Dans un week-end où l’invincibilité de Jean-Dauger a été brisée, Toulon, une nouvelle fois, s’est sorti du piège tendu par Montpellier. Les Rouge et Noir ont ainsi enchaîné un vingt-et-unième succès de rang dans leur antre.

Au sens propre, Mayol peut parfois prendre l’eau quand le tonnerre gronde. En revanche, sur la pelouse, les Varois ont été, dans ce match reporté de vingt-quatre heures, insubmersibles. Ils ont, une nouvelle fois, montré des ressources surprenantes pour gagner un véritable bras de fer. Et pourtant, Montpellier, au contraire de beaucoup d’écuries du championnat, avait mis sur le terrain ses plus belles forces dans un match qualifié de « bascule » de chaque côté.

Mal embarqués, souvent dominés sur les mauls portés, les Rouge et Noir ont validé une « victoire significative », dixit Mignoni : « On a eu jusqu’à huit points de retard. On n’a pas abdiqué, même si on a parfois manqué un peu de jugeote (sourire). On a su compenser nos faiblesses dans d’autres secteurs. » L’entraîneur varois a mis en avant sa « mêlée », qui a récolté des pénalités, et les duels aériens : « On a changé la stratégie à la pause. Montpellier nous faisait mal sur les ballons portés, alors on a laissé le ballon sur le terrain. À huit points de retard, on est restés ensemble et solidaires contrairement à ce qu’on aurait pu faire sur les années d’avant. »

Baptiste Serin : « On aurait pu le perdre sur la fin »

Venu peu de temps après son manager devant la presse, le demi de mêlée, malgré la « joie », attendait plus de cette partie. : « Nous sommes déçus dans la globalité de ce que l’on a produit. On n’a rien lâché encore une fois. Mais dans cette rencontre, l’invincibilité est fragile. Nous avons du caractère, c’est bien, mais il faut être bien meilleurs quand on court après le score. Nous devons être plus structurés, pour éviter de se mettre dans la difficulté. On aurait pu le perdre sur la fin. Les victoires à domicile, dans ce championnat et lors de cette journée, sont fragiles. »

L’international français, qui retrouve Marcoussis cette semaine, a vu deux gros tournants. « En fin de première période, on marque en première main, après une touche, avec cette redoublée au centre du terrain. Oliver (Cowie) fait la différence avec un bon écran. C’est un moment charnière, on revient à un point à la pause (16-17). L’autre est arrivé en début de seconde période avec l’interception de Charles (Ollivon), devant nos 22 mètres. Derrière, on marque en force. » Dans un mois de janvier infernal, Toulon est bien calé au sein des places qualificatives, à quatre points de Pau (2e), chez qui il se rendra la semaine prochaine : « On peut basculer, assume le manager. On est qualifiés en Champions Cup, même si on a laissé du gaz. Il nous manque de l’essence, c’est pour ça que nous avons fait ça à La Rochelle (impasse et lourde défaite 66-0). Mais nous sommes là, et on va rechercher la fraîcheur pour ce dernier match avant la pause. »