l’essentiel
Peu connu du grand public, le mouvement britannique Raise the Colors s’est imposé ces derniers mois comme un acteur radical de la lutte anti-migrants. Issu d’un activisme nationaliste et désormais proche de l’extrême droite, le groupe est accusé de menaces, d’intimidations et d’actions violentes sur le littoral nord de la France.
Les autorités françaises ont interdit le 24 janvier 2026, une opération menée par le groupe britannique d’extrême droite « Raise the Colors », qui projetait un « débarquement » sur le littoral du nord de la France afin de s’opposer aux traversées de migrants vers le Royaume-Uni.
L’origine de ce groupe
Raise the Colors (« Levez les couleurs ») est un mouvement britannique né autour d’actions symboliques de « fierté nationale ». Au début de ce groupe, les membres encourageaient les citoyens à hisser des drapeaux britanniques, comme l’Union Jack ou la croix de Saint-Georges, dans l’espace public. Mais cette mobilisation apparemment patriotique a progressivement évolué vers une ligne idéologique ouvertement hostile à l’immigration avec des références et des discours issus de l’extrême droite.
D’après La Voix du Nord, ces derniers mois, Raise the Colors s’est fait connaître pour ses actions anti-migrants, notamment sur le littoral du nord de la France, où des milliers de personnes tentent de rejoindre le Royaume-Uni par la Manche. Le groupe revendique des « raids » visant à empêcher les départs. Ce groupe utilise l’intimidation, le harcèlement des associations humanitaires, les dégradations de canots pneumatiques, et vandalise des points d’eau destinés aux exilés.
L’opération Overlord
En novembre, le mouvement a lancé une opération baptisée « Overlord », en référence au débarquement allié de 1944, selon le journal The Guardian. Un nom lourd de symboles, qui traduit la volonté du groupe de se mettre en scène comme une force quasi militaire. Sur les réseaux sociaux, Raise the Colors a appelé à des dons pour du matériel sophistiqué comme des gilets pare-balles, des caméras thermiques, des drones ou des radios cryptées ainsi qu’à l’engagement de volontaires, parfois présentés comme d’anciens militaires.
L’un des cofondateurs du groupe, Andy Saxon, est par ailleurs proche de Tommy Robinson, figure emblématique de l’extrême droite britannique et militant anti-musulman connu pour ses condamnations judiciaires. Raise the Colors bénéficie également de soutiens au sein de plusieurs formations politiques britanniques, allant de la droite conservatrice à des partis ouvertement anti-immigration comme Reform UK ou Advance UK, ce qui renforce les inquiétudes des ONG.
Plusieurs incidents recensés en France
Toujours selon La Voix du Nord, en France, les autorités ont recensé plusieurs incidents graves impliquant des militants liés à ce mouvement. Ces précédents, combinés à l’ampleur annoncée de l’opération « Overlord », ont conduit la préfecture à interdire tout rassemblement lié à Raise the Colors dans les arrondissements de Dunkerque, Calais, Boulogne, Montreuil et Lille jusqu’au 26 janvier. Dix militants du groupe ont également fait l’objet d’interdictions de territoire le mercredi 14 janvier.