Le Tournoi 2026 débute dans une semaine et nous concocte à n’en pas douter des histoires inattendues et des faits marquants, comme chaque année. La prise de pouvoir de Dréan, un Pollock majestueux ou un Depoortere exceptionnel : voici nos prédictions (très) osés sur le déroulé de la compétition.

  • Yanis : L’Écosse va remporter le Tournoi

« Se déplacer trois fois et quand même remporter le Tournoi des 6 Nations ? S’il y a bien une équipe qui peut le faire, c’est cette imprévisible Écosse. Sans cesse décevant lorsqu’il est favori, le XV du Chardon a cette fois des arguments de poids : Finn Russell marche sur l’eau avec Bath, les internationaux des Glasgow Warriors ont montré tout leur potentiel dernièrement et surtout, le calendrier est favorable. Parmi les deux déplacements, il y en a un en Italie et un au pays de Galles. Et comme elle est largement capable de battre la France et l’Angleterre à Murrayfield, pourquoi cette équipe écossaise ne pourrait-elle pas envisager la gloire ? »

Les Écossais font régulièrement office d'outsider

Les Écossais font régulièrement office d’outsider
PA Images / Icon Sport – Jane Barlow

  • Judith : L’Italie s’impose face à l’Angleterre

Un scénario qui rappelle 2022, lorsque les U20 italiens avaient créé la sensation en battant les jeunes Anglais, alors tenants du titre. Les hommes de Gonzalo Quesada, en constante progression depuis deux ans, mettent ainsi fin à une longue série noire face à l’Angleterre. On se souvient qu’en 2024, ils étaient passés tout près de l’exploit au Stadio Olimpico, s’inclinant de justesse 27 à 24, après avoir pourtant mené 17 à 8 à la mi-temps. Une victoire anglaise acquise dans la douleur. Désormais, Gonzalo Quesada dispose de deux années d’expérience supplémentaires avec son groupe. Il a su rendre cette équipe italienne plus pragmatique et plus réaliste, en lui inculquant la patience et la capacité à ne jamais rien lâcher dans les derniers instants.

  • Vincent : Depoortere va terminer meilleur marqueur du Tournoi

« Antoine Dupont ? Louis Bielle-Biarrey ? Non, ce Tournoi 2026 est celui de Nicolas Depoortere. Le Bordelo-Béglais semble avoir gagné la confiance de Fabien Galthié pour disputer cette compétition avec le numéro treize dans le dos. Associé à Yoram Moefana au centre de l’attaque, il peut faire très mal. Depuis de longs mois, Depoortere empile les essais. En novembre, il a inscrit deux doublés avec les Bleus (face aux Fidji et l’Australie). On n’oubliera pas non plus de souligner ses neuf réalisations en Top 14… Avec ces statistiques en tête, je le vois terminer meilleur marqueur de la compétition. Je crois en toi Nico ! »

Nicolas Depoortere est dans la forme de sa vie

Nicolas Depoortere est dans la forme de sa vie
Icon Sport – Daniel Derajinski

  • Manon : Dréan va finir le Tournoi titulaire sur l’aile

« Sur orbite avec Toulon, Gaël Dréan a tapé dans l’œil du sélectionneur. Et même si la concurrence est rude sur l’aile, il ne fait aucun doute que le Breton a toutes les qualités pour jouer à côté d’un joueur comme Louis Bielle-Biarrey. Son profil de jeu se rapproche d’ailleurs énormément de celui du Bordelais avec des pointes de vitesse et des petits par-dessus qui font trembler les défenses. Alors, si Fabien Galthié lui donne sa chance lors de ce Tournoi et que Gaël Dréan saisit pleinement cette occasion en faisant ce qu’il a l’habitude de faire en Top 14, difficile d’imaginer comment il pourrait sortir des plans. Selon moi, Gaël Dréan est largement sous-côté et a une carte à jouer dans ce Tournoi 2026. Reste à voir si le sélectionneur des Bleus osera, vraiment, chambouler sa hiérarchie. »

  • François : l’Italie prend (vraiment) l’eau

« Tout le monde voit l’Italie au plus haut, un résultat historique à venir pour les Azzurri ? Au contraire, les hommes de Gonzalo Quesada pourraient retrouver leur cauchemar du passé : la terrible cuillère de bois. Le calendrier des Italiens est loin d’être simple. La venue des Écossais sera évidemment compliquée à négocier. Puis, les Transalpins se déplaceront en Irlande et en France où la défaite semble promise. La réception d’une Angleterre de retour à un excellent niveau va être plus que compliquée. Ce qui pourrait les amener à une finale pour la cuillère de bois au pays de Galles. Un match loin d’être gagné d’avance qui pourrait même se solder par une cruelle défaite. Alors que tout le monde les voit à leur meilleur niveau, les Italiens vont perdre tout leur match ! »

  • Quentin : L’Angleterre va ramener « le rugby à la maison » avec la Triple Couronne

« L’Irlande, rouleau compresseur connu et reconnu qui va réciter sa partition ? L’Écosse, nation imprévisible dont la génération a atteint son pic ? Le pays de Galles, sur le point de trouver le déclic ? Rien de tout ça ! La Triple Couronne, après avoir été soulevée par le Poireau (2021) et le Trèfle (2022, 2023, 2025) va retourner « à la maison », six ans après. « It’s coming home ! », on entend déjà les chants des supporters vêtus de blanc dans les rues de Londres, le soir du 21 février. Les Anglais, sur les trois premières journées, auront battu aisément les Gallois, donné une leçon de réalisme aux Écossais et montré les muscles face à l’Irlande, dans le match le plus haletant de toute cette édition 2026.

Au-delà de ne se déplacer qu’à Édimbourg, parmi les trois matchs cités, les hommes de Steve Borthwick ont pour eux la dynamique, après deux tournées en 2025 parfaites : sept victoires en autant de matchs. Ce dont ne peuvent pas se targuer les autres nations concernées par ce très prestigieux trophée. De plus, les nouveaux talents émergents ont été parfaitement intégrés au groupe et l’osmose semble optimale. Attention à ce qu’ils ne nous surprennent pas nous aussi… »

  • Tristan : La France colle au moins 100 points aux Gallois

« Ici, on veut du spectacle et des records. Offensivement, cette équipe de France est absolument terrifiante et fait peur à la planète entière. Dans l’optique où l’équipe ne bouge pas trop d’ici le deuxième match, on voit une punition historique des Bleus. Il n’y a qu’à voir l’association Dupont-Jalibert faite de feu et de feu ou la jeunesse vivifiante incarnée par les Moefana, Depoortere, Bielle-Biarrey, Attissogbe ou encore Gourgues, Arfeuil, Dréan. Des attaquants létaux, assoiffés d’essais. En face, c’est une équipe galloise aux abois qui se présente. Pour rappel, cet automne, elle en a pris 50 par les Argentins et les Néo-zélandais et 70 par les Sud-africains. Le record du Six Nations remonte à 2001 et les 80 points des Anglais infligés à l’Italie. Vous croyez vraiment que nos talents français ne vont pas vouloir entrer dans l’histoire ? C’est bien mal les connaître. »

Henry Pollock est l'une des têtes d'affiche anglaises à ce Tournoi

Henry Pollock est l’une des têtes d’affiche anglaises à ce Tournoi

  • Loïc : Pollock prend le pouls de l’Europe

« Si Henry Pollock agace tout le monde, n’est-ce pas avant tout car il est fort ? Très fort même ! S’il se chamaillait avec ses adversaires dans chaque ruck et qu’il célébrait ses essais tout en étant un sombre troisième ligne d’Ealing Trailfinders, personne ne le connaîtrait, exceptés ses deux géniteurs et le tenancier du pub local. Mais voilà, sa tête de poupon surmontée de mèches blondes peroxydées, est désormais bien connue des fans de rugby car le troisième ligne est tout bonnement un des meilleurs joueurs de la planète. Alors, une fois de plus, pendant le Tournoi il plaquera à tour de bras, mettra des adversaires plus solides sur les fesses et demeurera capable de marquer des essais en solitaire. Sa compilation de ses plus belles actions sur le 6 Nations n’aura d’égal que le flot d’insultes qu’il recevra, émanant des tribunes devant lesquelles il réalisera sa fameuse célébration en prise de pouls. Dans le sillage d’une Angleterre retrouvée, il sera logiquement récompensé du titre de meilleur joueur de la compétition. Dès lors, ne se pose plus qu’une question : prévoira-t-il une célébration uniquement pour ses meilleurs ennemis, les Français ? »

  • Pearl : L’Irlande se fait doubler par l’Italie et termine cinquième

« Et si l’Irlande passait complètement à côté de sa compétition, en finissant cinquième comme en 2013 ? Génération vieillissante, cadres dans le dur et de nombreux absents pour ne rien arranger, voilà peut-être l’année de la chute du Trèfle. Et si l’Italie de Quesada était prête à venir enfoncer le clou de leur cercueil ? Des Irlandais, battus logiquement en France et en Angleterre, s’inclineront aussi chez eux face aux Écossais pour la dernière journée. Ils gagneront facilement contre les Gallois et laisseront un double bonus aux Italiens à Dublin. En tout, l’équipe d’Andy Farrell compterait donc 12 points, soit potentiellement un de moins que les Italiens. Un scénario catastrophe qui ne s’est produit qu’une fois dans le format actuel du 6 Nations. Alors, 2026 serait-il le nouveau 2013 ? »