Cette idée originale – transformer le temps d’un week-end une salle des fêtes en restaurant – a germé il y a quelques mois dans la tête de Yannick et Marine Cioccolini. Le père et la fille se sont tous les deux installés…
Cette idée originale – transformer le temps d’un week-end une salle des fêtes en restaurant – a germé il y a quelques mois dans la tête de Yannick et Marine Cioccolini. Le père et la fille se sont tous les deux installés à Hiesse il y a quelque temps. Marine et Jérémy Gayé son conjoint ont repris un élevage de chevaux, le haras de Gaci, à Hiesse. Et Yannick et Isabelle, ses parents, ont déménagé à deux pas pour leur prêter main-forte.
« Le contact avec les clients et le stress du coup de feu me manquaient. »

Yannick Cioccolini a choisi du vermouth pour flamber ses gambas.
Quentin Petit
Mais avant cette retraite bien méritée, Yannick a travaillé dans la restauration pendant plus de 40 ans. Tenancier d’un hôtel-restaurant d’abord, puis chef de son propre restaurant italien dans le Var, entre Hyères et Toulon. « Je suis très content de ne plus le faire 7 jours sur 7 mais le contact avec les clients, le stress du coup de feu me manquaient », confie Yannick. « La cuisine c’est une passion, alors quand ma fille m’a proposé de reprendre du service de manière occasionnelle, j’ai tout de suite dit oui », sourit ce fils d’Italiens, originaire de Rome, qui sont arrivés en France juste avant sa naissance.
« Ça crée une animation dans notre petite commune. »
« On a eu envie de faire découvrir la cuisine italienne qu’on aime tant et de créer une animation dans notre petite commune de Hiesse au départ », rembobine Marine. C’est là qu’a eu lieu la première du Garibaldi, le 16 décembre dernier. « Et quand on a vu que ça plaisait, on s’est dit pourquoi ne pas le faire dans d’autres communes aussi. » Et c’est à Alloue qu’ils ont remis le couvert ce week-end.

Jérémy Gayé, le conjoint de Marine, assure avec elle le service.
Quentin Petit
« Deux Spritz et deux Hugo s’il vous plaît ». Dès l’apéritif, pris sur des tables hautes ou au bar, on oublie la grisaille de janvier et on voyage en Italie. Dans le fond de la salle, deux panneaux de paysages italiens, sur les tables nappées de rouge trônent de fausses branches de citronniers. L’effort a été fait pour réchauffer l’atmosphère de la salle polyvalente et les grands sourires des hôtes du jour font le reste.
« C’est une amie qui a participé à leur première session à Hiesse qui m’en a dit du bien alors j’en ai parlé à plusieurs amis du village et on est dix d’Épenède à être venus découvrir et passer un bon moment ensemble », décrit Sylvie Guinot, 57 ans, en s’attablant avec sa bande de joyeux lurons. « J’adore la cuisine italienne, je mangeais souvent dans des Italiens à Londres et j’ai été plusieurs fois à Florence », se réjouit Gavin de Calle, 64 ans, Britannique installé depuis trois ans à Épenède « Et c’est l’occasion pour moi de travailler mon français », sourit-il, toujours prêt à amuser la galerie.

Yannick Cioccolini gère les tables une à une comme au restaurant. Entrée, plat, il croise les préparations. Un jeu d’équilibriste sur les cinq feux de la salle des fêtes.
Quentin Petit
« Dans nos petits villages où le dernier restaurant a fermé il y a deux ans, et où il faut faire beaucoup de kilomètres pour trouver un véritable restaurant italien, l’idée est très bonne. Et ça fédère les gens », se réjouit la maire d’Alloue, Nathalie Landrevie, convaincue en regardant l’engouement autour d’elle, pour ce menu à 25€ seulement, entrée, plat et dessert, qui a tellement séduit que le Garibaldi a dû ouvrir ses portes dès samedi soir, le dimanche ayant vite affiché complet à 34 couverts. « À Hiesse aussi, ça s’était très bien passé, avec une trentaine de participants. Ça fait une belle animation, ça crée du lien », complète Yvonne Mesrine, la maire d’Hiesse, venue participer aussi à cette deuxième édition.
« La famille Cioccolini, ce sont nos voisins à Hiesse, mais on avait loupé la première, alors on se rattrape aujourd’hui », décrit Isabelle Merine, 60 ans, venue avec son mari, sa fille, son gendre et ses petits-enfants. En cuisine, le chef lance les entrées. « Scampis, des crevettes italiennes, avec une sauce à la diable, un peu relevée », annonce-t-il en dressant les assiettes. Avant que Marine et Jérémy fassent le service au son de La Felicita, d’Al Bano et Romina Power. « J’ai beaucoup aidé mes parents en salle quand j’étais plus jeune, ça ne se perd pas », sourit la jeune femme, tablier noué sur les hanches.

En entrée, les scampis sauce au diable ont fait fureur.
Quentin Petit
Le tiramisu de la nonna
Puis ce sont les gambas qui flambent au vermouth dans une grande poêle, avant de rejoindre le risotto dans l’assiette. « Avec seulement cinq feux, ce n’est pas facile, mais je m’adapte », assure le chef expérimenté, jonglant avec aisance entre les entrées et les plats.
Le dessert, c’est le fameux tiramisu au café de sa nonna, sa grand-mère, ou une panna cotta fruits rouges pour les enfants, « crémeuse et vanillée, avec très peu de sucre, c’est le secret », confie le cuistot avant d’aller échanger quelques mots avec ses clients du jour à chaque table.
« J’ai adoré la sauce de l’entrée et le chianti (le vin italien, NDLR.) », assure Gavin de Calle, faisant rire sa tablée. « C’était très bien, en quantité et en qualité, et ça change de nos repas du dimanche à la maison », se réjouit Isabelle Merine. « On a une cousinade bientôt à la salle des fêtes d’Hiesse, on va essayer de les embaucher », prévoient déjà Marie-Joseph et Jean-Luc Gundzburger, de Villejoubert.
Les Cioccolini eux prévoient déjà de rouvrir le Garibaldi à Hiesse fin mars, et à Alloue en avril, avec, chaque fois, un menu différent.