Par

Cédric Nithard

Publié le

28 janv. 2026 à 19h39
; mis à jour le 28 janv. 2026 à 19h40

À Montpellier, la campagne municipale prend une autre tournure. Et particulièrement celle de Nathalie Oziol. La tête de liste de La France Insoumise enregistre en effet ce mercredi 28 janvier le ralliement de militants écologistes et de Génération.s échappés du Printemps Montpelliérain conduit par l’écologiste Jean-Louis Roumégas, ainsi que du mouvement municipaliste Cause Commune représenté par Alenka Doulain. Désormais tous en « ordre de bataille », Nathalie Oziol revendique être « la gauche de rupture avec Michaël Delafosse ».

Surprenant ?

Au pied du kiosque Bosc, lieu choisi symboliquement car point de départ en 2022 de la campagne de la NUPES, Nathalie Oziol assène : « Ce n’est pas un fait politique anodin de nous retrouver. Nous faisons à Montpellier la démonstration du regroupement des forces de rupture avec le libéralisme, le macronisme et ses relais locaux tels que le Parti Socialiste et Michaël Delafosse. Nous revendiquons d’être celles et ceux qui portons le programme du Nouveau Front Populaire ». Aux côtés de la député insoumise et de ses trois co-chefs de file Livia Jampy, Antoine Bertrand et Rhany Slimane, apparaissent désormais Julia Mignacca, démissionnaire des Écologistes et du Printemps Montpelliérain, Kevin Hoareau, de Génération. S également démissionnaire du Printemps Montpelliérain, et Alenka Doulain, élue d’opposition et co-porte-parole du mouvement municipaliste Cause Commune. Reste que, la photo ne surprendra finalement pas grand monde.

Faisant jusqu’à présent campagne dans d’autres listes en œuvrant à un rapprochement avec celle de La France Insoumise, les trois ont décidé d’accélérer les choses. Le départ de Julia Mignacca et de Kevin Hoareau du rassemblement porté par le député écologiste Jean-Louis Roumégas a créé les conditions d’une fissure dans le Printemps Montpelliérain au sein duquel les militants écologistes sont appelés à revoir leur stratégie. Quant à Cause Commune, malgré les déclarations d’intention, le travail programmatique conduit auprès des habitants qui sera d’ailleurs restitué ce samedi, ou encore d’avoir mis en gage sa liste en l’ouvrant aux citoyens, beaucoup les voyaient se jeter dans les bras de La France Insoumise. C’est désormais chose faite. Et cette impression que tout était écrit d’avance…

Presque un soulagement 

Un rassemblement permis selon Nathalie Oziol avec « méthode et la volonté commune de nous retrouver ». L’objectif commun de « battre Michaël Delafosse, tourner la page du système PS et gouverner la ville en faisant mieux » en constitue le ciment. « Nous sommes la gauche de rupture, celle qui veut redonner le pouvoir au peuple, qui se définit comme force de recomposition sociale, écologique, altermondialiste et démocratique » affirme la candidate insoumise. Une gauche de rupture qui a pris politiquement des chemins différents en début de campagne mais qui a toujours su « se retrouver sur « les luttes locales depuis des années ». Ainsi, après plusieurs mois à lancer des appels et à se tendre la main, « il n’a pas été difficile de tomber d’accord sur les orientations programmatiques ».

Nathalie Oziol, Julia Mignacca, Alenka Doulain et Kevin Hoareau.
Nathalie Oziol, Julia Mignacca, Alenka Doulain et Kevin Hoareau. (©CN / Métropolitain)Vidéos : en ce moment sur Actu

Les trois protagonistes du jour n’ont ainsi pas manqué d’exprimer avec force leur joie et satisfaction, presque un soulagement, de rejoindre Nathalie Oziol et La France Insoumise. À l’instar de Kevin Hoareau qui, dénonçant « un manque de démocratie au Printemps Montpelliérain avec un fonctionnement vertical qui ne correspond pas aux valeurs de Génération.S et de mon parcours militant », va découvrir un autre fonctionnement. Ayant tenu sa ligne autonome moins longtemps que Nous Sommes, Cause Commune, par la bouche d’Alenka Doulain, est aujourd’hui « très heureux de rejoindre le cadre politique initié par La France Insoumise avec ses nouveaux partenaires qui est le seul capable de proposer un horizon désirable aux Montpelliéraines et Montpelliérains ».

L’opposante principale à Michaël Delafosse durant son mandat dit ainsi répondre aux appels citoyens à constituer « ce grand bloc populaire de rupture écologique et démocratique » en étant aujourd’hui guidée, certainement pas par un calendrier, mais par « la responsabilité de s’entendre et proposer une alternative crédible ». Après que son départ ait provoqué la fracture des écologistes au sein du Printemps Montpelliérain et apportant ainsi avec d’autres à Nathalie Oziol une étiquette importante de « militants écologistes », Julia Mignacca résume : « À tous ceux qui comme nous sont écoeurés par les petits arrangements politiciens, rejoignez-nous pour faire de Montpellier une ville de résistance écologique et sociale ».

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« Il n’y a eu aucun sujet de blocage »

Un rassemblement qui n’a donc visiblement pas été très compliqué à réaliser d’autant que, comme le précise Nathalie Oziol, « il n’y a eu aucun sujet de blocage ». Logement, jeunesse, quartiers populaires, écologie et démocratie sont ainsi mis en avant. Et si jusqu’à présent, au-delà des histoires personnelles, la gestion des déchets et le CSR constituaient un point de crispation dans ce rassemblement, le sujet, qui n’est plus « un sujet brûlant » sauf à évoquer René Revol, semble aujourd’hui autoriser les protagonistes du jour à faire un pas de côté. « Nous avons dégagé une position consensuelle. Preuve que c’était possible dès le départ » affirme la candidate qui précise : « Le fiasco de la gestion des déchets est dû au Parti Socialiste de Georges Frêche à Michaël Delafosse. Notre choix est de redonner la parole aux habitantes et aux habitants. Nous mènerons une consultation populaire sur toute la gestion des déchets dans la métropole ».

Nathalie Oziol va donc conduire une liste LFI – Génération.s – Cause Commune avec la fierté d’être « 100% sans macroniste » et l’ambition d’être « à l’image de la ville représentative dans les profils, les âges, les quartiers, les forces militantes qui la rejoignent ». C’est ainsi que la tête de liste dit avoir « ouvert le haut de la liste, voire le très haut » aux nouveaux venus. Le Parti Socialiste comme cible et plaçant ces municipales dans « un contexte global », Nathalie Oziol invite à se pencher sur son activité de députée en rappelant notamment les oppositions au budget et les différentes motions de censure. « Pour celles et ceux qui veulent savoir ce que nous ferons, regardez notre action à l’Assemblée nationale et vous saurez ce que c’est que mener la gauche de rupture à l’échelon municipal ». Avec l’ambition de « faire l’Union Populaire et de faire la démonstration que la gauche de rupture est plus que jamais en ordre de bataille et peut l’emporter à Montpellier », Nathalie Oziol convie les militants à deux rendez-vous. Ce vendredi 30 janvier à La Carmagnole pour les vœux de la liste et le 15 février au Dièze pour un meeting avec Jean-Luc Mélenchon. Nul doute que la famille désormais réunie sous la même bannière y sera présente.

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