Le projet de réouverture de la ligne ferroviaire Nancy-Mirecourt-Vittel-Contrexéville entre dans une phrase opérationnelle décisive. Le 22 janvier 2026, à Mirecourt, la Région Grand Est a officiellement lancé les travaux de ce chantier d’envergure annoncé en mai 2024. Une étape marquant le passage « de la planification à la réalisation concrète », avec l’objectif annoncé d’une réouverture de la ligne et d’une reprise des circulations à l’issue des travaux, indique la collectivité dans un communiqué.

© Région Grand Est

La cérémonie de lancement s’est tenue en présence de Franck Leroy, président de la Région Grand Est, et de Thierry Bodard, président de Nova 14 et de NGE Concessions, premier actionnaire de la société de projet. Pour la collectivité, ce lancement « concrétise l’engagement de la Région en faveur de l’accessibilité et du désenclavement des territoires, tout en renforçant leur attractivité ».

Partiellement fermée depuis 2016, la ligne bénéficie d’un investissement global de 150 millions d’euros, porté par la Région Grand Est dans le cadre d’un contrat de concession confié à la société Nova 14, réunissant NGE Concessions, Transdev et la Banque des territoires. La Région rappelle qu’il s’agit d’un « modèle de concession intégrée, une première en France pour une ligne ferroviaire de cette nature », associant financement, conception, travaux, maintenance et exploitation.

Une ligne rénovée et modernisée

À terme, la ligne rénovée proposera 30 allers-retours quotidiens, desservira 12 gares sur 75 kilomètres de voie régénérée et reliera Nancy à Contrexéville en 1h10. Près de 500 000 voyageurs sont attendus chaque année. Les travaux sont réalisés par un groupement 100 % NGE, mené par TSO. Ils portent notamment sur la régénération complète de l’infrastructure ferroviaire, la modernisation des équipements, la sécurisation des passages à niveau et l’adaptation des gares et haltes aux besoins futurs des usagers. Dans ce cadre, « 21 passages à niveau seront fermés et 43 seront aménagés et automatisés », précise la Région Grand Est.

Ce qui se passe en Meurthe-et-Moselle

La collectivité met également en avant la dimension environnementale du chantier. « La régénération de la ligne s’inscrit pleinement dans une logique de transition écologique, de réemploi des matériaux et de valorisation des filières industrielles régionales », indique-t-elle. Ainsi, près de 18 000 tonnes de matériaux issus des anciennes infrastructures seront recyclées ou valorisées.

Le projet comprend par ailleurs la création, à Mirecourt, d’un site de maintenance et de remisage de 16 500 mètres carrés, conçu par l’agence JFS Architectes. Véritable cœur opérationnel de la future exploitation, il intégrera notamment 300 mètres carrés de panneaux photovoltaïques.

Emploi et attractivité territoriale

Au-delà de l’infrastructure, la Région Grand Est souligne l’impact du projet sur l’emploi et l’attractivité des territoires. Jusqu’à 300 personnes seront mobilisées en phase de travaux, dont 10 % en insertion professionnelle. À Mirecourt, près de 65 salariés permanents travailleront à l’exploitation de la ligne, pour un total d’environ 60 emplois liés à l’exploitation.

« Ce projet pionnier démontre qu’innovation, transition écologique et développement territorial peuvent avancer de concert », affirme la collectivité, qui voit dans la ligne Nancy-Contrexéville « un modèle de renaissance ferroviaire au service des territoires ».