Si le leader du Top 14 a réalisé une démonstration face à son dauphin et encore marqué les esprits, il le doit en grande partie à la performance XXL d’un pack impressionnant.
Nul besoin de réécrire l’histoire du rugby pour comprendre que, même quand la partition générale est excellente comme elle fut pour Toulouse samedi soir, encore faut-il un paquet d’avants agressif et efficace. Celui stadiste fut bien plus que cela encore. Contre Pau, le pack des Rouge et Noir fut absolument royal. « Devant, on s’était dit d’être dominants sur les ballons portés, sur la mêlée et je pense qu’on a su répondre présent dans ce secteur-là, confirmait Anthony Jelonch après le match. On a aussi été dominant ballon en mains en première mi-temps. » Aussi, dans un contexte où le leader toulousain recevait son dauphin pour asseoir sa première place au classement avant le départ de tous les internationaux, ces derniers entendaient marquer les esprits. « On avait tous à cœur de faire un gros match, et je crois que ça a compté, ajoutait le troisième ligne. Aussi de se confronter aux co-leaders, chez qui on avait perdu à la dernière minute. » Référence au match aller, où les Palois l’avaient emporté dans les arrêts de jeu après un… pick and go, et une énorme charge de Jimi Maximin.
Un gros objectif pour nous
Cette fois, ce sont donc les « gros » de Toulouse qui ont fait la loi. Ces mêmes joueurs qui avaient récemment été contrés dans l’épreuve de force en Champions Cup, notamment sur les ballons portés aux Saracens. « C’est vrai, et c’était donc un gros objectif pour nous, avouait également Joshua Brennan. Ces derniers temps, dans des matchs où ça comptait et des conditions météo pas évidentes, on a été remis en question. On avait vraiment à cœur de rebondir sur ce match et ça nous a réussi. » Le moins que l’on puisse dire avec, à l’arrivée, sept des neuf essais inscrits par des avants. Et quand ceux-ci l’ont décidé… « Je crois qu’on avait déjà tous senti dans la semaine qu’ils avaient basculé du bon côté, analysait l’entraîneur David Mélé. Et, pour être honnête, les regards que j’ai vus avant la rencontre m’ont plutôt amené à me le confirmer. Je me suis dit qu’ils étaient prêts à livrer un grand match contre une belle écurie et qu’ils avaient envie aussi d’arrêter, pardonnez-moi pour l’expression, de passer pour des cons. »
En l’occurrence, en gagnant quasiment toutes les collisions à l’instar d’un Meafou revenu à son meilleur niveau, d’un Marchand impressionnant depuis plusieurs mois, d’un Cros déjà impeccable ou d’un Jelonch toujours percutant, ils ont constamment placé l’équipe toulousaine dans l’avancée. Et quand on connaît le talent dans les autres lignes… Le manager palois résumait ainsi la performance des avants stadistes : « On a affronté le pack du XV de France, et on n’a pas encore le niveau international. » N’empêche, ça promet pour les Bleus !