Amélioration de l’accessibilité à la ville, piétonnisation intelligente, embellissement des rues, réduction de la vacance commerciale… Quand on parle commerce, les maires ont du pain sur la planche. Comment réenchanter les rues ? Comment repeupler les centres commerciaux de centres-villes qui sonnent creux – à l’image de Saint-Sébastien (Nancy) ou de Saint-Jacques à Metz, déserté des visiteurs et des commerces depuis le déménagement de la Fnac en 2012 ?

Autant de questions qui animeront les débats lorsque la campagne des municipales battra son plein. Parce que le commerce est un marqueur fort de la politique d’une ville. Rue Serpenoise, la Serpentine s’est révélée à l’été 2025. Œuvre monumentale, le projet à 2 millions d’euros, qui ne fait pas l’unanimité, restera quoi qu’il en soit une initiative marquante de l’ère François Grosdidier.

En six ans, l’équipe municipale en place a aussi mené une politique volontaire pour retrouver des restaurants étoilés à Metz. Depuis, Charles Coulombeau a décroché le sésame lors de la dernière cérémonie du Guide Michelin pour son restaurant Yozora et le groupe Bernard Loiseau a prévu de s’installer dans les anciens locaux du Mojito Bar, place de Chambre. Un établissement qui pourrait permettre à Metz de s’illustrer à nouveau sur la scène gastronomique nationale.

« Il faudrait installer des parkings relais avec des transports fréquents faire la navette vers le centre-ville, avec un service de conciergerie. »

Sébastien Duchowicz, président des Vitrines de Nancy.

« Il y a à Metz une volonté politique. C’est un élan que je n’ai pas retrouvé dans les autres villes que j’ai visitées dans le cadre de l’ouverture d’un nouveau restaurant », aime à dire Bérengère Loiseau, qui sera à la tête de Loiseau de Lorraine. La Ville de Metz, propriétaire des murs, a proposé un loyer modéré tout en ajoutant une gratuité d’un an, pour la participation aux travaux.

Au rayon de l’animation commerciale, les dernières années ont vu des évènements naître : les onze associations de quartiers ont l’opportunité d’imaginer des manifestations innovantes qui trouvent leur public : la guinguette de la place de Chambre, la braderie du quartier Outre-Seille, la Fête des voisins portée par le Triangle impérial…

Des animations rendues possibles grâce à des fonds provenant de l’exploitation des chalets de vin chaud des marchés de Noël, très lucratifs, que la mairie de Metz loue aux associations. En ce qui concerne les relations avec les commerçants, outre l’entente avec les présidents des quartiers, la prochaine équipe municipale devra composer dans un contexte complexe. Fondée en 1978, la fédération des commerçants a été dissoute à l’automne. Une nouvelle association, Les Vitrines de Metz, a vu le jour récemment. Il faudra nouer des relations fortes avec les coprésidents.

Les attentes des commerçants

À Nancy, où la vacance commerciale est inférieure à 7,5 %, en dessous de la moyenne nationale, l’équipe municipale menée par Mathieu Klein a choisi de renforcer sa politique d’attractivité commerciale en instaurant une taxe sur les friches commerciales pour inciter les propriétaires à remettre leurs biens vacants sur le marché. Les taux de la TFC, calculés sur la valeur locative cadastrale, sont fixés, de droit, à : 10 % la première année d’imposition ; 15 % la deuxième année d’imposition ; 20 % la troisième année d’imposition. 

Parmi les autres actions phares, la piétonnisation d’une partie du centre-ville, qui attire l’attention des commerçants. « La rue Saint-Dizier risque de devenir une rue Saint-Jean bis, empruntée par les transports en commun et les vélos. Mais de nombreux consommateurs se rendent en ville en voiture. Nous attendons des mesures pour repenser la circulation et rendre l’accès à l’hypercentre plus fluide », soutient Sébastien Duchowicz, président des Vitrines de Nancy.

« Il faudrait installer des parkings relais avec des transports fréquents, faire la navette vers le centre-ville, avec un service de conciergerie pour que les promeneurs puissent faire leurs achats en ville et les récupérer en fin de journée directement à proximité de l’endroit où ils sont garés », énonce le président qui aimerait que d’autres évènements majeurs voient le jour et que la politique d’animation autour des fêtes de la Saint-Nicolas ou du Livre sur la Place soit encore renforcée. À côté de ses deux grandes voisines, Thionville, qui s’appuie sur un manager de centre-ville pour se développer (Anne-Karine Ivanov) fait figure d’exemple. La création en 2020 de Thionville Commerces permet d’accompagner les professionnels dans leur croissance.

Tous les articles de notre dossier « Municipales en Lorraine : les sept thèmes capitaux » sont à retrouver ici.