement méconnue du grand public. En France, elle touche entre 3 et 3,5 millions de personnes et provoque près de 20 000 décès chaque année. Pourtant 70 % à 90 % des malades ignorent qu’ils en sont atteints. Un diagnostic précoce associé à un accompagnement adapté, peut transformer le quotidien des patients et améliorer significativement leur qualité de vie.
Une maladie encore très méconnue
Quatrième cause de mortalité dans le monde, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) reste largement ignorée. Une enquête Sanofi réalisée avec BVA Xsight, publiée en novembre 2024, montre que :
- 74 % des Français se sentent mal informés sur les maladies respiratoires ;
- 63 % n’ont jamais entendu parler de la BPCO ;
- 90 % ignorent qu’elle figure parmi les principales causes de décès.
« Le terme “BPCO” lui-même est un obstacle : acronyme peu parlant, difficile à retenir, il ne reflète pas la gravité de la maladie », explique le Pr Maëva Zysman, pneumologue au CHU de Bordeaux.
Toux, essoufflement, fatigue…
Les premiers signes de cette maladie (toux, essoufflement, fatigue) sont souvent banalisés, attribués au tabac ou à l’âge. « Beaucoup de fumeurs pensent simplement qu’ils ont “le souffle court”, sans imaginer qu’ils sont déjà malades », poursuit le Pr Zysman.
Le principal facteur de risque reste donc le tabagisme. Mais la spécialiste alerte aussi sur d’autres sources d’exposition. « On constate également des BPCO liées à des expositions professionnelles, notamment dans les métiers au contact de poussières ou de gaz irritants », illustre-t-elle.
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Plus récemment, des formes précoces apparaissent chez de jeunes consommateurs de cannabis. Elles sont souvent sévères, car fumer un seul joint peut être aussi nocif pour les poumons que 10 cigarettes.
Pr Maëva Zysman
Pneumologue au CHU de Bordeaux
Le diagnostic arrive souvent trop tardivement
Le diagnostic de la BPCO intervient souvent tardivement, alors que les symptômes sont déjà installés. « Même si les patients savent que leur toux vient de la cigarette, ils évitent d’en parler par peur qu’on leur dise d’arrêter de fumer », observe le Pr Zysman.
Résultat : le diagnostic arrive quand la maladie est bien installée. « Et plus on attend, plus les conséquences sont lourdes », appuie la pneumologue, qui cite « l’essoufflement sévère, la perte d’autonomie et l’oxygénothérapie à domicile ».
Autre frein au dépistage précoce de la BPCO, le manque d’outils. « Les médecins généralistes ne disposent pas toujours d’un spiromètre, l’appareil qui permet de mesurer très simplement la capacité respiratoire ou n’ont pas le temps pour réaliser cet examen », poursuit Maëva Zysman qui, pour y remédier, plaide pour une approche systématique.
Il faut poser les bonnes questions à chaque patient fumeur ou ancien fumeur : est-ce que vous toussez ? Est-ce que vous êtes essoufflé ? Si oui, il faut pratiquer une spirométrie.
Pr Maëva Zysman
Pneumologue au CHU de Bordeaux
Le sport, un levier d’action efficace
Selon Odile Sauvaget, directrice de l’association Santé respiratoire France, « la BPCO entraîne un cercle vicieux : moins les patients bougent, plus ils s’essoufflent et se fatiguent, avec pour conséquence un isolement social et une perte d’autonomie ».
L’activité physique adaptée constitue un levier majeur pour briser cette spirale. Or, selon une enquête menée par l’association en 2023, seuls 27 % des patients pratiquent au moins 30 minutes d’activité par jour.
Nous avons identifié plusieurs freins : la sévérité de la maladie, les conditions météo et la méconnaissance des structures proposant des activités adaptées.
Odile Sauvaget
Directrice de l’association Santé respiratoire France
Pour y remédier, Santé respiratoire France propose Respiragora, une plateforme qui crée du lien pour les personnes vivant avec une maladie respiratoire, avec un annuaire en ligne recensant les lieux de réadaptation, d’éducation thérapeutique et d’activité physique adaptée.
La websérie Respi’Mouv, disponible sur YouTube, offre également des exercices simples à faire à domicile. « L’objectif est clair : remettre le patient en mouvement, physiquement et mentalement, sur le long terme, pour améliorer le contrôle de la maladie », résume Odile Sauvaget.
Mieux dépister et mieux informer
Généralistes, pharmaciens, kinésithérapeutes… En conclusion, « la mobilisation doit être collective » concernant le dépistage de la BPCO. « Tous peuvent jouer un rôle dans la prise en charge et l’accompagnement au sevrage tabagique », insiste le Pr Zysman.
Mieux dépister, mieux informer, c’est aussi éviter des formes graves et redonner du souffle à des milliers de patients.
Pr Maëva Zysman
Pneumologue au CHU de Bordeaux
Avec Destination Santé.
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