(Répétition sans changement d’une dépêche publiée mercredi)

par Howard Schneider

La Réserve fédérale
américaine (Fed) a, comme prévu, laissé mercredi inchangé
l’objectif de taux des « fed funds », dans une fourchette de 3,50%
à 3,75%, citant une inflation toujours élevée et une croissance
économique solide.

« L’activité économique a connu une expansion soutenue » tandis
que l’inflation « reste quelque peu élevée », déclarent les
responsables de la banque centrale dans le communiqué publié à
l’issue de leur réunion de deux jours. Le marché de l’emploi « a
montré certains signes de stabilisation », ajoutent-ils.

Cette décision intervient après trois baisses
consécutives du coût d’emprunt, alors que la Fed a lancé en
septembre dernier un cycle d’assouplissement de sa politique
monétaire.

Elle n’a pas été prise à l’unanimité, deux membres du FOMC –
le comité de politique monétaire – s’étant prononcés contre.

Les gouverneurs Christopher Waller, candidat à la succession
de l’actuel président de la Fed, Jerome Powell, dont le mandat
prendra fin en mai prochain, et Stephen Miran se sont opposés à
cette décision et se sont prononcés en faveur d’une baisse des
taux d’intérêt d’un quart de point de pourcentage.

La Fed n’a donné aucune indication sur la date à laquelle
une nouvelle réduction des coûts d’emprunt pourrait intervenir,
précisant que « l’ampleur et le calendrier des ajustements
supplémentaires » dépendraient des données à venir et des
perspectives économiques.

Jerome Powell a déclaré lors d’une conférence de presse à
l’issue de la réunion que l’inflation des dépenses de
consommation personnelle (PCE) de base pourrait s’établir à 3%
en décembre, bien au-dessus de l’objectif de 2% fixé par la
banque centrale.

« Ces chiffres élevés reflètent en grande partie
l’inflation dans le secteur des biens, qui a été stimulée par
les effets des droits de douane. En revanche, la désinflation
semble se poursuivre dans le secteur des services », a-t-il dit.

Si elle souligne que la création d’emplois reste faible,
la banque centrale n’a fait aucune mention de risques de
ralentissement de l’emploi, comme ce fut le cas lors de
précédents communiqués.

L’AFFAIRE COOK, CRUCIALE POUR LA FED

Cette première réunion de la banque centrale américaine en
2026 a été assombrie par les risques pesant sur l’indépendance
de l’institution. Jerome Powell est menacé d’une enquête pénale
par l’administration du président américain Donald Trump, qui
tente également de limoger la gouverneure Lisa Cook.

Interrogé par les journalistes, Jerome Powell a fait
savoir jeudi qu’il avait assisté la semaine dernière à
l’audience de la Cour suprême concernant le limogeage de Lisa
Cook, soulignant l’importance de cette affaire pour la Fed.

« Je dirais que cette affaire est peut-être la plus
importante en 113 ans d’histoire de la Réserve fédérale. Et
après y avoir réfléchi, j’ai pensé qu’il serait difficile
d’expliquer pourquoi je n’y avais pas assisté », a-t-il dit.

La Maison blanche entretient des relations difficiles avec
le patron de la Fed, Donald Trump ayant reproché à plusieurs
reprises à Jerome Powell de ne pas avoir procédé aux baisses
agressives de taux d’intérêt qu’il juge nécessaires pour
relancer l’économie.

Jerome Powell, qui a refusé de dire s’il resterait à la
Fed après la fin de son mandat de président, ou si la banque
centrale avait répondu aux assignations à comparaître concernant
les travaux de rénovation à son siège, a également déclaré qu’il
ne pensait pas que la banque centrale avait perdu son
indépendance et qu’il ne pensait pas qu’elle allait la perdre.

Le patron de l’institution s’est déclaré « fermement
attaché » à cette indépendance, tout comme ses collègues.

Les contrats à terme sur taux d’intérêt tablent
désormais sur une baisse d’environ 46 points de base en 2026,
soit moins de deux réductions de 25 points de base chacune, par
rapport aux 53 points de estimés il y a deux semaines.

Les marchés obligataires restent calmes, avec le
rendement des Treasuries à dix ans

US10YT=RR

gagnant 2,2
points de base à 4,2452%, tandis que celui de l’obligation à
deux ans

US2YT=RR

prend 1 points de base à 3,5793%.

A Wall Street, le Dow Jones

.DJI

restait stable, le
Standard & Poor’s 500

.SPX

grappillait 0,06% et le Nasdaq
Composite

.IXIC

prenait 0,34%.

« La stabilisation du marché de l’emploi et la
persistance de l’inflation ont incité la Fed à attendre de voir
comment les précédentes baisses de taux allaient soutenir la
croissance économique américaine. Le niveau actuel des taux
semble être proche du taux neutre, qui soutient l’emploi tout en
maîtrisant l’inflation », a déclaré Matthias Scheiber, analyste
chez Allspring Global Investments à Londres.

(Howard Schneider, version française Diana Mandiá, édité par
Zhifan Liu)