En 2026, les restaurants ne se contentent plus de bien cuisiner
: ils se vivent autant qu’ils se dégustent. Brasseries Art déco
réinventées, bistrots français au charme assumé, comptoirs designs
pensés comme des capsules futuristes… Les adresses les plus
désirables redonnent au décor une place centrale dans l’expérience.
Ici, la lumière sculpte les volumes, les matières racontent une
histoire, et chaque détail participe à l’atmosphère. Entre héritage
revisité et audaces contemporaines, ces restaurants font du beau un
ingrédient à part entière, et signent les lieux où l’on aura envie
de s’attabler sans attendre.

NOBISAN


<p>Nobi-San/ Temaki Bar</p>

© MAKI
MANOUKIAN

En plein cœur de la rue de Turenne, NOBISAN se
révèle dans un écrin épuré qui nous transporte instantanément au
Japon en éveillant tous les sens. Pensé par
l’architecte Will McGrath et le studio de
Sandrine Amar
, le lieu, installé dans un angle classé au
patrimoine, célèbre les matières brutes et l’artisanat sur mesure :
comptoir noir brut, tabourets en bois grisé, ciel de bar
sculptural
. À l’étage, une salle intime baignée par la
lumière douce des suspensions signées Lucas Zito prolonge cette
atmosphère feutrée. La déco nipponne minimaliste
se prolonge à travers l’art de la table, où des
céramiques
poétiques de Caroline Petit, jouent sur les
harmonies de bois, de pierre et de métal.

Côté assiette, le temaki est à l’honneur. Ici,
chaque pièce est déposée sur une porcelaine immaculée comme un
bijou culinaire. On y déguste des « roulés » aux algues
croustillantes issues d’une maison japonaise ancestrale, riz
vinaigré parfaitement assaisonné et poissons crus d’exception
(saumon tendre, thon toro fondant, daurade parfumée, crevettes
iodées…) : un jeu de textures délicat, relevé
au choix d’avocat ou de caviar Volzhenka. Une vision contemporaine
et raffinée de la street-food tokyoïte dont on ne se lasse
jamais.

Mumbai Café


<p>restaurants-design-paris-mumbai</p>

© The Travel
Buds

Avec Mumbai Café, le trio du Tandoor Club signe
une adresse qui réinvente les irani cafés emblématiques de Bombay.
Imaginé avec
Dorénavant Studio,
l’espace de 240 m² puise autant dans
l’Art déco parisien que dans celui, foisonnant, de
Mumbai. Bois chaleureux, rouges et orangés profonds,
touches de vert sapin et sol en granito
composent un décor
baigné de caractère. Au centre, un bar en marbre majestueux
s’inspire du cinéma Eros de Mumbai, clin d’œil direct au Rex
parisien. Tableaux, miroirs, panneaux de bois découpé et
ventilateurs chinés
à Chor Bazar parachèvent cette
ambiance franco-indienne raffinée.

Le voyage à la Wes Anderson à bord du
Darjeeling Limited, se poursuit dans l’assiette. Le chef Eqbal
Hossain signe une carte réconfortante et parfumée : Tandoori Jhinga
aux gambas grillées et sauce onctueuse, chou-fleur tandoori relevé
de quinze épices, Butter Chicken fondant déjà iconique, et le Salli
Botti, curry d’agneau mijoté coiffé de pommes paille
traditionnelles. En final, un Gulab Jamun revisité façon baba au
rhum et des Chai profiteroles prolongent le voyage. Une adresse
immersive, élégante et pleine d’âme.

Café Nuances


<p>restaurants-design-paris-nuances</p>

©
DR

Nouvelle adresse pour Café Nuances, qui pose ses valises dans le
Marais avec un changement de décor notable. Après
des boutiques colorées aux accents rétro imaginées par le collectif
Uchronia, les fondateurs Charles et Raphaël Corrot
ont fait appel à Harry Nuriev, figure du design contemporain et
créateur de Crosby Studios. L’architecte
d’intérieur y appose une patte plus expérimentale, dans une
ambiance futuriste où le brut prédomine.

Teintes sanguines, éclats métalliques, mobilier
sculptural
évoquant des gobelets froissés : un décor
inédit et audacieux, sublimé par un comptoir
central qui structure l’espace. Au menu ? Les classiques flat
white, americano ou latte, mais aussi des boissons signatures comme
le latte choco-coco ou le matcha au jasmin. Une nouvelle adresse
qui confirme la volonté du duo de réinventer le café parisien.

Liza à l »hôtel Panache


<p>restaurants-design-paris-liza</p>

©
DR

Avec son installation à l’Hôtel Panache, Liza
apporte au bouillonnant quartier des Grands Boulevards un souffle
venu de Beyrouth, mêlant l’élégance libanaise à l’énergie
parisienne. Après le succès de sa première adresse près de la
Bourse, elle déploie ici son univers chaleureux, solaire et
profondément généreux : une table qui raconte une histoire de
partage, écrite entre deux villes et deux cultures.

Le décor, pensé comme un pont entre Beyrouth et Paris, joue la
carte de l’élégance discrète : vaisselle
artisanale
, matières naturelles, lignes contemporaines et
objets choisis qui célèbrent le talent des designers libanais.
Parmi eux, l’iconique éléphant volant, mascotte
poétique imaginée par l’artiste Maria Ousseimi,
plane au-dessus du lieu comme une signature joyeuse.

En cuisine, le chef Jean Fares revisite la
tradition libanaise avec fraîcheur et créativité. Crudo de sériole
au yuzu, kebbé mechwiyé, crevettes en
ossmalié
, hommos soyeux ou encore tacos d’agneau
confit
composent une carte vivante, pensée pour être
partagée.

Kimono


<p>restaurants-design-paris-kimono1</p>

© Pierre Lucet
Penato

Après Blueberry et Steam Bar, les sœurs Vaconsin signent un
nouveau bistrot
japonais
au charme follement parisien : Kimono. Pour
imaginer l’identité du lieu, l’architecte Gabriel
Pistre
(Studio Boxwood) s’est inspiré des bistrots de
Montparnasse des années trente et des estampes de
Foujita, comme si l’adresse avait traversé les
époques sans perdre son élégance. Niché à l’angle de la rue du
Cherche-Midi, le restaurant s’organise autour d’un comptoir
central
de douze places habillé de carreaux colorés et
surmonté d’un coffrage ondulé. Les murs décapés dévoilent briques
et colombages d’origine, tandis que le plafond rouge diffuse une
chaleur enveloppante. Les banquettes en cuir
répondent aux tables en bois poncé et aux suspensions rétro :
un décor qui oscille entre héritage du quartier et influences
japonaises pour donner lieu à un bistrot tokyoïte
authentique.

Le voyage à la croisée des cultures se prolonge dans
l’assiette
sous la direction du chef japonais
Masahiro Moriya, épaulé par la cheffe exécutive
Flora Mikula. Au déjeuner, Kimono réinvente le
bento : non pas en boîte compartimentée mais en un
plateau élégant où se nichent de petits bols en céramique colorée.
Bento du jour, Onigirazu façon street-food ou
encore Poulet Katsu à la sauce tonkatsu maison
composent des assiettes généreuses accompagnées d’un onigiri, d’un
œuf poché, d’un bouillon dashi et d’une salade de crudités. En
signature, la Futosoba, nouille épaisse imaginée
par la maison, oscille entre la générosité de l’udon et les notes
torréfiées de la soba. Côté desserts, la cheffe pâtissière
Ceidgie Saïdi joue l’équilibre juste entre douceur
japonaise et gourmandise française avec un dôme
chocolat–sobacha
au praliné fondant, un
mille-crêpes sobacha, et une sélection de glaces
maison : sésame noir, fraise-yuzu ou sudachi.

Les Capucines



© Alice
Casenave

Face à l’Olympia, à deux pas de l’Opéra Garnier,
Les Capucines a retrouvé tout son éclat. Repris en
2024 par l’entrepreneur Thomas Saier, ce lieu historique ouvert en
1985 a été repensé sans trahir son esprit. En cinq mois de travaux
orchestrés par le Cabinet Lafond, le restaurant a été transformé en
une brasserie de caractère, hommage à l’âge d’or
des salles parisiennes. Dès l’entrée, un plafond habillé d’ampoules
évoque les cinémas des années 30. Au rez-de-chaussée, carreaux
colorés, boiseries, vitrines et guéridons composent un décor
théâtral. À l’étage, l’ambiance se fait plus feutrée : velours
rouge bordeaux, banquettes profondes, jeux de lumière dorée. Le
soir, les bougies accentuent l’intimité de la salle, comme dans un
salon secret où le temps s’arrête.

Côté cuisine, le chef Karl Lacelle
signe une partition française de tradition. Tout est fait maison :
sole meunière au guéridon, tartare minute selon l’envie du convive,
gratinée à l’oignon, ou encore l’omelette norvégienne flambée à
table. “La cuisine des Capucines s’engage dans une vision
française vraie, précise, généreuse », mention spéciale pour la
carte des desserts ! Du petit-déjeuner au dîner jazz du vendredi
soir, Les Capucines réconcilie spectacle et
gastronomie, avec un service au summum et une élégance rare qu’on
croyait perdue à Paris.

Charly



© JOHANNA
ALAM

Institution parisienne depuis les années 60,
Charly réinvente aujourd’hui son identité
culinaire tout en puisant dans ses racines. Connu autrefois sous le
nom de Charly de Bab el Oued, puis La Maison de Charly, ce
restaurant familial situé Porte Maillot s’ouvre désormais à toutes
les rives de la Méditerranée. À l’origine de ce
tournant, le chef François Lucchesi-Palli, passé par Le Sud,
insuffle à la carte des idées généreuses et hautes en saveurs.

Le décor, sous une verrière spectaculaire ornée de
deux oliviers majestueux, continue de convoquer l’âme d’un riad
parisien. Les plats racontent eux aussi une histoire familiale.
Tajines parfumés, recettes revisitées, mezzés généreux… chaque
assiette évoque un souvenir de fête, un jardin rempli de convives
et des parfums d’oliviers.

Le Café de l’Esplanade


Le Café de l’Esplanade se refait une beauté

© Yann
Deret

Face aux Invalides, dans le très feutré 7ᵉ
arrondissement,
le Café de l’Esplanade
cultive depuis 2000
l’élégance. Fondé par Isabelle Saglio, le lieu célèbre aujourd’hui
vingt-cinq ans de constance et de fidélité à l’esprit du quartier.
Le décor puise dans l’histoire militaire du voisinage. Banquettes
en velours vert émeraude, lumières tamisées, matières sourdes :
tout concourt à créer un sentiment d’intimité. On y croise une
clientèle fidèle, politique ou discrètement mondaine. “Une
élégance discrète, une régularité dans la qualité du service et une
exigence sans ostentation”, résume sa fondatrice.

La carte, quant à elle, dévoile des classiques du
genre tout en s’autorisant quelques escapades plus lointaines. À
côté d’une sole meunière ou d’un tartare de bœuf, on trouve un
saumon miso-gingembre, une Tom Yam Sea Bass ou encore un cocktail
signature, la Bella Isabella. Le lieu réussit à faire coexister
raffinement parisien et petites touches d’ailleurs. Une table
d’équilibre, précieuse et rare, qui semble traverser le
temps…