Un Mois de la Photo copieuxHumaniste
Chez Géopolis, il ne faut pas manquer l’exposition L’Ukraine en résistance d’Olexandr Glyadyelov, l’un des principaux photographes de l’Ukraine contemporaine qui, depuis 35 ans, photographie l’actualité de son pays. Autrement dit, il en a écrit l’histoire en témoignant par l’image de l’effondrement de l’Union soviétique, de l’indépendance de l’Ukraine et, depuis 2014, de la guerre en cours.
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Ses images pleines de compassion même dans les conditions les plus extrêmes, sont plus celles d’un photographe humaniste que celle d’un correspondant de guerre.
Ainsi a-t-il documenté́ les premières semaines de l’invasion de 2022 autour de Kiev (Boutcha, Irpin, Borodianka), puis les combats des contre-offensives de Kharkiv et de Kherson. Il a également accompagné des unités engagées dans la contre-offensive de 2023 à Zaporijjia, avant de retourner dans le Donbass en 2024, puis de rejoindre les forces spéciales basées sur l’île aux Serpents en 2025.
Bien que prises dans les conditions les plus extrêmes, ses images pleines de compassion sont plus celles d’un photographe humaniste que celle d’un correspondant de guerre. Ce qui explique sans doute le retentissement dont a bénéficié cette exposition lorsqu’elle a été montrée à Kiev l’an passé.
De la série « Another Love Story » de Karla Hiraldo Voleau ©Karla Hiraldo VoleauLa Nombreuse
Quitter Géopolis pour La Nombreuse à Saint-Gilles, c’est passer de la guerre aux champs de bataille intimes. La série qu’y présente Karla Hiraldo Voleau aurait été le récit d’une histoire d’amour si, en cours de réalisation, son compagnon ne lui avait pas appris qu’il menait une double vie. Comme dans la foulée il lui avait interdit toute utilisation des photographies le représentant, elle a réagi en faisant rejouer à̀ un sosie plus de 300 photos souvenirs. Cela donne Another Love Story, le récit subtil du délitement de leur relation dans une scénographie impeccablement adaptée au lieu et qui place le spectateur devant les outils – images et SMS sur écrans – de l’écriture initiale du naufrage.
La Nombreuse, au-delà du lieu d’exposition, c’est d’abord un collectif de photographes qui développent chacun leurs projets. Comme celui que montre Romain Cavallin dans Work, l’imposante exposition collective à propos du monde du travail proposée au Centre Culturel Jacques Frank. Ou comme celui, remarquable, du même Cavallin en duo avec la photographe Eloïse Brunet, présenté au Pianofabriek sous l’intitulé Jeunesse placée.
Ce documentaire photo est d’autant plus bluffant qu’il s’est servi des contraintes strictes de l’institution (ne pas montrer de visages par exemple) pour sortir des chemins battus des représentations de ce type de lieux. La commisération facile n’est pas de mise ici. Ceci d’autant moins que les deux photographes ont animé un workshop photo pour les jeunes dont le résultat – présenté également – témoigne et se joue à la fois de la rigueur propre au centre fermé. L’ensemble de ce travail, collaboratif pour le moins, est un modèle du genre à ne pas manquer.
Aperçu des images de l’atelier photo à l’IPPJ de Saint- Servais ©JMBoL’Ukraine en résistance d’Oleksandr Glyadyelov
Où Espace Géopolis, 58/60 rue des Tanneurs, 1000 Bruxelles Quand Jusqu’au 15 mars, du mardi au dimanche, de 13 à 17h30. Rens. : Geopolis. brussels
Another Love Story de Karla Hiraldo Voleau
Où La Nombreuse, 42 rue du Fort, 1060 Bruxelles Quand Jusqu’au 1er mars, tous les jours de 14h à 18h.
Jeunesse placée d’Eloïse Brunet et Romain Cavallin
Où Pianofabriek, 35 rue du Fort, 1060 Bruxelles Quand Jusqu’au 22 février, du lundi au vendredi de 10h à 20h et samedi de 10h à 18h
Work Exposition collective
Où Centre Culturel Jacques Frank, 94 chaussée de Waterloo, 1060 Bruxelles Quand Jusqu’au 5 avril, du mardi au vendredi, de 11h à 18h30
PhotoBrussels Festival
Rens. : www.photobrusselsfestival.com/