Nancy a d’abord été son site d’entraînement. La base depuis laquelle il est parti à la conquête de l’or olympique en 2016, aux jeux de Rio. Des centaines de kilomètres à parcourir la Meurthe, depuis le pôle France – l’élite des rameurs – que le jeune Toulois intègre dès la fin de son lycée en 2012. Nancy a aussi été la ville de ses études, en parallèle de sa carrière sportive, d’abord à l’IUT Charlemagne puis un Master 2 en e-learning pour les sportifs de haut niveau. Nancy s’apprête à devenir pour Pierre Houin le théâtre d’une nouvelle aventure, inaugurée ce samedi 24 janvier par une photo, celle de l’équipe des colistiers de Mathieu Klein, maire de Nancy candidat à sa réélection. Un engagement qu’il mûrit depuis l’arrêt de sa carrière sportive en 2021. « J’ai très vite commencé à envisager de m’investir pour Nancy, puisque les contraintes liées aux sportifs de haut niveau n’étaient plus d’actualité. » Pourquoi Nancy ? « Parce les moments les plus intenses et décisifs de ma vie s’y sont déroulés. J’associe forcément Nancy à mon identité, à l’identité du sportif que j’ai été. Ma vie à Nancy a été rythmée par mes désillusions, mais aussi par mes victoires. J’ai vraiment cette ville dans la peau. J’ai suffisamment vécu et éprouvé Nancy pour, à un moment donné, vouloir mettre un peu de fraîcheur et de dynamisme à son service. »
Et son impatience d’embrasser ce nouveau défi est palpable. Interviewé sur une radio nationale, il avait même lâché cet automne sans y faire attention qu’il serait candidat sur la liste de Mathieu Klein, anticipant une déclaration officielle de candidature de ce dernier. Son côté longueur d’avance de champion…
Avant ces municipales, Pierre Houin, 31 ans, a fait ses armes dans différentes strates du sport : un premier job au sein du Comité régional olympique et sportif du Grand Est où il devient « le chef d’orchestre des politiques sportives au niveau régional » puis au Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, où il est responsable des équipements pour l’aviron et le para-aviron sur le site de Vaires-sur-Marne. Aujourd’hui c’est auprès de l’AEIM, une association engagée dans l’inclusion des personnes en situation de handicap intellectuel, qu’il s’engage. Il commence d’ailleurs cette semaine dans son nouveau poste de chargé de mission pour la création d’une crèche. Un poste « plus sur le médico-social, toujours en quête de sens » explique l’ancien sportif qui vient également de passer le concours d’inspecteur jeunesse & sport. Jeune papa d’un petit Marius de 15 mois, il dit aussi regarder Nancy autrement, attentif à la qualité des services publics et à la vie quotidienne des familles. Sans étiquette revendiquée, issu de la société civile, Pierre Houin explique avoir trouvé chez Mathieu Klein une vision alignée sur la sienne. « Ce qui m’importe, c’est l’utilité publique et la cohésion sociale », insiste celui qui entend travailler sur les questions liées à l’activité physique et sportive, qu’il aborde avant tout sous l’angle de la santé et du bien-être, loin d’une vision strictement compétitive. Même si le maire sortant sollicitera sans doute ses muscles et son énergie pour la campagne à venir.