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Une quarantaine de personnes, dont des élus et des représentants syndicaux, se sont rassemblées ce vendredi devant le McDonald’s de Barrière de Paris à Toulouse, pour dénoncer la procédure disciplinaire visant Viviane, une employée de 21 ans engagée dans de récents mouvements de grève.

Devant le McDonald’s de Barrière de Paris, boulevard Silvio-Trentin à Toulouse, une quarantaine de personnes se sont rassemblées ce vendredi après-midi pour soutenir Viviane, 21 ans, salariée du restaurant, convoquée à un entretien préalable à une éventuelle sanction pouvant aller jusqu’au licenciement. À l’appel de la CGT Commerce et services, le rassemblement mêlait salariés actuels ou anciens, syndicalistes, militants des Jeunes insoumis, du NPA et du Secours rouge. Le fast-food, lui, était fermé à l’intérieur : seules les commandes à emporter étaient assurées.

Employée à temps partiel depuis trois ans, Viviane fait l’objet d’une mise à pied conservatoire depuis la mi-janvier. Elle était l’une des figures de la grève du 1er janvier, mouvement lancé pour contester la suppression de primes et dénoncer des conditions de travail jugées dégradées. « Mon état d’esprit, c’est de continuer à porter les revendications de la grève. J’espère qu’on va montrer qu’on est là », a-t-elle déclaré avant de se rendre à son entretien, sous les applaudissements de ses soutiens.

« Sanction extrême »

Pour Antonio Azevedo, de la CGT, ce cas illustre une situation plus globale. Le représentant syndical a dénoncé une forme de pression sur les jeunes salariés et ce qu’il qualifie de manœuvres visant à sanctionner l’activité syndicale. Selon le syndicat, la direction reprocherait à la salariée des irrégularités concernant l’utilisation de repas, notamment pour son conjoint ; des faits que l’entreprise assimilerait à de graves manquements internes. « Une sanction extrême pour quatre repas », estime la CGT, qui attend désormais la décision de l’entreprise, prévue dans un délai de 48 heures à un mois.

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Contactée lors du précédent mouvement social, la direction du restaurant avait contesté l’essentiel des accusations portées par les salariés. Elle assurait que les primes prévues par la convention collective avaient bien été versées aux salariés éligibles en 2025, que les équipements de travail étaient fournis gratuitement – à l’exception de chaussures proposées à prix coûtant – et mettait en avant l’existence d’un dialogue social qu’elle qualifiait de « régulier et actif », évoquant notamment une réunion collective organisée en décembre.

François Piquemal et Hadrien Clouet présents

Le rassemblement a pris une tournure politique avec la présence de plusieurs élus. Le député Hadrien Clouet a vivement critiqué les méthodes de gestion de l’enseigne, rappelant l’importance d’une rémunération décente pour les salariés. François Piquemal, député et candidat LFI aux municipales à Toulouse, a également exprimé son soutien : « Ce qui se passe ici est symbolique de pratiques professionnelles que nous contestons. S’en prendre à quelqu’un qui dénonce ses conditions de travail ne devrait jamais conduire à de telles procédures. »

Soutien aux travailleurs et travailleuses du McDonald’s de Barrière de Paris à Toulouse, en grève pour leurs conditions de travail ! pic.twitter.com/GuxaDnsrgp

— François Piquemal (@FraPiquemal) January 5, 2026

À la sortie de son entretien, Viviane s’est dite « pessimiste » quant à l’issue de la procédure, tout en se disant touchée par la solidarité exprimée. « Je ne m’attendais pas à de tels reproches. Je crains que leur décision ne soit déjà prise. Mais voir tout ce monde, ça donne de la force. »