Le face-à-face des agriculteurs en colère et des forces de l’ordre a fini par dégénérer hier à Toulouse. Plus de 150 agriculteurs étaient rassemblés malgré l’interdiction de la préfecture pour se faire entendre sur la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, à l’appel du syndicat Coordination rurale.

Le rendez-vous était fixé sur les allées Jean-Jaurès à 10 heures, même si des tracteurs étaient déjà présents sur place depuis 5 heures du matin.

Avant le début de la manifestation, cinq agriculteurs ont été interpellés pour « refus d’obtempérer aggravé » selon la préfecture. En milieu de matinée, les agriculteurs se sont élancés peu après l’heure prévue quand les tensions ont fini par exploser en violentes altercations devant l’ancien cinéma UGC.

Dans les images prises et partagées par La Dépêche du Midi, on voit des agriculteurs plaqués en sol pour certains et repoussés pour les autres dans les rangées de tables des terrasses, quand des projectiles sont lancés sur les forces de l’ordre. Un manifestant a été interpellé pour « rébellion et violences aggravées ».

Un camion lanceur d’eau est arrivé en renfort sur place. Les transports sont restés à l’arrêt autour des allées Jean-Jaurès une partie de l’après-midi, les lignes des métros A et B notamment ne s’y arrêtant plus.

Autour de Toulouse, la Coordination rurale était également mobilisée sur la N124 à Colomiers jusqu’à la mi-journée.

« Notre métier est de nourrir les gens, pas de se faire tabasser »

Parmi les 170 manifestants présents à Toulouse se trouvent des militants aveyronnais de la Coordination rurale, dont son président Éloi Nespoulous. Au micro de Sud Radio, il a réagi après les altercations avec les forces de l’ordre.

« C’est disproportionné ! Qu’est-ce que c’est que ça ? On n’est que des paysans qui viennent manifester ! », s’écrie-t-il alors que les esprits sont encore à vif autour de lui.

Éloi Nespoulous rappelle que le projet était de se rassembler sur les allées Jean-Jaurès et de défiler jusqu’à la préfecture pour livrer leurs doléances.

Le parcours a été modifié au dernier moment, mais « rien de méchant », insiste le représentant aveyronnais. Avant les violentes échauffourées. « On a un gars qui a le crâne ouvert. On nous tape comme si on était des délinquants. Notre métier est de nourrir les gens, pas de se faire tabasser par la police ! ».

Selon Éloi Nespoulous, sept agriculteurs auraient été blessés dans l’affrontement, qui a duré une quinzaine de minutes. Les manifestants sont toujours dans le centre-ville de Toulouse, dont une vingtaine d’Aveyronnais, en début d’après-midi, où les tensions ont été vives.