DÉCRYPTAGE – Depuis la sortie du film mi-janvier, de nombreux experts reprochent aux auteurs de relayer un discours stéréotypé sur Moscou. D’autres y voient une œuvre d’art pertinente pour saisir la logique du pouvoir russe.
Déjà à l’époque, Anna Colin Lebedev n’avait pas aimé le livre. Le film ? Encore pire. «La force de l’image et la capacité de diffusion du cinéma amplifient l’effet», souffle au téléphone la maîtresse de conférences en science politique à l’université Paris Nanterre. Le Mage du Kremlin était encore frais dans sa mémoire lorsqu’elle a pris la plume pour faire part de sa colère dans un long billet de blog. Cette grande spécialiste de la Russie y dénonce un film «dangereux», qui «contribue à renforcer le récit russe» et recycle «l’habituelle imagerie» sur le pays – neige, yachts, thé compris.
Et elle est loin d’être seule. Depuis la sortie du film mi-janvier, de nombreux spécialistes de la Russie en France reprochent au réalisateur Olivier Assayas, comme à l’écrivain Giuliano da Empoli dont il adapte le roman, de relayer un discours stéréotypé, révélateur d’une méconnaissance profonde de la Russie et du peuple russe. «Soyons clairs : ce film n’explique en rien la politique russe…
Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 83% à découvrir.
Vente Flash
6,49€ par mois pendant 12 mois
Déjà abonné ?
Connectez-vous