Dans le cadre d’un projet de restauration du Jardin des Plantes et du théâtre des Trois Gaulles, des fouilles archéologiques sont en cours sur le site historique du 1er arrondissement de Lyon.

Saviez-vous qu’il y a plusieurs siècles, l’amphithéâtre des Trois Gaules dominait Lyon ? Installé sur les pentes de la Croix-Rousse, au-dessus du Jardin des Plantes, le théâtre était un lieu de très haute importance. Accueillant d’abord spectacles et jeux de cirque, il a également été le lieu où périrent Les 48 premiers martyrs chrétiens de Gaule en 177 après J-C.

Aujourd’hui, le théâtre autrefois dominant, fait grise mine. Cela au même titre que son voisin le Jardin des Plantes, premier jardin botanique de Lyon. C’est pourquoi la Ville de Lyon a décidé d’entamer un chantier de restauration des deux sites : « C’était un lieu très important à l’époque antique et ces raisons nous ont fait dire qu’il fallait revaloriser ce patrimoine », affirme Sylvain Godinot, adjoint au maire de Lyon délégué au Patrimoine.

Diagnostic archéologique du site

Mais avant tout chantier, le site doit faire l’objet d’un diagnostic archéologique approfondi. L’objectif ? Eviter d’endommager des éléments du site et en apprendre davantage sur l’histoire du lieu, jusqu’alors plutôt méconnue : « Le site avait été dégagé et restauré il y a 50 ans mais la connaissance de l’histoire du site reste presque nulle », explique Sophie François, directrice du service d’archéologie de la Ville de Lyon.

Jusqu’à 2028, le site va donc faire l’objet de travaux archéologiques, permettant de décider de la suite des travaux : « Les sondages vont nous permettre de nourrir le projet d’aménagement futur, savoir quoi faire en cas de quelconque projet », indique Sophie François. Après un long travail de documentation sur le site, les premières fouilles ont ainsi pu commencer la semaine dernière. Au total, sept sondages seront réalisés sur le site pour découvrir ce qu’il s’y cache.

Des découvertes « très intéressantes »

Depuis le début de l’intervention, trois sondages ont déjà été réalisés, permettant de mettre la main sur plusieurs éléments. A quelques mètres du théâtre, a ainsi été trouvée une concentration d’ossements d’animaux appartenant à huit espèces sauvages différentes : « Ces ossements appartiennent à des sangliers, des cervidés, des lièvres, des fouines, voire peut-être même à une panthère », indique Aurélien Creuzeux, archéologue à la Ville de Lyon.

Treize ossements d’ours ont également été trouvés au même endroit : « Entre 150 et 200 après J-C, ces animaux étaient utilisés pour les jeux de chasse ou de combat de l’amphithéâtre », explique l’archéologue. Trouvés la semaine dernière, ces éléments sont la première preuve que ce type de jeux était organisé à l’amphithéâtre des Trois Gaules.

Seconde découverte intéressante : celle d’une tuile recouvrant un squelette de chien à 30 mètres du théâtre : « Il s’agit d’une petite chienne de 23 cm qui a été inhumée en dessous de cette tuile par ses propriétaires », précise Aurélien Creuzeux. En parallèle, des traces d’incendies, datant des années 120-130 après J-C, et un massif pouvant résulter d’une esplanade ont également été découverts sur la zone de fouilles : « Pour dater nos trouvailles nous utilisons la vaisselle ou les pièces retrouvées lors des fouilles », explique l’archéologue.

Ossement archéologie théatre des Trois GaulesCertains des ossements retrouvés lors des premiers sondages.

Squelette de chien amphithéâtre des Trois GaulesUn squelette de chien a également été retrouvé sur le site.

« Nous pouvons imaginer un théâtre comme celui de Fourvière »

Une fois le diagnostic établi fin 2028, d’éventuels travaux de restauration pourront être entrepris sur le prochain mandat : « Si nous nous mettons à rêver, nous pouvons imaginer un théâtre comme celui de Fourvière, qui accueille des événements », imagine Sylvain Godinot. Des nouveaux végétaux devraient quant à eux être bientôt plantés pour refleurir le Jardin des Plantes.

En attendant, des visites de sondage seront organisées à partir du mois de février. L’occasion pour le public de découvrir les coulisses de l’archéologie lyonnaise.

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