Avec des standards largement revus à la hausse et un contexte bien plus favorable, Perpignan a éloigné potentiellement sa plus grande menace que représentait Montauban pour son maintien en Top 14 samedi dernier. De quoi envisager mieux pour la suite ?
Malgré le déluge de la semaine dernière où l’Usap s’est affranchie avec autorité des Sapiacains dans son antre du Stade d’Aimé-Giral, qu’il était loin le temps des atermoiements permanents et de la sinistrose qui s’étaient durablement installés en début de saison. Non, ce n’est assurément plus la même équipe, conditionnée désormais par des préceptes tactiques adaptés et surtout, des joueurs alignés sur le discours et la méthode proposés par Laurent Labit et son staff. Plusieurs déclics sont survenus graduellement et les Usapistes ont pu corriger le tir tant dans le contenu que par le rétablissement de leur classement, c’est factuel.
La fin de la convalescence ?
S’il est peut-être cavalier de songer à une fameuse remontada, le titre se veut provocateur, mais il n’est pas dénué de sens non plus. On évoque toujours la dynamique, la capacité d’une formation à se prendre en main, et les temps de passage sur le jeu et sa concrétisation. Voilà trois marqueurs sur lesquels les Catalans ont sacrément accentué leur niveau, invitant à suggérer autre chose dans un avenir pas si lointain. Le deuxième ligne Adrien Warion donnait son sentiment : »On bosse pour cela, on a accumulé de la confiance ces dernières semaines. On se testera encore ce week-end, cela passera par des remises en questions de notre part. On sait que l’on doit chercher du résultat à l’extérieur, que l’on monte relativement en puissance. Continuons à être soudés, d’avoir cet esprit tous ensemble. Cela fait du bien de voir l’équipe reprendre le sourire ».
Longtemps contraints au bricolage ou de puiser dans des formules expérimentales causées par des blessures, les Perpignanais bénéficient d’une profondeur bien plus fournie et variée. Les renforts de Benjamín Urdapilleta et Hugo Reus ont soulagé le poste face à une certaine pénurie, même si l’infirmerie a accueilli des pensionnaires importants comme Ignacio Ruiz, Antoine Aucagne, Joaquín Oviedo, Jordan Petaia ou Eneriko Buliruarua. Hugo Reus justement a perçu cette possibilité : »Depuis que je suis arrivé, il y a un regain d’énergie. Nous comme les supporters. Je suis surpris de cette ferveur d’ailleurs, elle nous porte. On doit de notre côté gérer les temps forts et ceux plus faibles. La force de l’Usap c’est le jeu, et si un moment donné, c’était peut-être trop vu de l’extérieur, il y a une forme d’alternance à trouver pour gagner des points et poursuivre sur cette lancée. »
Lutte à distance avec Lyon ?
Pourtant, c’est toujours dans ces moments que s’affranchissent certains leaders par leurs comportements sur le pré ou bien par l’influence qui rejaillit dans un vestiaire. Si Perpignan va mieux, c’est aussi parce que des garçons comme Jamie Ritchie, Peceli Yato, Aliveriti Duguivalu, Lucas Velarte, ou même Giorgi Tetrashvili et bien d’autres ont selon leurs compétences, hissé toute l’équipe. Nicolas Mas, entraîneur de la mêlée catalane apprécie cette augmentation du niveau : »La confiance est là, mais c’est fragile car on revient de loin. Je crois que nous sommes encore convalescents. Concernant mon secteur, c’est vrai que sur quelques matchs, on valide pas mal de choses. Il faut s’adapter ensemble, ainsi qu’au contexte, mais la marge de travail est énorme avec un groupe qui est à l’écoute. »
Actuellement, quatorze points séparent les sang et or du LOU, sachant que les Catalans avaient mordu la poussière sur la phase aller (44-19), et que les Rhodaniens viendront rendre visite aux hommes de Laurent Labit au mois de mars. Le scénario étant loin d’être écrit définitivement alors que Perpignan tentera de se sauver sans passer par l’éternel access match fréquemment destiné depuis plusieurs saisons.