Un mémorial improvisé pour rendre hommage aux victimes de l’incendie qui a ravagé le bar Le Constellation à Crans-Montana dans la nuit du 1er janvier 2026.

FABRICE COFFRINI / AFP

Un mémorial improvisé pour rendre hommage aux victimes de l’incendie qui a ravagé le bar Le Constellation à Crans-Montana dans la nuit du 1er janvier 2026.

De nouveaux hommes poursuivis dans cette affaire. Le ministère public du Valais, qui enquête sur l’incendie meurtrier de Crans-Montana en Suisse, a ouvert une instruction pénale contre un ancien chargé de sécurité de la commune, a révélé ce mercredi 28 janvier la télévision suisse publique RTS. Un peu plus tard dans la matinée, BFMTV a révélé qu’une quatrième personne, l’actuel chargé de sécurité de la mairie, allait aussi être entendu le 6 février.

La première personne mise en cause est un ex-responsable de plusieurs contrôles incendie dans le bar de Crans-Montana, où 40 personnes ont trouvé la mort et 116 autres ont été blessés la nuit du nouvel an. Il doit être auditionné le 9 février, selon la RTS, qui ne précise toutefois pas les charges retenues contre lui. Son avocat a confirmé l’information à la RTS.

Cet ex-chargé de sécurité a effectué deux « rapports d’inspection » du Constellation, en 2018 ou 2019, qui révèlent de nombreux « manquements à la sécurité », pointe BFMTV. Par exemple, les inspections notent que les portes d’entrées ne s’ouvrent pas vers l’extérieur et qu’il n’y a pas d’extracteur de fumée. La mousse anti-phonique, pointée comme responsable dans l’incendie mortel, n’est, elle, pas mentionnée dans les rapports.

La libération de Jacques Moretti dénoncée en Italie

L’incendie du bar Le Constellation, qui a principalement frappé des adolescents et de jeunes adultes dont des Français et des Italiens, a été provoqué selon l’enquête par les étincelles de bougies « fontaine » qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol de l’établissement.

L’enquête devra lever le voile sur les circonstances exactes de l’incendie, le respect des normes par les propriétaires et les différentes responsabilités, alors que la commune de Crans-Montana a notamment reconnu avoir failli à effectuer des contrôles sécurité et incendie dans l’établissement depuis 2019. Ces contrôles doivent être effectués tous les ans.

En tant que propriétaires de l’établissement, un couple de Français, Jacques et Jessica Moretti, font l’objet d’une instruction pénale pour « homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence ».

Jacques Moretti a été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré le 23 – après le paiement d’une caution – et placé comme son épouse sous mesures de contrainte.

La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a exprimé samedi sa « vive indignation » après sa libération. Et le gouvernement italien a exigé lundi la mise en place d’une équipe conjointe d’enquêteurs. Tant que cette condition ne sera pas remplie, Rome a prévenu que son ambassadeur en Suisse, rappelé samedi en signe de protestation après la libération de Jacques Moretti, ne reprendrait pas ses fonctions sur place.

Épreuves de la Coupe du monde à Crans-Montana

Le gouvernement suisse a discuté mercredi des critiques formulées par l’Italie. « Il comprend le choc que cette catastrophe a également provoqué en Italie. Il partage la demande d’une enquête approfondie et professionnelle sur les causes et les responsabilités de l’accident », a déclaré la porte-parole du gouvernement suisse, Nicole Lamon, aux journalistes, après la réunion des ministres.

Elle a indiqué que la Suisse a reçu la demande d’entraide judiciaire italienne le 13 janvier et l’a transmise le lendemain au ministère public valaisan. Ce dernier entend se prononcer « d’ici à la fin de cette semaine sur cette demande italienne », a indiqué Nicole Lamon.

Une délégation de skieuses italiennes est venue se recueillir mercredi à proximité du bar Le Constellation avant les épreuves de Coupe du monde, qui débutent vendredi à Crans-Montana et qui seront aussi marquées par des moments de silence.