L’Union européenne (UE) a indiqué ce jeudi avoir sanctionné plusieurs hauts responsables iraniens, dont le ministre de l’Intérieur et des dirigeants des Gardiens de la révolution, à la suite de la répression meurtrière des manifestations en Iran ces dernières semaines. D’après une liste publiée au Journal officiel de l’UE, sont notamment sanctionnés le ministre Eskandar Momeni et le procureur général de l’Iran, Mohammad Movahedi-Azad. Y figurent aussi le chef de la police Seyed Majid Feiz Jafari et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution, organisation considérée comme le bras armé de la répression qui a fait des milliers de morts. Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d’entrer dans l’UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.

Les Gardiens de la révolution restent dans le collimateur de l’UE, qui pourrait décider ce jeudi d’ajouter l’organisation sur sa liste des organisations terroristes. « Si vous agissez en terroriste, vous devez être traité comme tel », a lancé la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, avant une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 à Bruxelles. « Je m’attends […] à ce que nous convenions d’inscrire les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes », a-t-elle ajouté. D’autres pays ont déjà pris une telle décision, comme les États-Unis, le Canada ou l’Australie.

La France prête à classer les Gardiens de la révolution comme organisation terroriste

La France a annoncé mercredi être prête désormais à prendre sa décision, levant ainsi un des principaux obstacles à son adoption. « Il ne peut y avoir aucune impunité pour les crimes commis », a affirmé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, à son arrivée à Bruxelles. Le ministre français a également appelé les autorités iraniennes à libérer les prisonniers et « à mettre fin aux exécutions qui poursuivent la répression […] la plus violente de l’histoire contemporaine de l’Iran ».

L’Italie avait annoncé la semaine dernière son intention de proposer à ses partenaires de l’UE d’ajouter les Gardiens de la révolution sur cette liste noire. La proposition était déjà sur la table des ministres de l’UE mais, faute d’unanimité, elle n’avait jusqu’à présent pas pu aboutir, certains pays s’inquiétant de la sécurité de leurs ressortissants en Iran. De son côté, l’Iran a mis en garde contre des « conséquences destructrices » si l’UE décidait de cette inscription.