Ce mardi 27 janvier, jour de commémoration de la libération du camp d’Auschwitz, une cérémonie s’est déroulée à Montpellier, marquée par des discours forts sur le devoir de mémoire et la montée de l’antisémitisme.
Sous une pluie incessante et un silence recueilli, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées ce mardi 27 janvier, au Monument des martyrs de la Résistance et de la Déportation, sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle à Montpellier. Une cérémonie en mémoire de la libération du camp d’Auschwitz, 81 ans plus tard, marquée par des dépôts de gerbes et des prises de parole fortes, dans un contexte international particulièrement tendu.
Parmi les interventions marquantes, celle de Michaël Iancu, directeur de l’Institut universitaire Maïmonide à Montpellier. Devant les élus, représentants associatifs, enseignants et citoyens présents, il n’a pas mâché ses mots sur la résurgence de l’antisémitisme : « La haine du Juif se porte comme un charme en 2026 », a-t-il lancé, sous les regards graves de l’assemblée. Insistant sur la portée universelle du souvenir, il a rappelé que « le devoir de mémoire est une vigie à l’heure où le populisme sévit partout dans le monde ».
« Les rescapés se font rares, mais les révisionnistes sont plus nombreux que jamais »
Moment particulièrement émouvant de la cérémonie : l’évocation des 180 Montpelliérains arrêtés puis déportés au camp d’Auschwitz. Une liste de noms, rappelant que derrière l’histoire, il y a des vies brisées, des familles anéanties. « Comme Hitler, hier, les judéophobes et les antisémites d’aujourd’hui sont du mauvais côté de l’Histoire », a conclu Michaël Iancu, appelant à la lucidité et à la vigilance collective.
Perla Danan, présidente du Crif Languedoc-Roussillon, a ensuite pris la parole pour remercier les nombreux participants « pour votre fraternité et votre refus de l’instrumentalisation ». Dressant un constat sombre de la situation mondiale depuis les attentats du 7 octobre, elle a alerté sur l’ampleur du phénomène : « Les rescapés se font rares, mais les révisionnistes sont plus nombreux que jamais. » Un constat alarmant, qui l’a conduite à appeler à une mobilisation commune en saluant tout particulièrement le monde de l’éducation, « ces enseignants véritables héros », dans la transmission des valeurs et de l’histoire.
Présent à la cérémonie, le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, également professeur d’histoire, ne pouvait rester silencieux. Se disant « lucide », il a appelé à une « mobilisation totale » et a formé le vœu d’un appel solennel : « Nous devons affronter ce défi de l’époque et nous lever tous ensemble quand un citoyen est victime de racisme, d’antisémitisme ou de toute forme de haine. » Une cérémonie grave, rappelant que la mémoire reste bien ancrée dans les combats du présent.