Par
Cédric Nithard
Publié le
29 janv. 2026 à 17h00
Les habitants de la résidence Stéphane Hessel à Montpellier n’en peuvent plus. Depuis décembre, les ascenseurs sont en panne. Une situation intenable pour les résidents dont certains ne peuvent plus sortir de chez eux. Ce jeudi 29 janvier, appuyé par les membres du Printemps Montpelliérain dont leur candidat le député écologiste Jean-Louis Roumégas, ils ont pu rencontrer un responsable d’Hérault Logement pour régler le problème.
« Quand il y a une panne, c’est comme si elles étaient en prison »
« Il faut faire quelque chose pour nous car nous sommes en train de souffrir. Depuis un mois et demi, chaque semaine on nous dit que l’on va venir réparer et rien n’est fait », ne décolère pas un des habitants de la résidence Stéphane Hessel située dans le quartier Petit-Bard à Montpellier. Les fortes précipitation de décembre ont entraîné la panne des deux ascenseurs et inondées le parking de cette résidence de six étages comportant une quarantaine de logements.
« Chaque fois qu’il pleut… »
« À chaque fois qu’il pleut c’est la même chose et on doit attendre avant que ce soit réparé », souffle un autre. La galère est compréhensible d’autant plus lorsqu’il faut descendre une poussette, monter les courses ou que l’on est une femme enceinte, une personne âgée ou à mobilité réduite.
« Certaines personnes ne peuvent pas sortir de leur appartement si elles n’ont pas l’ascenseur. Quand il y a une panne, c’est comme si elles étaient en prison »
Mourad El Kardouni
Représentant du collectif d’habitants de la résidence Stéphane Hessel
« Là il y a ce problème d’humidité, ailleurs c’est autre chose, les espaces publics sont peu entretenus, dans la rue les poubelles sont laissées sur les trottoirs et c’est partout comme ça… Il y a beaucoup trop de petites choses qui ne vont pas et cela crée un sentiment d’abandon. C’est à ça qu’ont servi les 250M€ mis dans la rénovation urbaine du quartier ? », interroge Tarek Kawtari de l’Assemblée des Quartiers Populaires, une des forces composant le Printemps Montpelliérain.
« C’est du mépris »
Le militant, connu de longue date depuis Justice Pour le Petit-Bard qui avait à l’époque justement poussé les politiques à cette rénovation, n’a pas cessé la lutte. « Ce sont des honnêtes gens qui habitent là et ils ont l’impression qu’en face, ils s’en foutent. Il faut faire le bordel juste pour parler, ce n’est pas normal. Ils ont alerté et rien n’est fait, c’est du mépris », regrette-t-il encore aujourd’hui.
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Une mort dans toutes les mémoires
Construit en 2013 suite à la rénovation urbaine portée sur le quartier, la résidence Stéphane Hessel est gérée par Hérault Logement. Si la question de l’entretien des résidences est aussi sensible au Petit-Bard, c’est que tout le combat de Justice Pour le Petit-Bard a débuté en juin 2004 avec la mort d’un habitant, Hocine El Ouamari, dans un incendie, parti d’une gaine d’électricité dans une cage d’escalier d’un immeuble de la rue des Trolles. Une mort et une cause que personne n’a oublié dans le quartier.
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« Il faut trouver des solutions »
Bien décidés à se faire entendre, accompagnés par plusieurs membres du Printemps Montpelliérain, qui avait lancé l’invitation à la presse, dont leur tête de liste le député écologiste Jean-Louis Roumégas, les habitants se sont rendus à quelques mètres de là dans les locaux du bailleur social. Le candidat aux municipales explique : « Cela dépasse les élections. Je suis venu en soutien du collectif d’habitants et d’amis. Les gens ont l’impression de vivre dans un quartier de seconde zone. Il y a des problèmes structurels très graves dans les appartements. Et ce n’est pas ponctuel, c’est chronique, cela dure depuis des mois, voire des années. Les gens sont posés, essayent de s’organiser et de dialoguer donc il faut trouver des solutions ».
« Il y a de la bonne volonté des deux côtés »
Quelques minutes après leur arrivée, un responsable d’Hérault Logement a reçu une délégation et le député écologiste afin de les rassurer quant au traitement de leurs problématiques. « Grâce à leur écoute, on va essayer de faire avancer les choses. Ils nous ont promis à partir de lundi un contrôle de tous les logements de la résidence Stéphane Hessel pour prendre en compte les problèmes de chaque locataire et des parties communes », explique Mourad El Kardouni à la sortie de la réunion.

Accompagné de Boris Chenaud (APRÉS), Serge Martin (SDE) et de Gemel Ben Saïd et Tarek Kawtari (Assemblée des Quartiers Populaires), le député écologiste Jean-Louis Roumégas est venu apporter le soutien du Printemps Montpelliérain aux habitants de la résidence Stéphane Hessel. (©CN / Métropolitain)« Elle est où la député de la circonscription ? »
Quant aux ascenseurs, si aucune date n’a été avancée, la promesse a été faite de résoudre le problème rapidement. « Il y a de la bonne volonté des deux côtés. On verra si Hérault Logement tient sa parole », affirme, optimiste mais vigilant, le représentant des habitants qui n’a pas manqué de remercier Jean-Louis Roumégas de son appui. Plus taquin, Tarek Kawtari lance : « Elle est où la député de la circonscription ? ». Si l’important reste le sort des résidents, la campagne n’est jamais très loin…
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