Par

Juliette Cardinale

Publié le

28 janv. 2026 à 19h17

Il se décrit souvent comme « le plus impatient des Bordelais ». Pierre Hurmic aimerait que les choses aillent « plus vite » mais n’estime pas avoir à rougir de son bilan. Alors qu’il brigue un deuxième mandat, le maire sortant défend un programme axé sur « la confiance » : vivre en confiance, avoir confiance en l’avenir et faire confiance à l’action collective. Son projet présente 300 propositions, établies « avec 200 citoyens bordelais » , et s’inscrivant dans la continuité de sa politique. Interview.

« Ce projet pour Bordeaux qu’on a envie de partager avec les Bordelais, c’est un nouveau projet, même s’il est naturellement lié à la bifurcation qui a été prise en 2020 », lance Pierre Hurmic à actu Bordeaux. « Les Bordelais se sont rendu compte que non seulement on dit ce qu’on fait, on fait ce qu’on dit. Le travail qui a été fait doit être poursuivi. C’est un des impératifs de campagne : il faut jalousement conserver ce climat de confiance qui existe vis-à-vis des maires et celui qu’on a su tisser ici à Bordeaux au cours des six ans de mandat. »

La protection des Bordelais

Pierre Hurmic défend le projet « d’une ville robuste, d’une ville d’avenir, une ville européenne qui continue à être une ville référente en ce qui concerne des politiques innovantes ». Ses mesures sont « équilibrées » pour « réparer la ville au quotidien et préparer la ville au lendemain ». En cohérence du pragmatisme démontré lors du mandat, la moitié concerne des équipements et aménagements de proximité dans tous les quartiers de la ville. Elles sont classées en plusieurs thématiques : la protection, le renforcement des liens et l’adaptation à l’avenir.

La première évoque évidemment la question de la sécurité, qui a été beaucoup critiquée et discutée lors du premier mandat du maire et s’est imposée comme le thème phare de cette élection. « Bordeaux est une ville qui est repérée comme étant assez engagée sur ce terrain. On a terriblement renforcé la police au cours de ce mandat », se défend le premier édile bordelais. Il mentionne alors le contrat de sécurité intégré avec l’État, la création d’une brigade d’appui de sécurisation armée, de brigades de proximité, l’augmentation « significative » des effectifs de la police municipale.

Mais Pierre Hurmic ne compte pas s’arrêter là : « On voit plus de bleu dans les rues et on en verra encore plus dans les années qui viennent. » Mais surtout, la mairie défend « une politique équilibrée qui repose à la fois sur de la prévention et de la répression » en renforçant non seulement les effectifs de la police municipale mais aussi « les équipes de médiation qui sont en amont des actes éventuels de délinquance. »

Défendre le pouvoir d’achat

La « protection » ne se résume pas à la sécurité pour Pierre Hurmic. Le candidat défend une série de propositions pour lutter contre les inégalités « à travers le sport, la culture pour chaque habitant, en s’efforçant d’accompagner les plus démunis de nos concitoyens et en préservant le pouvoir d’achat ».

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L’équipe municipale voudrait notamment continuer l’expérimentation de l’encadrement des loyers, créer 200 places de crèches, amplifier la production de logements sociaux, développer le Bail réel solidaire et étendre le permis de louer à différents quartiers « pour imposer aux propriétaires des travaux de confortement ou de salubrité » pour pouvoir louer leurs biens.

La liste menée par Pierre Hurmic envisage d’étendre la tarification solidaire au stationnement et d’innover avec « un premier centre municipal de santé » dans le quartier des Aubiers et créer une centrale de groupements d’achats pour obtenir des tarifs préférentiels de mutuelles, d’énergie, des vélos électriques… « Ça se fait dans des petites et moyennes villes, une grande ville comme Bordeaux va expérimenter ces nouvelles techniques. »

Autres innovations, la création de son office de commerce et l’expérimentation d’un encadrement des loyers commerciaux pour soutenir les commerçants. « J’ai remis la demande en main propre au ministre en charge du commerce. C’était il y a trois mois déjà, fin octobre, et on n’a toujours pas de réponse. »

Le sport, la culture, la démocratie participative… Autant de domaines qui doivent aussi renforcer les liens avec et entre les habitants. L’équipe de Pierre Hurmic est très « attachée à l’ultra proximité » et envisage de créer 30 quartiers avec des référents au plus près des habitants.

L’écologie, toujours prioritaire

« L’urgence climatique, ça demeure une priorité. On l’a décrétée en 2020, on a travaillé en ce sens et on va continuer », souligne Pierre Hurmic qui veut rendre la ville « plus robuste pour se préparer au choc ». Là, l’équipe liste la résilience, la décarbonation, les mesures d’adaptation au changement climatique, le développement de bio dans les cantines, la solarisation des bâtiments municipaux…

Alors que ses concurrents défendent des idées plus spectaculaires pour les transports, Pierre Hurmic mise sur la poursuite d’encouragement des mobilités douces et sur les moyens existants. « Bordeaux est devenu une ville exemplaire en matière de promotion de la circulation, on a créé beaucoup de pistes cyclables. Si on veut que les gens ne se déplacent pas en voiture, ce qu’il faut ce n’est pas interdire la voiture mais offrir des alternatives à son usage », rappelle Pierre Hurmic.

Métro, passerelle… Pour renforcer le franchissement de la Garonne, le maire actuel soutient plutôt l’ajout d’une ligne de Bato, l’augmentation de la fréquence des trams et des bus sur le pont de pierre… « Il faut faire des propositions réalistes, on est dans une période où les villes sont victimes du désengagement de l’État. Cette année, c’est plus de 8 millions qui vont manquer au budget dans les allocations de l’État. Toutes les propositions qu’on fait sont chiffrées, ce qui nous distingue un peu de nos concurrents. Elles sont tout à fait réalistes, y compris dans les transports. »

Liste renouvelée

Pour défendre ses idées, Pierre Hurmic est entouré d’une liste renouvelée environ à 50 %. Comme en 2020, la liste respecte un quota de 50 % de société civile et 50 % de politiques. « Il faut qu’il y ait un équilibre » affirme le maire.

Les forces politiques restent semblables à celles de 2020, auxquelles il faut ajouter Place publique, le parti mené par Raphaël Glucksmann. Et sur une éventuelle alliance avec LFI, le maire reste ferme. « Il ne faut pas laisser croire qu’à un moment donné on a été alliés. Depuis 2020, LFI a toujours été dans l’opposition municipale, voté contre tous nos budgets et nos politiques phares. La majorité municipale a bien fonctionné, on le dit clairement : on veut continuer. »

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