l’essentiel
Dans le cadre de la campagne des municipales, Jean-Luc Moudenc propose d’utiliser l’IA pour la relecture des milliers d’images enregistrées par les caméras de vidéosurveillance. Des caméras qu’il veut également multiplier.
L’intelligence artificielle va-t-elle faire son arrivée dans la gestion des images des caméras de vidéosurveillance et donc de la sécurité à Toulouse ? C’est ce qu’a proposé Jean-Luc Moudenc, le maire sortant et candidat à sa succession, ce jeudi. Le sujet est sensible et la loi encadre strictement cette utilisation. La reconnaissance faciale est interdite mais aussi la détection de scènes potentiellement dangereuses : une foule qui court, une voiture stationnée devant un site interdit… En revanche, l’IA peut être utilisée pour relire des images et retrouver ainsi une scène en particulier.
Exemple : un vol est commis dans la rue et l’alerte est donnée. Il faut alors remonter le fil des images enregistrées jusqu’à la scène de départ, identifier le suspect et fournir son signalement aux patrouilles de terrain. C’est cette relecture rapide qui serait facilitée, a expliqué Jean-Luc Moudenc. De même, lorsque les policiers, sur réquisition de la justice, demandent à visionner une situation qu’il faut chercher parmi des milliers d’heures d’enregistrement. Un travail déjà effectué par les agents municipaux mais qui exige du temps.
Plan caméras
Sur la sécurité, Jean-Luc Moudenc se veut à l’offensive. Il enfonce même le clou sans attendre : lors du prochain conseil municipal, une délibération va proposer de tester pendant quinze jours un logiciel de relecture d’images. Ce qui promet de l’ambiance à un mois du scrutin du 15 mars.
Le candidat avait déjà proposé une caméra par rue. Ce jeudi, Jean-Luc Moudenc a détaillé ce plan. Il y a 3 000 rues à Toulouse. En retenant une couverture de 200 mètres et un angle de vision de 360°, cela conduirait à installer 1 380 caméras supplémentaires. Il y en a 710 aujourd’hui. « Cela coûterait 40 M€. » Cette somme, c’est ce que la mairie a dépensé en investissement ces dernières années pour construire le local de la police municipale (32 M€) et implanter des caméras (8 M€), ce qui montre, aux yeux du maire, que le plan caméras est financièrement jouable.
Autre promesse : l’installation de bornes d’appel d’urgence de la police municipale dans certains sites, telle la place Saint-Pierre. Mais aussi l’interconnexion des réseaux vidéo villes, Tisséo, parkings, bailleurs sociaux… Jean-Luc Moudenc a annoncé également l’implantation d’une caméra par école pour sécuriser l’accès.
Enfin, il veut créer une brigade spéciale au sein du service propreté qui interviendrait sur les dépôts sauvages d’ordures. Des dépôts qui seraient également vidéoverbalisés.
Lors de ce nouveau point presse, le maire, accompagné d’Emilion Esnault, élu en charge de la sécurité, est aussi longuement revenu sur son bilan. Les policiers municipaux sont ainsi passés de 165 en 2014 à 390 aujourd’hui. Les caméras de 21 à 710. Ces agents travaillent désormais 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, armés et dans tous les quartiers, a souligné le candidat en rappelant que, durant le mandat Cohen, la police municipale ne travaillait pas entre minuit et 5 heures. « Une brigade va au contact des Toulousains après chaque signalement », a vanté Jean-Luc Moudenc en soulignant cette « proximité ». Grâce à « davantage de présence humaine et plus de moyens techniques », a-t-il souligné, « nous avons une des polices municipales les plus performantes de France. »
Attaqué sur les chiffres de l’insécurité, Jean-Luc Moudenc s’est à nouveau défendu en citant certains indicateurs qui montrent une baisse de la délinquance sur la voie publique qu’il distingue de la violence « dans la sphère privée » qui, elle, augmente.
« La gauche la plus archaïque de France »
La gauche s’est-elle réconciliée avec la sécurité ? Emilion Esnault s’est questionné en rappelant que Lionel Jospin, avant la déroute de 2002, avait concédé sa « naïveté » sur le sujet. Pour l’élu en charge de la sécurité, il y a toujours, dans l’opposition, « une ligne d’évitement sur le sujet de l’autorité ». « La question n’est pas la proximité, c’est : qu’est-ce qu’on fait dans la proximité ? On tourne la tête quand un couteau est sorti ou on assume la répression ? », a-t-il lancé en diagnostiquant chez ses opposants « une culture de l’excuse sociétale qui prend le pas sur la responsabilité individuelle ». Ce qui ferait « des Verts, du PS et de LFI toulousains les plus archaïques de France. » La colistière Laura Verkaeren a, elle, dénoncé « l’instrumentalisation » de l’insécurité par le RN qui « n’a pas de stratégie locale et recycle tous nos dispositifs ».