Poste le plus important des dépenses des ménages, le logement absorbe entre 25 % et 30 % du budget des foyers en 2025, contre 20 % dans les années 1980 (selon l’Insee). Avec la crise actuelle, se loger coûte toujours plus cher et se « complique ». Le sujet ne fait pas pour autant partie des thèmes forts des municipales sur l’intégralité du territoire.
Dans certaines communes, c’est une grosse préoccupation, dans d’autres, non. Et même là où les difficultés sont réelles, les citoyens n’ont pas toujours pleinement conscience des compétences qu’ont les communes en la matière, même si c’est l’État qui a la main (et que les décisions se font d’ailleurs attendre, alors que la construction neuve est à l’arrêt malgré les besoins).
Thionville : enjeu prioritaire
À Thionville, le logement est une thématique forte. Cela construit un peu partout et de nombreux projets sont dans les tuyaux. Lors de l’annonce de sa candidature à un nouveau mandat, Pierre Cuny, le maire de Thionville, n’a pas manqué de le souligner, son ambition est « de continuer à faire grandir Thionville, pour conforter encore son attractivité et répondre aux enjeux du XXIe siècle ».
Selon les données de l’Insee de décembre dernier, Thionville gagne des habitants. La ville est passée de 40 700 habitants en 2017 à 42 660 en 2023, soit une progression annuelle moyenne de 0,8 % intégralement liée au solde migratoire. La demande en logement est donc portée par une nouvelle population qui s’installe. Ce qui implique de nouvelles constructions et des réhabilitations, dans certains quartiers comme en cœur de ville.
« Le logement absorbe entre 25 % et 30 % du budget des foyers en 2025, contre 20 % dans les années 1980. »
Insee.
Cette attractivité n’est pas sans conséquences sur les prix de l’immobilier qui progressent, à la vente comme à la location, encouragés en cela par le pouvoir d’achat des frontaliers (20 000 sur l’espace de l’ancienne agglomération). Des ménages sont amenés à s’éloigner pour se loger. Il se construit de nombreux logements sociaux dans la 2e plus grande commune mosellane. Mais pas assez au regard des besoins. Il y a 5 000 demandes en attente. Différents candidats de gauche aux municipales font du logement social leur priorité.
Metz : diversité, mixité
Metz est sur la même tendance sur le plan démographique. Toujours selon l’Insee, la ville est passée de 116 430 habitants en 2017 à 122 570 en 2023, soit une évolution de + 0,9 % (+ 0,3 % de solde naturel, + 0,6 % de solde migratoire). On le sait, la pression est forte sur le marché locatif, ce qui, là encore, attise les prix et oblige certains à s’éloigner de la ville.
La création de logements sociaux est évoquée dans différents programmes pour les municipales. Certains, à gauche, en font la priorité. Cela dit, des millions d’euros ont déjà été injectés dans la rénovation du parc social et dans la construction de résidences neuves par les bailleurs sociaux et les collectivités. François Grosdidier, le maire de Metz, l’a souvent répété, son objectif dans ce registre est de répondre aux besoins tout en favorisant la « mixité et la diversité », avec du logement social, mais aussi intermédiaire, en accession à coût maîtrisé…
Un autre levier activé pour réduire la pression immobilière consiste à réduire la vacance (structurelle) du parc privé à travers différents outils destinés à aider les propriétaires à investir pour remettre leur(s) bien(s) sur le marché locatif. Le logement a attisé les tensions (entre élus, associations, habitants…) dans le cadre de l’élaboration du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi).
Le document qui détermine les conditions d’aménagement et d’utilisation du foncier pour les années à venir, « offrait » la possibilité de créer une dizaine de milliers de logements à l’heure où le nombre d’habitants devrait continuer à augmenter. Mais le plan a été annulé par la justice en juillet dernier, car le nécessaire « équilibre » entre de multiples priorités et enjeux, n’était pas respecté. La collectivité travaille sur une nouvelle version.
Nancy : focus sur le logement social
À Nancy, la situation est un peu différente. La ville est moins exposée au phénomène frontalier et a pour particularité d’accueillir beaucoup plus d’étudiants (qui ont besoin de se loger). La cité ducale affiche également une stabilité sur le plan démographique : 104 290 habitants en 2017, 103 670 en 2023.
Comme Mathieu Klein, le maire de Nancy et président de la métropole du Grand Nancy, l’avait annoncé au début de son mandat, l’accent est mis sur la rénovation et la construction de logements sociaux, du côté du plateau de Haye, par exemple. Le premier bailleur social de la métropole, l’OMh (Office Métropolitain de l’habitat), porte un plan stratégique de patrimoine 2023-2033 qui s’accompagne d’un investissement annoncé de près de 500 millions d’euros.
*Établissements publics de coopération intercommunale : communautés de communes, d’agglomération urbaines et métropoles.Tous les articles de notre dossier « Municipales en Lorraine : les sept thèmes capitaux » sont à retrouver ici.