Constant et à son aise depuis son arrivée à Toulon, l’international anglais (74 sélections) s’est opposé, avec son sourire habituel et son humour britannique, au diktat qui veut que les piliers ne jouent pas plus d’une heure.
Supporters, journalistes, et entraîneurs, ont pris l’habitude, ces dernières années, de commenter, d’argumenter, et même de décortiquer le temps de jeu des joueurs. Pour préserver les acteurs du jeu, les managers ont cultivé l’art de la fraîcheur en vue d’arriver à un pic de forme au printemps.
Pour être honnête, cette nouvelle politique plaît à une grande majorité, qui ne cesse de tirer la sonnette d’alarme concernant des cadences infernales à gérer. Néanmoins, une autre minorité subsiste. Kyle Sinckler, sans porter une seule critique à ses confrères, a avoué qu’il était plutôt de ceux qui trouvent le bon rythme en accumulant les minutes. « Je me sens bien et je suis heureux quand je joue. L’an dernier j’avais très bien commencé la saison, et puis je me suis cassé le bras. C’était décevant. Cette année, j’ai l’impression d’avoir progressé de façon régulière. Je suis reconnaissant. J’ai une bonne relation avec Pierre (Mignoni). Il me fait confiance. Enfin, j’espère (rires) ! J’aime jouer plus longtemps que la normale. Je préfère jouer longtemps dans un match. Mais je sais que de nos jours, les managers préfèrent sortir les piliers… Si tu joues 50 minutes, c’est normal ! »
Il a eu une discussion avec son entraîneur
Commandant du navire varois, Mignoni se doit de gérer une problématique assez rare. « C’est un garçon particulier. Vous le voyez dans l’approche. Il est attachant, surprenant. Il aime échanger et comprendre les choses… (rires) J’ai bien compris son message : il aime rester sur le terrain quand il commence un match. Il va finir président du club, si ça continue (rires). Kyle a une culture différente des piliers d’aujourd’hui. Je veux juste qu’il comprenne aussi que la saison est longue. Il n’a plus 20 ans, même s’il tient son rang. Je dois faire du coaching, mais lui, il veut toujours jouer 80 minutes. Il est capable de le faire, notamment sur les gros matchs. » Il l’a montré lors de la victoire contre Bath (45-34), où il a produit l’une de ses performances les plus marquantes depuis son arrivée il y a deux saisons. « Je suis reconnaissant que Pierre m’ait montré sa confiance en me laissant sur le terrain. »
Sous contrat jusqu’en 2027, Sinckler, à 32 ans, montre ainsi un fort engagement au sein du projet RCT. « J’adore Mayol, car c’est un endroit spécial pour jouer. Depuis que je suis arrivé, j’ai aussi compris qu’il y avait un peu de pression quand tu joues pour Toulon. Chaque match compte. C’est bien parce qu’en tant que joueur, ça veut dire que tu dois être à ton meilleur niveau tout le temps. » Face à un solide paquet d’avants montpelliérain, le natif de Wandsworth et les siens devront être à leur maximum pour étirer leur invincibilité à Mayol.