Il y a un sujet qui résume sans doute, encore mieux que les autres, les contradictions et les crises que traverse actuellement la France : la situation de sa capitale. Paris, ville ô combien lumineux, que j’étais si heureux de voir resplendir aux yeux du monde lors des derniers Jeux olympiques. Ville-monde, chanteraient de concert Hugo, Aragon, Sartre et même le pessimiste Houellebecq. Ville mythique, dirait un géographe que j’affectionne, où s’écrit en condensé toute l’histoire des idéaux humains.

Mais Paris devenu, selon l’avis d’une grande partie de ses habitants, une ville de moins en moins plaisante. Saturée. Sale. Engorgée de partout. Plus stressante que jamais. Croulant sous une montagne de dettes. Rendue inhabitable au quotidien au nom de la sacro-sainte « transition » vers un avenir défini à coups de slogans nébuleux. Le Paris d’Hidalgo, un laboratoire politique de la boboïtude : cette bourgeoisie qui, oubliant ses privilèges objectifs ― pouvoir habiter à l’intérieur d’une ville où le prix du mètre carré bat tous les compteurs ―, croit qu’il suffit de se draper dans un manteau de bonnes intentions pour être du « bon » côté.