Par
Fabien Massin
Publié le
24 janv. 2026 à 15h18
C’est une sorte de querelle des Anciens et des Modernes en 2026. Le projet de futur musée Beauvoisine, à Rouen (Seine-Maritime), qui doit réunir les collections du Musée des antiquités et du Muséum d’histoire naturelle, est désormais dans les mains de la justice. L’association Urgences patrimoine, qui s’oppose au contenu du projet — jugeant notamment qu’il aboutirait à démanteler le Muséum d’histoire naturelle tel qu’il se présente aujourd’hui —, a déposé une requête visant à classer les lieux et le mobilier du Muséum. Classement qui figerait le projet de fusion des musées et obligerait la Métropole Rouen Normandie, via la Réunion des musées métropolitains, à revoir sa copie, espère l’association. Ce dossier était à l’ordre du jour du tribunal administratif de Rouen du 16 janvier 2026.
Le ministère de la Culture refuse le classement
Concrètement, l’association a fait une demande une demande de mise en instance de classement d’urgence au titre des monuments historiques, auprès du ministère de la Culture. Mais celui-ci n’a pas répondu favorablement à cette demande, silence qui équivaut à un refus.
L’association a donc déposé une requête auprès du tribunal administratif, comprenant deux volets : la demande de classement de l’ensemble des bâtiments et celle de son mobilier, notamment ses fameux dioramas, qui présentent les animaux dans leur environnement.
En fait, ce sont surtout bien deux visions opposées du futur musée qui s’affrontent, comme l’a présenté la rapporteure publique. D’un côté, une association attachée à préserver un musée dans son « ambiance du XIXe siècle, à l’authenticité et au charme poétiques qui ont influencé Flaubert et Maupassant à leur époque ».
De l’autre, toujours selon les mots de la rapporteure publique, un projet défendant que « le musée a vocation à évoluer, parfois de manière radicale, pour atteindre son public ».
Dans sa présentation, la rapporteure penche pour une protection partielle du muséum. Pas des locaux dans leur entièreté, « qui ont déjà connu des changement importants », faisant valoir que « l’atmosphère du XIXe siècle n’existe probablement plus depuis longtemps », mais des éléments importants comme la galerie des mammifères et celle des oiseaux.
Un « cadre déjà très protecteur » pour les dioramas
L’avocat de l’association va plus loin. Selon lui, « les dioramas méritent une protection mais ils ne sont que la partie d’un tout dans la scénographie ». À ses yeux, le Muséum est en quelque sorte un « musée des musées, une immersion dans la manière, l’art d’exposer de l’époque, une expérience immersive historique qui sans être forcément figée telle, est à conserver ». Et cela implique selon lui de protéger également « l’enveloppe » du Muséum, c’est-à-dire ses bâtiments, sans quoi « les joyaux seront préservés », mais « l’écrin sera condamné ».
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Du côté des musées métropolitains, c’est le directeur de la RMM, Robert Blaizeau, qui a pris la parole. Lui met en avant le fait que les dioramas font des parties des « collections des musées de France, un cadre déjà très protecteur, peut-être même davantage que le classement aux monuments historiques ».
« La Métropole respecte ses obligations de conservation défend-il. Avec la construction des nouvelles réserves à Déville-lès-Rouen, les dioramas seront conservés pendant la durée des travaux, il n’y a pas de menace pesant sur eux ».
La décision sera rendue le 30 janvier.
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