1 C’est qui ?
Killian Le Guyader est né à Rennes il y a 25 ans. Mordu par une tique à l’adolescence, il a contracté la maladie de Lyme, qui l’a considérablement affaibli pendant plusieurs années. Détenteur d’une licence de Staps, Killian se destine à être éducateur sportif. À la sortie de ses études, il bosse huit mois « à la caisse » pour préparer son trip à vélo destiné notamment à faire connaître sa maladie. D’avril à décembre, il a posté son quotidien sur Instagram. Il compte désormais 60 000 followers. Son pseudo ? Vagabond breton. « Ça vient du nom de mon VTT, Genesis vagabond. Le breton est venu naturellement. »
2 Lyme en roue libre
Brocéliande, ses légendes, ses landes… Et ses tiques. C’est lors d’un banal entraînement de course à pied dans la forêt enchantée que Killian, 13 ans à l’époque, se fait mordre par une tique. « Je ne savais pas ce que c’était. Puis du jour au lendemain, je n’arrivais plus à monter les escaliers. » Verdict ? La maladie de Lyme. Les symptômes : fatigue extrême, perte de concentration… Plombé par cette maladie, il est vu, à l’époque, comme un garçon « déséquilibré », écrit-il sur Instagram. Son périple, c’est un moyen de lever le voile sur cette maladie aussi méconnue qu’handicapante, dont les effets se sont encore fait sentir pendant son épopée à vélo.
3 « On est tous égaux »
« Ce qui m’a le plus marqué c’est l’accueil. En Ouzbékistan, je cherchais un resto. Un serveur m’a posé plein de questions sur mon vélo et m’a invité à manger. J’ai pu planter ma tente dans la cour derrière, il m’a également offert un petit-déjeuner et on a mangé ensemble. Il n’a jamais accepté que je le paye. Ce voyage m’a fait changer de vision sur le monde. Quels que soient notre couleur de peau, notre religion, notre milieu social, on est tous égaux et on peut tous échanger les uns avec les autres. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus attentif à ce qu’il se passe autour de moi et aux gens qui demandent de l’aide. »
4 Frontières du risque
Iran, Russie… La liste des pays en rouge sur le site du ministère des Affaires étrangères s’est allongée ces dernières années. « Pour l’Iran, j’ai dû abandonner l’idée en raison des bombardements israéliens. C’est dommage, je voulais absolument y aller. » Pour la Russie, le jeune homme obtient un visa de transit… de trois jours. Il parcourt, en voiture – impossible à vélo – les 700 km reliant la Géorgie au Kazakhstan. Bilan ? « On ne m’a jamais rien dit parce que j’étais Français. Au contraire, j’ai trouvé les Russes très accueillants. » Il évite, par-dessus le marché, d’être emprisonné comme le cycliste Sofiane Sehili, incarcéré en août pour avoir franchi illégalement la frontière russe.
5 Un trip, deux parties
2024. Premier départ. Killian part vers la Chine via l’Europe du nord, les pays de l’est et la Grèce. Le vingtenaire a dans l’idée de se poser un peu en Grèce pour travailler et être à la « bonne saison » en Asie. Le voyage ne se déroule pas comme prévu. Des semaines de pluie en Scandinavie. Et des blocages financiers. « Je me suis rendu compte que j’allais perdre plus en restant en Grèce. » De retour à Rennes l’hiver dernier, il prépare un premier film sur son trip européen. En avril, direction Istanbul sans détour, puis la Géorgie et la route de la Soie (Russie, Kazakhstan, Kirghizistan…). Cette fois, c’est la bonne.
6 Pédaler, poster, recommencer
61 000 followers, près de 400 publications. Ce « vagabond » breton a vu ses stats exploser depuis le début de son périple. « Au début, j’étais hyper assidu, mais ça me prenait trop de temps, je dormais quatre heures par nuit. » Finalement, il décide de lever le pied, tout en offrant un aperçu régulier de son trip à ses suiveurs. « Je ne voulais plus être esclave de mes stats. » Pourtant, il l’assure, les réseaux l’ont fait se sentir moins seul. « Mon compagnon de voyage devait m’accompagner jusqu’en Chine, mais à cause d’une tache sur son passeport, il n’a pas pu entrer en Russie. J’ai dû continuer seul le voyage. Ma famille m’a rejoint deux semaines en Asie centrale. »