Le candidat LFI Sébastien Delogu photographié à Marseille au mois de novembre (illustration)

CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Le candidat LFI Sébastien Delogu photographié à Marseille au mois de novembre (illustration)

En quelques années, TikTok a su se faire une place de choix sur nos téléphones. Très populaire auprès des jeunes, le réseau social est aujourd’hui prisé des responsables politiques, friands de s’adresser à une partie de l’électorat moins habituée aux médias traditionnels.

Un exemple récent montre que le pari peut être gagnant puisqu’aux États-Unis, le démocrate Zohran Mamdani a fait une campagne pour la mairie de New York très offensive sur TikTok. À base de vidéos courtes et percutantes, il a mis en scène sa vie privée autant que ses propositions politiques. Et il l’a emporté, en capitalisant entre autres sur l’électorat jeune et branché.

En France, les élections municipales prévues les 15 et 22 mars n’échappent pas à la règle. De nombreux candidats, en particulier dans les grandes villes, en font un outil central de leur communication. Selon la plateforme de veille médiatique Visibrain, Sarah Knafo est celle qui cumule le plus de vues. La compagne d’Éric Zemmour, qui représente Reconquête dans la course à la mairie de Paris, totalisait 3,9 millions vues au 1er janvier 2026. Des chiffres importants qu’elle met au service d’une idéologie d’extrême droite et d’une stratégie du buzz permanent, inspirée des méthodes de Donald Trump.

En deuxième position, on retrouve de façon plus surprenante Stéphane Lang, candidat de droite à Reims (Marne), qui compte 1 million de vues. La clé du succès étant, selon Visibrain, un nombre important de vidéos mises en ligne chaque jour sur le réseau social. Ainsi Sarah Knafo en publie deux ou trois quotidiennement. Sur la troisième marche du podium, on retrouve Sébastien Delogu, candidat de LFI à Marseille, suivi de Rachida Dati, le socialiste parisien Emmanuel Grégoire, Éric Ciotti (Nice) et l’insoumis François Piquemal (Toulouse).

Un autre critère est pris en compte pour juger de la viralité d’un contenu, et donc de l’influence d’une personnalité politique sur les réseaux sociaux : le taux d’engagement. Cela correspond au nombre de likes, de commentaires, de partages… Cette fois, c’est l’insoumis Séabstien Delogu qui arrive premier avec près de 5 600 interactions, soit 23 % de plus que Sarah Knafo, qui arrive deuxième. Les trois places suivantes sont occupées par Rachida Dati, Laure Lavalette, candidate RN à Toulon, et François Piquemal.

Le RN presque absent

Ces deux classements offrent quelques surprises mais illustrent surtout la diversité de profils et de villes représentées sur TikTok. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le Rassemblement national est quasiment absent du réseau social dans le cadre des municipales.

Le volontarisme de Jordan Bardella sur la plateforme chinoise est un peu l’arbre qui cache la forêt, puisque les deux seuls candidats RN présents dans le classement des quinze comptes générant le plus de vues sont Laure Lavalette et Franck Allisio, qui enregistrent des scores plus que modestes. « Lors d’élections passées, comme les européennes, le parti avait su tirer son épingle du jeu sur les réseaux sociaux, et particulièrement sur TikTok, en maîtrisant les codes de la plateforme », relève Visibrain. On observe aussi la grande discrétion des partis soutenant Emmanuel Macron, puisqu’aucun candidat Renaissance ou Horizons n’a fait de percée sur TikTok.