Les études sur le sommeil et système
immunitaire révèlent une fenêtre nocturne où vos défenses
explosent… à condition de changer un seul réflexe ce soir, sans
complément ni gadget.

Vous misez sur des comprimés de vitamine C pour traverser
l’hiver, pendant que votre système immunitaire ne réclame qu’une
chose : une vraie nuit. Des travaux en immunologie montrent qu’une
seule nuit écourtée à 4 heures peut faire chuter de 40 à 70 %
l’activité de vos cellules tueuses naturelles, ces lymphocytes
chargés d’éliminer virus et cellules anormales. Des études ont
aussi observé que dormir moins de 6 heures multiplie par trois à
quatre le risque de rhume. Tout se joue pendant une fenêtre
nocturne très précise que beaucoup sabotent sans le savoir.

Sommeil et système immunitaire : ce que vos cellules font entre
23 h et 3 h

Pendant le sommeil, vos lymphocytes T CD8+ et vos cellules NK
patrouillent autrement que le jour. Les premières reconnaissent les
cellules infectées, les secondes les détruisent rapidement. Quand
les nuits raccourcissent, leur efficacité s’effondre : une
expérience a montré qu’après plusieurs nuits à 4 heures de sommeil
avant une vaccination, la production d’anticorps chutait d’environ
50 % par rapport à des nuits complètes. Et puis les études sur le
rhume convergent : moins de 6 heures par nuit suffisent pour faire
flamber les infections respiratoires banales.

Les chercheurs de l’Université de Tübingen ont décortiqué ce
phénomène dans le Journal of Experimental Medicine. Ils
ont montré que le sommeil nocturne augmente l’activation des
intégrines β2 à la surface des lymphocytes T, ces protéines qui
agissent comme des grappins pour former une synapse immunologique
et s’arrimer aux cellules infectées. Chez des volontaires passant
une nuit normale, cette capacité d’adhésion atteint un pic vers 3-4
heures du matin ; elle est nettement plus faible quand les mêmes
personnes restent éveillées toute la nuit, même au repos.

La bonne habitude nocturne :
verrouiller votre sommeil lent profond

La fameuse habitude gratuite, ce n’est pas une tisane miracle,
c’est de protéger la plage de sommeil lent profond
entre 23 h et 3 h. Dans cette phase, les niveaux d’adrénaline et de
prostaglandines chutent, ce qui libère les récepteurs Gαs qui
freinaient vos intégrines β2. Vos lymphocytes T collent mieux à
leurs cibles, vos cellules NK récupèrent, et l’écart peut atteindre
40 à 70 % d’activité en plus par rapport à une nuit tronquée.

Dès ce soir, visez un coucher avant 23 h, coupez les écrans au
moins 90 minutes avant l’extinction, gardez la chambre autour de
18-19 °C et évitez l’alcool tardif qui fragmente le sommeil
profond. Ce protocole simple a plus de chances de vous apporter un
vrai gain d’environ 40 % qu’un énième comprimé de
vitamine C.