À l’approche des élections municipales de 2026, Maritima donne la parole aux maires du territoire. Benoît Payan, maire de Marseille, revient sur un mandat marqué par des crises mondiales et une situation financière locale complexe. Entre la rénovation urbaine et son combat contre le Rassemblement National, l’édile marseillais livre un bilan sans concession au micro de Didier Gesualdi.
« On n’a pas trouvé une mairie, mais les 12 travaux d’Hercule. » C’est par cette métaphore que Benoît Payan résume son arrivée à l’Hôtel de Ville en 2020. Pour le maire de Marseille, les six dernières années ont été une course contre la montre, entravée par la pandémie, la guerre en Ukraine et une inflation qui a lourdement pesé sur les chantiers municipaux, notamment la construction des écoles.
Un héritage financier sous haute tension
Interrogé sur l’état de la ville à sa prise de fonction, Benoît Payan ne mâche pas ses mots :
« Rien ne fonctionnait, rien n’allait. Il n’y avait que des trous dans les caisses. On s’est demandé par où on allait passer. » L’édile souligne avoir dû renégocier des prêts qui n’avaient pas été revus depuis 20 ans, payant parfois des taux trois fois supérieurs au prix du marché.
Cette gestion de « bon père de famille » visait, selon lui, à redonner une capacité d’action à la ville sans tomber dans l’austérité, tout en gérant un déficit « extrêmement important ».
1,1 milliard d’euros pour la rénovation urbaine
La grande fierté du maire reste l’obtention de crédits massifs auprès de l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine). « Pour la première fois dans l’histoire de la ville, nous avons obtenu plus d’un milliard cent millions d’euros. Il y a 15 ans, la droite avait eu 400 millions, mais elle a oublié de faire les travaux et l’ANRU a repris l’argent. »
Face aux critiques de l’opposition qui l’accuse de ne pas engager les crédits, Benoît Payan dénonce des « fake news » et compare les méthodes de ses adversaires au « Trumpisme » : « On est en train de tomber dans la fange de la politique. Il n’y a plus que de l’insulte et du mensonge. »
Le Rassemblement National : « Le plus grand danger »
Pour Benoît Payan, le véritable adversaire pour 2026 est clairement identifié : le Rassemblement National.
« Cette ville, par son ADN et son histoire, ne peut pas tomber dans les mains du RN. C’est une ville qui s’est fabriquée par l’apport successif de personnes venant d’ailleurs », rappelle-t-il, évoquant ses propres origines italiennes qu’il partage avec son opposant Franck Allisio.
« Si le grand-père de Franck Allisio ou le mien arrivaient aujourd’hui, ils ne pourraient pas entrer en France avec les idées qu’il défend », tacle-t-il, appelant à ne pas diviser les Marseillais selon leur quartier ou leur couleur de peau.
Municipales 2026 : « Je trace ma route »
Malgré une campagne qu’il anticipe comme violente, Benoît Payan affirme rester concentré sur sa mission. Il se félicite du ralliement récent d’Amine Kessaci à ses côtés et promet de dérouler son plan de propositions dans les semaines à venir.
« Je ne descendrai pas dans le caniveau. Je suis maire de Marseille, j’ai une mission, un rôle, et je m’y tiendrai jusqu’au bout », conclut-il avec détermination.