Christophe Urios et les Clermontois auraient pu tout perdre après avoir menés de 22 points en début de deuxième période. Mais le manager de l’ASM a retenu l’état d’esprit de ses hommes.
Christophe, vous avez tremblé jusqu’à la fin du match. Êtes-vous soulagé ?
Non, on a tremblé à la fin, mais pas tout le match. On aurait pu se rendre le match plus facile, surtout quand on marque ce bonus offensif en début de deuxième mi-temps. À ce moment-là, on était vraiment supérieurs et on pensait que c’était fait. C’est à partir de ce moment-là qu’on est sortis un peu du cadre, à l’image du coup d’envoi après cet essai, où on sort mal du camp. Ils ont mis beaucoup d’agressivité, notamment dans les rucks, un peu moins en première mi-temps, et on arrivait à les contrôler un peu moins en deuxième. On a été indisciplinés, pas précis, impatients. C’est une cascade d’erreurs qui fait qu’à la fin, on peut perdre le match.
Vous aviez été très propres jusque-là, très peu de fautes sifflées contre vous, et d’un coup…
On est sortis du cadre. Je n’ai pas trop parlé avec les gars, mais quand on marque cet essai de bonus offensif, on pensait vraiment qu’on allait dominer le match. C’est là qu’on s’est relâchés : mauvaises réceptions de coups d’envoi, sous pression, difficultés à sortir du camp, manque de précision dans notre jeu.
Est-ce que, comme après le Stade français, vos joueurs ont refusé la défaite ?
Contre le Stade Français, c’était plutôt en attaque. Là, je trouve qu’on a plutôt bien défendu, mis à part quelques situations dans le couloir, là-bas, où on a été en difficulté. Ils ont contre-attaqué sur des ballons où ils reculaient de 30 mètres et arrivaient à presque marquer. Défensivement, on s’est accrochés à la fin, l’état d’esprit était bon, la mentalité aussi. Franchement, c’était bien, même si j’aurais préféré qu’on gagne sans leur laisser un point de bonus défensif.
On s’attendait à beaucoup de combat, il y en a eu, mais vous avez aussi été capables de déployer pas mal de jeu. Était-ce une consigne ?
Comme à chaque match. Je n’ai jamais dit à mes joueurs de ne pas jouer. Jamais. Après, c’est l’histoire des matchs. Aujourd’hui, on avait envie de les bouger, de les déplacer. On avait des consignes précises, comme toujours, pour attaquer certaines zones, et les joueurs l’ont bien fait. C’est un match qu’on peut perdre à la dernière action, donc c’est une belle leçon. En même temps, je trouve qu’on l’a plutôt bien maîtrisé longtemps. Ce sont nos erreurs qui ont fait qu’à la fin, on s’est retrouvés en difficulté. Oui, on a attaqué, oui, on a tenu le ballon, oui, on a marqué de beaux essais. C’est ce qu’on fait depuis le début. Il y a eu un passage depuis le 12 novembre où ce n’était pas bon, mais vous retenez surtout cela. Ce n’est pas très grave.
Ce soir, vous êtes enfin dans le top 6. Cela va faire du bien au groupe, symboliquement, d’y être ?
Oui, bien sûr que c’est important d’être dans le top 6. On savait qu’en gagnant aujourd’hui, on pouvait y entrer. C’est bien. Après, on a deux déplacements à venir : à Castres et à Toulon, avant de recevoir deux fois. On a une finale à Castres pour finir un bloc de trois mois, très long depuis mi-novembre. Cette Coupe d’Europe n’a pas été bonne pour nous, et je trouve que c’est interminable. On va affronter peut-être la meilleure équipe du Top 14 du moment, en pleine confiance. On va avoir une semaine sympa.