Par
Laure Gentil
Publié le
22 janv. 2026 à 14h43
Le lundi 15 et le mardi 16 décembre 2025, Frédéric S., un ancien animateur périscolaire de 60 ans aux écoles Ouche Dinier et Chêne Creux, à Rezé, a comparu devant le tribunal de Nantes pour des faits d’agressions sexuelles sur des enfants âgés de 3 à 6 ans, entre septembre 2017 et mars 2019. La décision vient d’être rendue ce jeudi 22 janvier.
Les juges l’ont condamné à six ans de prison, avec mandat de dépôt différé et exécution provisoire, ainsi qu’à un suivi socio-judiciaire pendant trois ans. Les juges sont allés au-delà des réquisitions du procureur qui avait requis cinq ans d’emprisonnement.
Des familles en pleurs
Désormais inscrit au fichier des délinquants sexuels, le sexagénaire est définitivement interdit de travailler avec les mineurs et a été condamné à cinq ans d’inéligibilité. Le tribunal a également prononcé une injonction de soin. L’individu risque un alourdissement de peine de deux ans s’il ne suit pas ces soins.
« Le tribunal a considéré qu’il existait suffisamment d’éléments pour entrer en voie de condamnation », a indiqué la présidente du tribunal.
L’homme avait été engagé par la Ville de Rezé en 2016 comme agent périscolaire. En septembre 2018, il avait fait l’objet d’un signalement au sein de l’école l’Ouche-Dinier, après un baiser près des lèvres et une remarque déplacée envers une fillette. Il avait été muté dans une autre école de la commune du sud Loire et « mis sous surveillance ». D’autres faits lui seront reprochés à l’école du Chêne-Creux, entraînant sa suspension en mars 2019.
Cette année-là, ce sont 22 signalements qui sont adressés au procureur de la République de Nantes. Treize faits ont été retenus pour le procès mais n’a été reconnu coupable que pour douze d’entre eux. La qualification de viol n’a pas été retenue bien que plusieurs parents n’aient pas hésité à employer ce terme devant le tribunal.
Des familles de victimes ont pleuré et certains se sont pris dans les bras après le délibéré. « Ça fait du bien », s’exclame la famille d’une victime en sortant, les larmes aux yeux. « Pour nous en tant que famille de victimes, c’est vraiment un soulagement. Ça va apporter de la reconstruction dans notre foyer. Enfin, nous sommes pris en considération », confie Kessie, mère d’une des victimes.
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« On est marqué à vie »
« J’ai beaucoup d’émotion », admet Me Marie Grimaud, avocate des parties civiles. « Pendant près de 47 h de débat, a été étudiée non seulement la parole de ces enfants, mais le contexte dans lequel ils ont parlé. Ces familles ont été regardées sous tous les angles. »
La juridiction vient de donner un signal fort, qui est que l’on peut condamner, en France, des individus qui agressent des enfants, à partir de la parole de l’enfant, à partir de l’analyse clinique de son traumatisme et à partir de l’analyse du contexte familial. C’est un bon signal donné à la société, à l’ensemble des victimes. C’est une reconnaissance de la parole de l’enfant avec toute la méthode qu’elle comporte.
Me Grimaud
Stéphanie G., la mère d’une petite fille victime de l’animateur, a reconnu avoir eu « des moments de doutes » : « On s’est demandé si la justice allait nous suivre jusqu’au bout », explique-t-il. « Pour nous c’est difficile. On a besoin d’aller discuter de tout ça avec des professionnels. On est marqué à vie ».
L’homme devra payer 3 500 euros à chaque partie civile (16 au total) et 1 500 euros à la Ville de Rezé, elle aussi reconnue partie civile. Ressorti libre du tribunal, il ira en prison quand la date d’écrou sera connue, d’ici maximum 30 jours. L’ancien animateur périscolaire dispose d’un délai de dix jours pour faire appel.
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