Âge pour arrêter l’alcool : pourquoi la question bouscule nos
habitudes

En France, l’alcool est une évidence sociale, du vin de table
aux apéritifs, mais l’addition sanitaire est lourde. En 2016, l’OMS
a attribué à l’alcool 3 millions de morts, soit
5,3 % de la mortalité mondiale, avec 29 % dus à des blessures, 21 %
à des maladies digestives, 19 % cardiovasculaires, 13 %
infectieuses et 12 % à des cancers. Face à ce bilan, la question de
l’âge pour arrêter l’alcool ne relève plus d’un
simple débat de mœurs.

Car l’alcool n’abîme pas seulement le foie. Il agit sur le
système nerveux comme une neurotoxine directe,
avec des impacts sur la mémoire, l’attention et l’équilibre. Plus
on avance en âge, plus ces effets se cumulent avec les fragilités
naturelles du cerveau. Un neurologue de référence a fixé un seuil
précis pour couper court à l’ambiguïté. La suite surprend.

Alcool et cerveau après 60 ans : des fragilités qui
s’accentuent

À partir de la cinquantaine, le cerveau change : le nombre de
neurones diminue, le flux sanguin cérébral se tasse, et il perd
environ 2 % de son poids par décennie. Résultat, la réserve
cognitive se rétrécit, l’attention fatigue plus vite, l’équilibre
devient plus fragile. Si l’alcool s’y ajoute, les neurones
encaissent davantage. Ce terrain favorise des troubles marqués,
jusqu’au syndrome Wernicke-Korsakoff chez les
buveurs au long cours.

Il est formel : « Je suggère fortement aux personnes âgées de 65
ans ou plus d »éliminer complètement et définitivement l’alcool de
leur régime alimentaire », a confié le Dr Richard Restak au journal
The Sun. Neurologue et auteur de Comment prévenir la démence :
guide d’un expert sur la santé cérébrale à long terme, il
pointe un risque accru après 65 ans : une carence
en thiamine (vitamine B1) favorisée par l’alcool et à l’origine de
pertes de mémoire massives.

65 ans, l’âge charnière fixé par le Dr Richard Restak

Le syndrome Wernicke-Korsakoff combine
atteintes neurologiques et amnésies sévères. Dans les formes
avancées, la marche se dégrade, la confusion s’installe, puis la
mémoire s’effondre au quotidien. Les sources médicales rappellent
qu’une partie de ces dégâts tient à la carence chronique en
vitamine B1 liée à des consommations prolongées. Et surtout qu’ils
auraient pu être évités si l’arrêt intervenait à temps chez les
plus âgés.

Au-delà du cerveau, l’alcool pèse lourd sur la santé générale.
Les risques comprennent des cancers de la bouche, de la gorge, de
l’œsophage, du côlon‑rectum et du foie, mais aussi des maladies
cardiovasculaires graves et des cirrhoses. S’ajoutent des troubles
psychiques comme la dépression, des crises d’épilepsie chez
certains, et des drames évitables sur la route. Chaque année, des
vies basculent sous l’effet d’une ivresse qui anesthésie le
discernement.

Et avant 65 ans, quelle consommation
d’alcool reste acceptable ?

Et avant cet âge, où placer le curseur ? Boire plus de deux
verres par jour pour une femme et plus de trois pour un homme est
un facteur de risque important pour ces cancers. Pour les femmes,
même moins d’un verre par jour fait grimper le risque de
cancer du sein. Autrement dit, l’addition se paie
d’abord en probabilité de maladie, qui augmente avec la dose et la
durée d’exposition.

Dans les faits, beaucoup s’interrogent surtout sur leurs
habitudes : apéritifs fréquents, verre du soir, grands repas.
Réduire la fréquence, alterner avec des boissons sans alcool,
planifier des journées à zéro verre aide déjà à protéger mémoire et
équilibre. Puis, passé 65 ans, s’en tenir à l’abstinence, comme le
propose le Dr Restak, devient un choix de prudence pour le cerveau.
Une boussole simple, utile au quotidien.