Entre 2014 et 2020, DirectVelo donnait régulièrement des nouvelles d’anciens coureurs qui ont arrêté leur carrière cycliste après avoir longtemps été suivis par notre média dans les rangs Élites, depuis les catégories Espoirs, Juniors ou même parfois dès les Cadets. Après cinq années d’interruption, la rubrique « On a retrouvé » reprend son voyage à travers le temps et les parcours de vie.
Troisième numéro de cette nouvelle série avec un ancien spécialiste de cyclo-cross, Benjamin Rivet, vice-Champion de France Cadets en 2016 puis vainqueur chez les Juniors deux ans plus tard, à Quelneuc (Morbihan). Avant de disparaître de la circulation les années suivantes, la faute à différents problèmes de santé. Le Limousin, qui à 25 ans travaille désormais dans l’optique, envisage un retour dans les sous-bois l’hiver prochain, pour le plaisir.
DirectVelo : Que deviens-tu depuis que tu as quitté les pelotons ?
Benjamin Rivet : Lorsque j’ai arrêté en 2021, je me suis rapidement lancé dans la course à pied, à Limoges Athlé. J’ai retrouvé des copains cyclistes du coin, notamment Théo Vimpère qui est avec nous au club. Il y a aussi Louis Faure. En parallèle, je me suis lancé dans des études d’opticien et d’optométrie. Aujourd’hui, je bosse dans un magasin d’optique à Limoges. C’est un retour aux sources après avoir passé deux ans à Cannes pour changer un peu d’environnement.
Roules-tu toujours ?
Pas beaucoup. Je fais quelques sorties en vélo avec les copains mais rien de fou. Par contre, j’envisage de reprendre le cyclo-cross la saison prochaine, ça me chaufferait bien d’en refaire. Surtout dans la région, pour m’amuser, mais pourquoi pas même une petite manche de Coupe de France. D’autres ont fait ce type de retour avant moi, ça pourrait être sympa.
« JE N’AI SÛREMENT PAS PU EXPLOITER PLEINEMENT MON POTENTIEL »
Ta grosse année de cross chez les Juniors, avec tes victoires sur deux manches de la Coupe de France et le classement général, avant de décrocher le titre de Champion de France, te paraît-elle loin désormais ?
Un peu loin, oui, et en même temps ce n’est pas si vieux. C’était une superbe saison, cet hiver 2017-2018, ça reste ma plus grosse référence bien sûr. Dans mon appartement, il y a toujours une petite vitrine avec mes deux médailles au Championnat de France, celle en or chez les Juniors et celle en argent en Cadets. J’ai aussi les petits trophées et les maillots de vainqueur de la Coupe de France, et bien sûr le maillot bleu-blanc-rouge qui est encadré.
Tu pouvais imaginer un bel avenir dans le cyclisme mais tu n’as jamais confirmé par la suite, chez les Espoirs, notamment à cause d’un enchaînement de blessures et de maladies…
Quand j’ai arrêté, je me suis dit que c’était comme ça, qu’il fallait tourner la page sans regret car il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire, étant donné la situation. Avec du recul, c’est toujours frustrant de se dire que je n’ai sûrement pas pu exploiter pleinement mon potentiel. Mais j’ai été trop gêné, deux années consécutives, avec mon problème de cœur. J’ai été opéré trois fois. Il y a aussi eu la fracture de la clavicule et la mononucléose que j’ai traînée un moment, même si le plus gênant restait bien sûr les opérations du cœur.
Et tu n’as jamais plus retrouvé ton meilleur niveau !
J’ai fait une bonne saison de cyclo-cross en Espoir 1. Mais ensuite, je n’ai quasiment pas pu courir pendant un an et demi, et le peu de fois où je pouvais le faire, j’étais à la ramasse. Dans ces conditions, il ne servait plus à rien d’insister. J’avais pris une année sabbatique pour me consacrer exclusivement au vélo mais ça s’est transformé pratiquement en année blanche. Je ne pouvais pas me permettre d’enchaîner une seconde année sans faire d’études à côté. Alors je me suis lancé dans un BTS d’optique et très vite, j’ai compris qu’il allait être compliqué de combiner les deux. La motivation est partie.
« LE CCF NE SOUHAITAIT PAS QUE JE CONTINUE À M’IMPLIQUER À FOND DANS LE CROSS »
Que reste-t-il de ces années à jouer les premiers rôles en cyclo-cross ?
De bons souvenirs avec de sacrées batailles ! J’ai fait ce que je voulais en Cadets et Juniors. C’était une chouette expérience, y compris à l’international. On était bien encadrés par François Trarieux et David Giraud. Mon seul petit regret est de ne pas avoir accepté la proposition de Chambéry chez les Espoirs. J’ai choisi Charvieu-Chavagneux car le CCF ne souhaitait pas que je continue à m’impliquer à fond dans le cross, ils voulaient que je me concentre sur la route. C’est ce qu’ils avaient fait avec cette génération-là, je pense notamment à Valentin Retailleau ou à Aloïs Charrin. J’aurais peut-être pu avoir une trajectoire différente mais on ne le saura jamais.
Suis-tu toujours les compétitions ?
Je regarde les gros cyclo-cross à la télé, oui, et j’avais envie d’aller assister à une manche de Coupe de France ces dernières semaines mais finalement, ça ne s’est pas fait. Dans la région, ce n’est pas pareil car le niveau a vraiment baissé, il n’y a plus grand-monde, c’est un peu triste. Mais je regarde ce qu’il se passe en Belgique.
Tu évoquais précédemment tes problèmes au cœur qui t’ont en quelque sorte contraint à arrêter la compétition. Ces soucis de santé sont-ils désormais totalement derrière toi ou es-tu toujours suivi ?
Je ne suis pas embêté dans mon quotidien mais j’ai longtemps eu des rendez-vous tous les trois mois pour suivre l’évolution de la situation. Puis c’est passé à tous les six mois, et désormais à une fois par an. Avec mon ablation d’un faisceau cardiaque, je devrai toujours faire attention à ne pas faire monter trop haut le cœur, au-delà de 200 à 205 pulsations/minute alors que je pouvais monter jusqu’à 220 voire 230 lors de mes meilleures années en compétition. Je dois me brider un peu mais je connais mon corps et surtout, je ne fais pas de folies.
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