Si vous levez les yeux vers le ciel ce 1er février, préparez-vous à une illusion d’optique fascinante. Alors que l’hiver bat son plein, le ciel nous offre son spectacle mensuel le plus brillant : la « Lune des Neiges ». Mais cette année, ce n’est pas seulement sa luminosité qui risque de vous surprendre, mais sa taille apparente. Voici tout ce qu’il faut savoir pour profiter de ce phénomène céleste mêlant histoire amérindienne et bizarrerie cérébrale.

Un nom né dans le froid glacial

Pourquoi ce nom poétique ? Il ne s’agit pas d’un caprice moderne, mais d’un héritage historique pragmatique. Dans les années 1760, le capitaine et explorateur Jonathan Carver part à la rencontre de la tribu Naudowessie (Dakota). Dans ses écrits, il note que les peuples autochtones utilisent les cycles lunaires plutôt que le calendrier julien pour se repérer dans le temps.

Ils ont baptisé la pleine lune de février la « Lune des Neiges » (Snow Moon) pour une raison évidente : la météorologie. Selon les archives de l’Almanach du Vieux Fermier, c’est statistiquement le mois où les chutes de neige sont les plus abondantes et les plus lourdes en Amérique du Nord. Cette lune marquait souvent une période difficile, où la chasse devenait ardue et les réserves de nourriture s’amenuisaient, lui valant parfois le surnom plus sombre de « Lune de la Faim ».

Le piège de l’illusion lunaire

Ce 1er février, la Lune atteindra son pic d’illumination précis à 17h09 (heure de l’Est), mais c’est au moment où elle franchira l’horizon, au coucher du soleil, que le spectacle sera le plus troublant.

Les observateurs auront l’impression de voir une lune « géante », bien plus grosse que lorsqu’elle est haute dans le ciel. Attention, la Lune ne s’est pas rapprochée de la Terre ! Vous êtes victime de « l’illusion lunaire ». C’est un tour joué par votre cerveau : lorsque la Lune est proche de l’horizon, votre esprit la compare inconsciemment aux éléments terrestres (arbres, immeubles, collines). Par effet de perspective, elle paraît alors immense. Dès qu’elle monte dans le vide du ciel, sans points de repère, elle semble « rétrécir ».

De plus, l’atmosphère terrestre, plus épaisse à l’horizon, agit comme une lentille déformante. Vous pourrez peut-être observer le bord de la Lune (le limbe) « danser » ou osciller, et voir l’astre se parer d’une couleur plus orangée ou rougeâtre.

super luneCrédit : m-gucci/istock

Le pire moment pour utiliser un télescope ?

D’un point de vue astronomique, la pleine lune se produit lorsque notre satellite se trouve à l’opposé exact du Soleil par rapport à la Terre. La face visible est alors inondée de lumière solaire directe. Techniquement, comme le rappelle la NASA, c’est le seul moment où l’on voit une « vraie » demi-sphère complète.

Pourtant, si vous possédez des jumelles ou un télescope, ce n’est paradoxalement pas le meilleur soir pour les sortir. La NASA conseille aux astronomes amateurs d’éviter la phase de pleine lune pour observer les détails. Pourquoi ? Parce que la lumière du soleil frappe la lune de face. Il n’y a donc presque aucune ombre à la surface. Sans ombres, les cratères et les montagnes perdent leur relief et la Lune apparaît comme un disque plat et éblouissant. Pour voir les cratères en 3D, privilégiez les phases de quartier, où la lumière rasante révèle la topographie lunaire.

Comment l’observer ?

Pour profiter du spectacle ce 1er février, regardez vers l’Est juste après le coucher du Soleil. La Lune des Neiges devrait s’élever près des étoiles de la constellation du Cancer. Même si elle est très brillante, essayez de vous éloigner des lumières de la ville pour percevoir les éventuels halos lumineux créés par les cristaux de glace dans l’atmosphère, un phénomène fréquent lors des froides nuits d’hiver.