Les autorités indiennes ont confirmé que deux cas du virus Nipah ont été détectés, en décembre dernier, dans l’État du Bengale-Occidentale, région dans l’est du pays, limitrophe du Bangladesh, du Bhoutan et du Népal. Il s’agit de deux soignants, hospitalisés en soins intensifs.
Cependant, elles assurent que la flambée du virus est maîtrisée. Ce mardi 27 janvier, le ministre indien de la Santé a indiqué que « la situation est constamment surveillée » et que « toutes les mesures de santé publique nécessaires sont en place ». « Des mesures de surveillance renforcée, des tests en laboratoire et des enquêtes de terrain […] ont permis de contenir dans les temps le nombre de cas », a-t-il ajouté.
Le gouvernement indien a ajouté que tous les cas contacts, soient 196 personnes, ont été identifiés, placés en quarantaine et testés négativement.
Qu’est-ce que le virus Nipah ?
Le Nipah, un virus zoonotique identifié pour la première fois lors d’une épidémie des années 1990 en Malaisie, se transmet via les porcs, les contact humain-à-humain ou via les chauves‑souris frugivores des régions côtières et de plusieurs îles de l’océan Indien, en Inde, en Asie du Sud-Est et en Océanie.
Cependant, aucun vaccin n’existe contre ce virus, qui peut provoquer de fortes fièvres, des convulsions et des vomissements. Les sujets infectés peuvent également présenter des symptômes tels que des céphalées, des myalgies (douleurs musculaires), et des maux de gorge, explique l’OMS. Il peut ensuite apparaître des vertiges, de la somnolence, une altération de l’état de conscience et des signes neurologiques évocateurs d’une encéphalite aiguë. « Dans les cas graves, on observe une encéphalite et des convulsions, qui évoluent vers le coma en 24 à 48 heures », est-il indiqué.
« On pense que la période d’incubation (le temps écoulé entre l’infection et l’apparition des symptômes) varie de 4 à 14 jours. Cependant, des périodes d’incubation plus longues, pouvant atteindre 45 jours, ont aussi été observées », précise l’organisation.
Le seul traitement consiste en des soins de soutien visant à contrôler les complications et à maintenir le confort du patient.
Selon l’OMS, le taux de mortalité du virus est estimé entre 40 % et 75 %, ce qui le rend bien plus mortel que le coronavirus. Compte tenu de la forte mortalité potentielle du virus, chaque foyer épidémique fait l’objet d’une surveillance rapprochée.
Les pays voisins restent prudents
Aucun cas du virus n’a été signalé en dehors de l’Inde, mais plusieurs pays asiatiques ont introduit ou renforcé des mesures de dépistage dans leurs aéroports par mesure de précaution. Ces mesures de sécurité ont été mises en place après que des médias indiens ont rapporté, de façon prématurée, une hausse des cas. Les autorités sanitaires ont toutefois déclaré que ces chiffres étaient « spéculatifs et inexacts ».
L’Indonésie et la Thaïlande ont accru le dépistage dans leurs principaux aéroports, avec des déclarations de santé sur l’honneur, des contrôles de température et une surveillance visuelle des passagers arrivant d’Inde. Le Département de lutte contre les maladies de la Thaïlande a indiqué que des scanners thermiques avaient été installés aux portes d’arrivée des vols directs du Bengale occidental à l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok.
Le ministère de la Santé du Myanmar a recommandé d’éviter les voyages non-essentiels vers le Bengale occidental et a exhorté les voyageurs à consulter immédiatement un médecin si des symptômes apparaissent dans les quatorze jours suivant le voyage. Il a ajouté que la surveillance de la fièvre, instaurée pendant la pandémie de Covid‑19 dans les aéroports, avait été intensifiée pour les passagers en provenance d’Inde, avec un renforcement de la capacité de tests de laboratoire et des approvisionnements médicaux.
De son côté, le ministère de la Santé du Vietnam a, ce mardi, appelé à des pratiques strictes de sécurité alimentaire et a demandé aux autorités locales d’accroître la surveillance aux postes frontaliers, dans les établissements de santé et au sein des communautés, selon les médias d’État.
La Chine a déclaré renforcer les mesures de prévention des maladies dans les zones frontalières. Les médias d’État ont rapporté que les autorités sanitaires avaient lancé des évaluations de risque et intensifié la formation du personnel médical, tout en augmentant la surveillance et les capacités de dépistage.
Le Népal a lui aussi pris de nouvelles mesures, en renforçant la surveillance à sa frontière avec le pays et dans ses aéroports.
Flambées de Nipah en 2025
Dans les zones à risque élevé, les flambées du virus Nipah ne sont pas rares. Depuis 1998, des flambées ont été signalées au Bangladesh, en Inde, en Malaisie, aux Philippines et à Singapour, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
En juillet 2025, l’Inde a confirmé quatre cas, dont deux décès, dans deux districts de l’État du Kerala, dans le sud-ouest du pays, une région où des flambées se produisent régulièrement depuis 2018.
Le Bangladesh a également signalé quatre cas du virus Nipah entre janvier et août 2025. La maladie est endémique dans le pays et, depuis la première flambée reconnue en 2001, des infections humaines ont été détectées presque chaque année.
Dans les deux cas, l’OMS a estimé que le risque de propagation internationale de la maladie était faible. L’agence internationale souligne toutefois la nécessité de sensibiliser aux facteurs de risque, aucun médicament ni vaccin spécifique n’étant actuellement disponible contre la maladie liée au virus Nipah.