Tandis que le reste de l’industrie se
cherche encore, le fabricant de Nagoya continue d’avancer avec
régularité, écrasant la concurrence par les volumes.

Avec plus de 10 millions de véhicules écoulés en 2025, le groupe
japonais signe un record historique et creuse un écart abyssal avec
son poursuivant direct, Volkswagen. Cette performance repose sur
une motorisation qui représente désormais 42 % des ventes et
cartonne aux États-Unis, compensant largement le faible démarrage
des modèles 100 % électriques de la marque. Même en Chine, Toyota
réussit l »exploit de stabiliser ses positions là où d’autres
s’effondrent.

Toyota, un groupe avec beaucoup de bon sens

Les modes passent, la réglementation se durcit, les concurrents
multiplient les annonces, mais à la fin de l’année, quand on fait
les comptes, c’est toujours le constructeur japonais qui
regarde tout le monde de haut
. Ce jeudi, la firme a encore
douché les espoirs de ceux qui la voyaient tomber. En
annonçant 11,3 millions de véhicules vendus à travers le monde en
2025
, Toyota ne se contente
pas seulement de conserver son titre de premier constructeur
mondial pour la sixième année d’affilée. Elle s’offre le
luxe de battre son propre record avec une croissance de 4,6
%.

Pour bien comprendre cette performance, il faut la mettre en
perspective avec les ventes du groupe Volkswagen, son éternel
rival. Le colosse allemand a vécu une année 2025 compliquée, pour
ne pas dire douloureuse. Wolfsburg a confirmé ce mois-ci avoir
écoulé un peu moins de 9 millions de voitures, soit une baisse de
0,5 %. L’écart entre le premier et le deuxième de la classe
s’est donc creusé pour dépasser les deux millions
d’unités
.

Ce triomphe, c’est avant tout celui d’une vision qui a souvent
été moquée. On a reproché à Toyota sa lenteur et son hésitation à
basculer vers le tout électrique, mais les chiffres lui donnent
pleinement raison. Le moteur de cette croissance, c’est l’hybride
(non-rechargeable), technologie que Toyota peaufine depuis la
première Prius apparue en 1997. Ces véhicules ont tout de
même représenté 42 % des ventes mondiales de la maison mère l’an
dernier.
À l’inverse, les véhicules purement électriques à
batterie ne pèsent que 1,9 % dans le mix global du Japonais. Ainsi,
en inondant le marché avec des Corolla, des
Yaris
et surtout des SUV hybrides, Toyota répond à une demande
importante que d’autres ont peut-être sous-estimée en voulant
courir trop vite vers la prise de courant.

L’Amérique comme poumon, la Chine comme bonne surprise

Si l’on regarde la carte du monde, on comprend vite que le
succès s’est joué de part et d’autre du Pacifique. Les
États-Unis et le Japon restent les deux poumons de l’entreprise,
absorbant à eux deux plus de 40 % de la production totale
.
C’est aux États-Unis que la dynamique est la plus impressionnante.
Là-bas, l’hybride n’est plus une niche pour écologistes, c’est
devenu le standard du véhicule familial rationnel. Les exportations
depuis l’archipel nippon vers les ports américains ont bondi de
14,2 %, atteignant environ 615 000 unités. Cependant, la véritable
surprise nous vient d’Asie. En Chine, le marché est devenu un
véritable hachoir pour les marques étrangères. Volkswagen y
souffre le martyre, perdant des parts de marché mois après mois
face aux constructeurs locaux. Dans ce contexte, la performance de
Toyota est plus que remarquable avec une légère hausse de 0,2
%.

Cela peut sembler dérisoire, mais c’est la première fois
en quatre ans que Toyota ne recule pas sur le premier marché
mondial
. Toutefois, l’année 2026 s’annonce sans doute plus
complexe. La pression pour vendre davantage de véhicules
électriques va s’accentuer, ne serait-ce que pour respecter les
normes d’émissions qui se durcissent un peu partout. Avec moins de
2 % de ventes en électrique, Toyota va devoir accélérer la cadence
sur ce créneau pour ne pas se retrouver en porte-à-faux. Pendant
que Volkswagen tente de se réorganiser en interne pour réduire ses
coûts et endiguer l’hémorragie, Toyota continue de faire ce qu’il
sait faire de mieux en produisant des millions de voitures que les
gens achètent sans se poser de questions.