De retour à la compétition la semaine dernière contre les Anglais de Sale après une longue absence pour soigner son genou, le flanker toulousain François Cros a évoqué cette période délicate et son appétit de jeu, ainsi que sa récente convocation avec le XV de France en vue du Tournoi.
Comment vivez-vous votre retour sur les terrains après une longue absence ?
C’est forcément un plaisir de retrouver l’équipe, la compétition, et d’apporter à nouveau ce que je peux à l’équipe. Je vais essayer de faire au plus simple, de remplir au mieux les rôles qui me sont attribués pour que cela serve l’équipe.
Qu’avez-vous fait pour optimiser cette période de rééducation ? En avez-vous profité pour faire d’autres choses, que ce soit sur le plan sportif ou humain ?
J’ai essayé de travailler physiquement pour soigner mon genou, mais aussi pour renforcer le reste du corps, notamment les parties que j’avais un peu négligées au cours des saisons précédentes. Cela a été positif dans ce sens-là. J’ai également aidé ma femme à lancer son entreprise. J’étais disponible pour l’aider, et cela m’a permis de faire autre chose, de ne pas penser à la blessure en permanence.
Quand on sort d’une si large victoire comme celle remportée face à Sale, est-ce qu’il y a un petit signal d’alerte donné pour rester vigilant ?
Bien sûr, il ne faut jamais s’emballer. C’est vrai qu’on a fait une bonne performance contre Sale. On a envie de continuer sur ces standards-là, mais l’adversité sera différente ce week-end. Ce sera un match différent. Il faut qu’on l’aborde avec le même état d’esprit, la même envie de prendre du plaisir et d’en donner. On verra le résultat, mais dans tous les cas, l’état d’esprit qu’on a affiché est dans la continuité de la saison dernière. Cela fait plusieurs saisons que l’équipe de Pau monte en puissance. Cette année, ils ont trouvé leur rythme, et franchement, leur début de saison est assez incroyable. Ils vont arriver avec beaucoup de confiance et l’envie de faire un résultat chez nous. Nous sommes avertis, conscients de cela, et prêts à répondre présents pour faire les choses correctement et passer une bonne soirée.
Le match aller à Pau (défaite 30-26 le 18 octobre dernier, ndlr.) a-t-il été évoqué, notamment la façon dont il s’est terminé ?
On travaille toujours sur les matchs passés. Le scénario du match aller, sans dire qu’il est encore en travers, laisse forcément des regrets, surtout de le perdre comme ça en fin de match. C’est un scénario qu’on a connu plusieurs fois à l’extérieur, donc on veut travailler là-dessus pour mieux gérer nos fins de match.
À titre personnel, vous figurez dans la liste des 42 joueurs convoqués par Fabien Galthié, comme l’avez-vous vécu ?
J’attendais l’officialisation de mon nom dans la liste pour être pleinement rassuré. C’est vrai que je n’ai pas beaucoup joué en ce début de saison, donc je me considère encore en phase de reprise. J’ai besoin de m’éprouver ce week-end pour gagner en confiance et retrouver 100 % de mes moyens. Ensuite, on basculera sur l’équipe de France, mais pour l’instant, la priorité, c’est vraiment ce match contre Pau, en essayant d’être à 100 % sur ce rendez-vous et dans mes capacités.
Reprendre par deux rendez-vous d’un tel calibre, c’est une reprise optimale ?
Cela permet de se remettre tout de suite dans le rythme. On connaît l’intensité de la Coupe d’Europe, et ce match contre Pau sera face à une équipe très joueuse, donc le rythme sera élevé. Pour moi, ce sont des matchs intéressants à jouer pour retrouver du rythme.
Vous n’avez joué que contre Clermont avant de manquer toute la phase aller. Est-ce qu’il y a une forme d’appréhension à revenir après aussi longtemps ?
Non, c’est plutôt de l’excitation que de l’appréhension. J’ai rongé mon frein pendant quatre mois pour soigner mon genou donc là je suis très heureux de revenir et je n’ai qu’une envie c’est d’être avec mes coéquipiers sur le terrain pour faire de mon mieux.
Vous avez pris soin de ton genou pendant quatre mois, loin des terrains. Comment avez-vous vécu cette période où vous ne pouviez aider vos coéquipiers qui ont notamment eu des difficultés à s’imposer à l’extérieur ?
C’est toujours délicat d’être spectateur. On a un avis, un regard extérieur, mais on n’est pas à l’intérieur, donc c’est compliqué de donner son avis à chaque fois, même si cela fait partie du jeu. J’ai essayé d’aider autant que possible, sans en faire trop, car cela peut être mal perçu. J’ai surtout pris ce temps pour me soigner, tout en restant proche de l’équipe. Mais sachant que je n’allais pas être acteur le week-end, je ne voulais pas interférer dans la préparation ni dans les retours après les matchs.
Quel regard portez-vous sur cette équipe paloise qui a des similitudes avec vous, notamment au niveau de la stabilité du staff et du jeu pratiqué ?
C’est une équipe qui se construit depuis plusieurs saisons. J’ai l’impression qu’ils progressent chaque année. Aujourd’hui, ils ont atteint un niveau assez incroyable. Ils ont pris le temps de bien faire les choses, de construire leur effectif, et ils ont désormais beaucoup de certitudes sur leur jeu. C’est ce qui les rend aussi performants le week-end.