4 ans de chimiothérapie pour un cancer inexistant : le
diagnostic qui a tout fait basculer

Un dossier médical commence parfois par un rien. En 2006, en
Toscane, une Italienne de 42 ans se rend à l’hôpital de Volterra
pour une simple consultation orthopédique. Des examens de routine
s’enchaînent, une anomalie dans la numération leucocytaire
apparaît. L’annonce tombe, brutale : un cancer du système
lymphatique touchant les intestins, en phase terminale. Et c’est là
que commence un long tunnel thérapeutique.

Deux biopsies plus tard, le centre hospitalier universitaire de
Pise parle d’un lymphome de type MALT. Un
protocole est enclenché à l’Hôpital universitaire de
Pise
, avec des médicaments lourds. Les médecins
préviennent qu’il faut agir vite, la gravité du cas ne laisse pas
de répit. La patiente s’accroche, sa famille aussi, persuadées
qu’il faut tenir la ligne coûte que coûte. Et pourtant, un examen
des années plus tard va bousculer toute cette certitude.

Traitements lourds, effets irréversibles : le calvaire
raconté

De 2007 à 2011, elle a subi 4 ans de
chimiothérapie
et une corticothérapie à fortes
doses
. Ces traitements lourds laissent
des traces : fatigue écrasante, douleurs, infections à répétition.
Le mental flanche avec la dépression et l’anxiété. Son corps
change, son quotidien aussi. Elle enchaîne les séances, les
contrôles, les hospitalisations.

Les mots disent la violence de ce qu’elle a traversé : « Mon
système immunitaire a été détruit par ces traitements erronés,
inutiles et nocifs », a confié la patiente, selon Il Tirreno.
Fractures, déséquilibre hormonal, suivi au long cours la
fragilisent encore. Elle a aussi perdu son permis et interrompu sa
carrière. Le quotidien se réduit aux soins, aux ordonnances, aux
papiers administratifs.

Biopsie en 2011, justice à Florence : 500 000 euros
d’indemnisation

En mai 2011, le département de médecine interne de
Gênes pratique une biopsie
osseuse
de contrôle. Le verdict inverse tout : absence de
maladie lymphoïde proliférative clonale, autrement dit, aucun
cancer détecté. Quatre années de traitements pour un cancer
inexistant
. Le choc est total. La patiente encaisse la
nouvelle, abasourdie, comme vidée.

La patiente porte plainte contre le CHU de Pise pour
négligence médicale. Le tribunal de Pise lui
accorde d’abord 300 000 euros, somme jugée
insuffisante, puis la Cour d’appel de Florence
tranche le 8 janvier à 500 000 euros de dommages
et intérêts. Une décision qui reconnaît l’angoisse et les
souffrances subies pendant des années. « Je me sens brisée. Je n’ai
aucun moyen d’être en paix, même après cette décision », a-t-elle
ajouté.

Erreur de diagnostic de cancer : que
comprendre, que reste-t-il ?

Cette affaire met en lumière l’erreur de
diagnostic
en oncologie et ses répercussions concrètes.
Dans ce cas précis, une simple réévaluation par biopsie de contrôle
a suffi à renverser un dossier installé depuis des années. La
médecine avance, mais elle n’est pas infaillible. Et quand l’erreur
se produit, la reconstruction prend du temps. Dans ce récit, les
dates jalonnent un parcours où chaque rapport compte.

Au-delà de l’indemnisation, la patiente décrit une vie entravée
par des séquelles physiques et psychologiques. Les
traitements ont abîmé durablement son organisme, les pertes
sociales ont creusé l’écart avec l’avant. La justice a offert une
réparation judiciaire, pas l’oubli. Reste une
certitude, dans son histoire comme dans le dossier : les
vérifications tardives ont changé le cours de sa vie. Son
témoignage dit l’écart entre réparation et apaisement.