Par
Emilien Jacques
Publié le
25 janv. 2026 à 20h53
Il y a un peu plus de trois ans, la municipalité de Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Maritime) présentait un projet ambitieux à ses habitants. La création d’un quartier résidentiel sur près de quatre hectares entre la rue de La Villette et la rue Becquet, à proximité du parc d’activité de l’Oison, là où se trouvait l’usine désaffectée Akzonobel. Après la déconstruction et la dépollution du site, rien ne semblait empêcher ce vaste projet immobilier d’arriver à son terme. Pourtant, aucun coup de pelle n’a été donné depuis, aucune pierre n’a été posée. La seule trace de ce mystérieux projet est un panneau abîmé par le temps, dressé sur ce qui reste aujourd’hui qu’un simple terrain vague.
Une reconversion idéale
En 2014, la fermeture de l’usine de fabrication de peinture Akzonobel laisse au cœur de Saint-Pierre-lès-Elbeuf une friche de 3,9 hectares inoccupée, polluée, parfois squattée et qualifiée rétrospectivement de « verrue dans le tissu urbain » par la maire Nadia Mezrar. Mais en 2021, la municipalité entrevoit une issue positive à ce dossier qui s’éternise. « Nous avons eu, avec le groupe Lhotellier, une opportunité de reprise et de reconversion du site », rapporte la première élue. L’opérateur en construction se met à travailler conjointement avec la Ville et le promoteur immobilier Edouard Denis pour réaménager cet espace et en faire un quartier résidentiel axé sur la mixité sociale et le respect de l’environnement.
Ainsi, en novembre 2022, a lieu une réunion publique au cours de laquelle les Saint-Pierrais découvrent dans le détail le projet retenu : la construction d’environ 140 logements composés d’appartements et de maisons, mis en vente ou en location, et de terrains à bâtir. Le tout articulé autour d’un parc paysager bordé par un espace de stationnement dans la rue de La Villette. « L’idée était que cela soit qualitatif et équilibré dans sa composition », résume Nadia Mezrar.
Le promoteur claque la porte
Dans les deux années qui suivent cette présentation, le site est déconstruit, désamianté et les sols sont dépollués, comme prévu. « La déconstruction de la friche redonne de la qualité aux maisons autour, commente la maire. On redonne de la sérénité au quartier ». En parallèle, le promoteur Edouard Denis entame la commercialisation et la pré-réservation des lots qui prévoient d’être livrés d’ici à juin 2025.
Or, en ce début d’année 2026, rien n’est encore sorti de terre, tout simplement parce que les lots ne se sont pas vendus. Le promoteur a même décidé de quitter le navire en fin d’année dernière. Selon Nadia Mezrar, « ce contretemps vient de la situation du marché immobilier ». Elle explique : « Il y a eu la crise immobilière, la fin du prêt à taux zéro, l’accès au crédit a été freiné… » Pour autant, le projet n’a jamais été abandonné par la municipalité selon l’élue, rapportant le souhait du groupe Lhotellier de « poursuivre le projet même si le promoteur n’est plus partenaire », via sa filiale Lhotellier Immobilier.
« Pas d’inquiétude »
Aujourd’hui, la municipalité entend donner une nouvelle impulsion à ce dossier épineux, sans bouleverser ce qui avait été envisagé il y a trois ans. Le nombre de logements prévu n’a pas changé, les places de stationnements et le parc urbain sont toujours d’actualité. « Il n’y aura pas de révolution, assure Nadia Mezrar. Hormis qu’on va être encore plus qualitatif sur la question environnementale. » Avec des constructions en bois et une forte végétalisation, « on est sur une vision très progressiste et durable », estime l’élue.
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On veut créer du logement, mais on ne veut pas le faire n’importe comment.
Nadia Mezrar, maire de Saint-Pierre-lès-Elbeuf.
Derrière la relance de ce projet, la question du logement est évidemment fondamentale. Une telle offre permettrait à de nombreux Saint-Pierrais en quête de changement de ne pas se tourner vers d’autres communes. Des habitants qui, pour la plupart d’entre eux, n’ont pas eu vent des rebondissements dans le dossier Akzonobel, la ville n’ayant pas communiqué sur le sujet depuis la dernière réunion publique de 2022.
« C’est normal que les gens s’interrogent. Le moment venu, on informera sur l’évolution de ce projet », promet Nadia Mezrar, avant de se montrer confiante pour la suite des évènements, persuadée que cette fois-ci, les lots proposés trouveront preneurs : « La ville est attractive, elle est recherchée, il n’y a pas d’inquiétude. »
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