Le Premier ministre britannique Keir Starmer, à l’unisson de toute la classe politique du Royaume-Uni, a jugé ce vendredi 23 janvier « insultants » et « franchement consternants » des propos de Donald Trump affirmant que les alliés de l’Otan étaient « restés un peu loin des lignes de front » en Afghanistan.

Dans une interview jeudi à la chaîne américaine Fox News, le président américain a critiqué le rôle des autres pays membres de l’Otan durant les 20 ans de conflit, assurant que les États-Unis n’ont « jamais eu besoin d’eux ».

« Ils diront qu’ils ont envoyé des troupes en Afghanistan… Et c’est vrai, mais ils sont restés un peu en retrait, un peu loin des lignes de front », a-t-il déclaré, en référence à l’intervention de la coalition internationale emmenée par les États-Unis pour chasser Al-Qaïda de ses sanctuaires afghans après les attentats du 11 septembre 2001.

« Si j’avais prononcé ces mots, je m’excuserais certainement »

À l’issue d’une semaine de hautes tensions autour du Groenland, ces déclarations ont ouvert un nouveau front entre Washington et ses alliés et provoqué de vives critiques en Europe. Le tollé a été particulièrement fort au Royaume-Uni, pays ayant enregistré le plus de pertes en Afghanistan (457 soldats tués) derrière les États-Unis (2 400).

« Je considère les propos du président Trump comme insultants et franchement consternants, et je ne suis pas surpris qu’ils aient causé une telle souffrance aux proches des personnes tuées ou blessées » en Afghanistan, a déclaré Keir Starmer aux chaînes de télévision britanniques.

« Si j’avais prononcé ces mots, je m’excuserais certainement », a ajouté le dirigeant travailliste, rendant hommage aux soldats britanniques tués ou blessés en Afghanistan.

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Loin de s’excuser et sans répondre directement à ces propos, la Maison Blanche, a répliqué dans une déclaration transmise à l’AFP que « les États-Unis avaient plus fait pour l’Otan que tous les autres ».

Union politique au Royaume-Uni

Plus de 150 000 membres des forces armées britanniques ont été déployés en Afghanistan entre septembre 2001 et août 2021. Parmi eux, se trouvait le prince Harry, fils cadet du roi Charles III, qui a servi à deux reprises en Afghanistan, en 2007-2008 pendant 10 semaines, puis de septembre 2012 à janvier 2013.

« Des milliers de vies ont été bouleversées à jamais. Des mères et des pères ont enterré leurs fils et leurs filles. Des enfants se sont retrouvés sans parents », a-t-il écrit dans un communiqué. « Ces sacrifices méritent d’être évoqués avec sincérité et respect », a ajouté le prince qui vit en Californie.

La cheffe de l’opposition conservatrice Kemi Badenoch a dénoncé sur X les « commentaires honteux » du président américain, estimant qu’ils « sont erronés sur le plan des faits, affaiblissent l’Otan et dénigrent la mémoire (des) courageux soldats qui ont servi dans ce pays ».

Même le leader du parti anti-immigration Reform UK, Nigel Farage, pourtant fervent supporter de Donald Trump, a jugé que le républicain faisait « erreur » : « Pendant 20 ans nos forces armées ont combattu courageusement aux côtés des forces américaines ».