Roland Lescure évoquait les critiques lancées la veille par le président du Rassemblement national au sujet de l’acquisition d’un fabricant aéronautique français, LMB Aerospace, par un groupe américain.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure a affirmé jeudi n’avoir «de leçon de souveraineté à recevoir de quiconque», notamment de Jordan Bardella, «qui n’a jamais mis les pieds dans une entreprise». Roland Lescure, qui s’exprimait devant l’Association des journalistes économiques et financiers à Paris, évoquait les critiques lancées la veille par le président du Rassemblement national au sujet de l’acquisition d’un fabricant aéronautique français, LMB Aerospace, par un groupe américain.
«Je n’ai certainement pas de leçon de souveraineté à recevoir de quiconque», a lancé le ministre. «Ni de Jordan Bardella, qui n’a jamais mis les pieds dans une entreprise, et qui défend le grand capital le lundi, pour mieux le taxer le mardi», a-t-il poursuivi. «Ni de Jean-Luc Mélenchon, j’ai lu ça hier, c’est quand même fort de café, qui m’a qualifié de traître à la Nation, alors que dans la foulée, il appelle à la réouverture de Nordstream et des importations de gaz russe en Europe», a aussi dit le ministre.
«Les capitaux privés ont un rôle à jouer»
«L’économie dans laquelle nous souhaitons être, c’est une économie qui reste ouverte, mais qui est extrêmement exigeante», a-t-il expliqué. «L’économie dans laquelle nous souhaitons être, c’est une économie dans laquelle les capitaux privés ont un rôle à jouer. Je sais bien que Jean-Luc Mélenchon voit l’économie française comme une économie à nationaliser. Ce n’est pas mon cas, et je continuerai à l’affirmer», a-t-il conclu.
Jordan Bardella dénonçait mercredi une «grande braderie» des entreprises françaises, alors que «le réarmement de la France est une nécessité vitale». Le ministère de Roland Lescure a autorisé cette cession à Loar Group de LMB Aerospace, qui fabrique des ventilateurs pour les Rafale et les sous-marins nucléaires. Selon le ministre, le gouvernement a imposé des conditions : une action préférentielle qui permettra de bloquer les décisions stratégiques contraires aux intérêts de la France, le maintien de la production en France et des garanties entourant les «contrats stratégiques».