Une alliance exclusivement européenne de Vikings prêts au combat, dans un décor arctique. C’est l’image qu’a choisie l’hebdomadaire allemand Der Spiegel à la une de son numéro du 23 janvier. Au centre, le chancelier allemand, Friedrich Merz, entouré de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et de Mette Frederiksen, cheffe du gouvernement danois, à droite, et du président Emmanuel Macron et la présidente du conseil italien, Georgia Meloni, à gauche, tous vêtus de fourrures et d’armures. Avec ce titre : “Donald, ça suffit !”
“Le cirque autour de l’annexion annoncée du Groenland a révélé à quel point l’Europe est vulnérable”, souligne Der Spiegel. Pour autant, l’Union européenne dispose encore de “tous les moyens de s’affirmer face au chantage de Donald Trump”, estime l’hebdomadaire allemand.
Dans son article principal, le titre revient sur les menaces régulières, notamment douanières, du président américain envers les États européens : la “constante la plus fiable du second mandat de Donald Trump”. Sa revendication du Groenland, “bien qu’il appartienne au Danemark, un allié fidèle des États-Unis et membre fondateur de l’Otan”, a révélé au monde l’étendue de ses ambitions impérialistes. Et à l’Union européenne sa trop grande dépendance, militaire, commerciale et technologique, envers son allié historique américain.
Une alliance primordiale
“L’Europe est entrée dans la phase la plus dangereuse qu’elle ait connue depuis la guerre froide, cela ne fait aucun doute”, souligne le magazine allemand. Mais maintenant que la crise du Groenland semble s’être apaisée, les puissances européennes doivent impérativement sortir de leur torpeur, et agir de concert. “Le problème de l’Europe, c’est qu’elle est la première à croire au récit de sa déchéance”, note Der Spiegel.
“Fragilisée par les difficultés économiques, en proie aux affres de sa vie politique, elle peine à transmettre un message positif.”
Au risque d’en oublier ses propres capacités, notamment économiques, et le fait qu’en face, Donald Trump est lui aussi affaibli. “Sa politique est extrêmement impopulaire aux États-Unis. Son âge pèse de plus en plus lourd sur son comportement. Et son style politique est si repoussant que même ses alliés européens se détournent de lui.”
Ainsi, face à la “soif de pouvoir” de Donald Trump, seule l’union fera la force. Pour Der Spiegel, “l’UE serait en fait bien assez forte pour prendre son destin en main. Il faut juste qu’elle en ait la volonté.” Et cela implique avant tout “de se défaire de l’illusion qu’avec Trump, les États-Unis sont encore un partenaire – aussi douloureux cela soit-il”.