L’Union européenne (UE) semble enfin décidée à franchir le pas. Comme voulu par la France et l’Italie, l’UE s’apprête à inscrire ce jeudi sur sa liste des « organisations terroristes » les Gardiens de la révolution islamique, bras armé idéologique du régime iranien. En cause notamment, la violente répression du mouvement de protestation qui secoue le pays, qui a coûté la vie à plusieurs milliers de personnes.

Une proposition pas nouvelle, déjà mise sur la table par le passé, mais qui n’avait pas pu aboutir faute d’unanimité : un accord des 27 est en effet nécessaire dans ce genre de cas. Ces Gardiens de la révolution, décrits par l’historien spécialiste de l’Iran Jonathan Piron comme un « État dans l’État » dans nos colonnes, possède une influence « dans les entreprises, l’industrie et même certaines institutions culturelles ou sportives » du pays.

Gel des avoirs, pas d’accès au territoire de l’UE…

Si le consensus européen se confirmait, les Gardiens de la révolution rejoindraient 22 groupes et entités sur la liste des organisations terroristes de l’UE, comme le Hamas et le Djihad islamique. Selon le Conseil européen et le Conseil de l’Union européenne qui sont en charge de cette question, treize personnes sont également sanctionnées.

Très concrètement, « toutes les personnes, tous les groupes et toutes les entités figurant sur la liste en matière de terrorisme font l’objet de mesures concernant : le gel des fonds et des avoirs financiers et la coopération policière et judiciaire en matière pénale », indiquent les instances européennes. « De plus, aucun fonds, aucun avoir financier ni aucune ressource économique ne peut être mis directement ou indirectement à la disposition de ces personnes, groupes et entités », est-il également précisé.

De même, comme indiqué sur X mercredi soir par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, « l’accès au territoire européen » sera interdit aux personnes concernées et « leurs actifs seront gelés ».

Selon une analyse publiée sur le sujet en janvier 2024 par l’Institut d’études sur la sécurité nationale de Tel-Aviv (Israël), une telle mesure revêt également une portée symbolique « considérable ». « Il s’agit d’un message adressé aux autorités iraniennes : l’Europe ne tolérera pas la poursuite de l’implication iranienne dans le terrorisme » notamment sur son sol, écrit l’institut.

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Ce dernier note aussi que les répercussions « pratiques » d’un tel placement seraient limitées « compte tenu des sanctions économiques importantes déjà imposées » aux Gardiens de la révolution. De fait, ces derniers font déjà l’objet de sanctions de la part de l’UE depuis 2021, en réaction aux violations des droits humains. Au total, quelque 230 personnes parmi lesquelles plusieurs ministres et une quarantaine d’entités ont déjà été sanctionnées par l’UE.

À l’échelle internationale, les Gardiens de la révolution sont placés sur la liste des organisations terroristes aux États-Unis depuis 2019. C’est aussi le cas au Canada depuis 2024.