Désormais sorti de la Challenge cup, où il avait pourtant une carte intéressante à jouer, le Chaumont VB 52 Haute-Marne, éliminé par les Israéliens du Maccabi Tel Aviv, mercredi 28 janvier, n’a pas fini de se poser des questions cette saison. Pas sûr même qu’il y trouve toutes les réponses.
Il n’aura finalement pas fallu attendre bien longtemps après le départ de Silvano Prandi, le 5 janvier dernier, pour retrouver le côté obscur du Chaumont VB 52 Haute-Marne. Celui qui avait valu les prestations d’une pauvreté désarmante, en championnat à domicile, face à Sète (0-3, 3e journée) et Saint-Nazaire (0-3, 14e journée). Cette fois c’est en huitième finale retour de Challenge cup, mercredi 28 janvier, face aux Israéliens du Maccabi Tel Aviv, que Pierre Toledo et ses coéquipiers ont de nouveau fauté, malgré des conditions difficilement plus idéales que celles qui accompagnaient les joueurs au coup d’envoi de ce match.Avec une première victoire en poche la veille, lors du match aller (3-1, guère plus convaincante sur le plan du jeu), le bénéfice du terrain sur les deux rencontres, un joueur de plus dans l’effectif (douze contre onze pour les visiteurs), et une moyenne d’âge bien inférieure à celle d’en face, dans une double-confrontation en deux jours qui pouvait influer sur le niveau physique des protagonistes, le CVB 52 a néanmoins explosé de toutes parts.
Auteurs d’une prestation indigne du niveau européen certes, mais surtout du niveau d’une équipe de première division française, les hommes d’Iban Perez ont sombré dans la médiocrité. Difficile d’en vouloir d’ailleurs au staff. Quant au management précieux et très technico-tactique de Silvano Prandi, le coach espagnol tente d’y introduire un peu plus de relationnel depuis plusieurs semaines, l’attitude sur le terrain n’y trouve guère d’évolutions. Cette formation haut-marnaise doit composer avec ses réelles limites sportives, s’entremêlant avec un mental des plus friables.
Manque de cran, de niveau, de mental
Mercredi 28 janvier, l’incapacité de cette formation cévébiste à élever son niveau de jeu a paru ainsi incompréhensible. Adam Bartos, arrivé au Maccabi Tel Aviv depuis cinq jours seulement, avait pourtant prévenu la veille, après la défaite des siens à “l’aller” : « je suis persuadé que l’on peut renverser la situation dès demain (mercredi 28 janvier), avec cette équipe. »
Le Tchèque, titulaire cette fois, a d’ailleurs contribué au renouveau des Israéliens, pouvant compter également sur leur Cubain quarantenaire, Salvador Hidalgo, en “bout de filet” pour mettre à mal le camp chaumontais, avec son coéquipier “pointu” Bisset, lui aussi plus réaliste que la veille. Bref, des ingrédients supplémentaires nécessaires aux ambitions du Maccabi quand, de l’autre côté du filet, les locaux, eux, poursuivaient la même partition que le premier match, sur le même rythme, attendant que leurs adversaires daignent baisser d’un ton pour leur laisser la place dans la lumière : incompatible avec le sport de très haut niveau.
Le CVB 52 a bien eu quelques sursauts, comme ce retour à “18-16” dans le deuxième set, pour leur premier et seul avantage au score de la partie, mais immédiatement effacé par cinq points encaissés consécutivement (18-21).
Seul le “golden set” a enfin offert cette intensité qu’attendait le maigre mais fidèle public de Palestra… Du moins pendant treize points (13-9). Car une fois encore, malgré cette avance confortable à deux petits points de la qualification, les Chaumontais ont oublié d’y mettre l’application nécessaire jusqu’au bout. Manque de cran, de niveau, de mental : un peu de tout ça sans doute… Trop en tout cas pour continuer leur chemin au-delà d’un huitième de finale de Challenge cup, et plutôt inquiétante en vue des échéances nationales à venir.
Laurent Génin
Le jeu et les joueurs du CVB 52 HM
Pas un pour rattraper l’autre
Alex Saaremaa reste le central du CVB 52 le plus fourni en ballons offensifs, comme face au Maccabi Tel Aviv, mercredi 28 janvier, à Palestra.
Aux dires des joueurs du Chaumont VB 52 Haute-Marne, la coupe d’Europe devait servir à régénérer le groupe, à lui offrir un nouvel élan. Pas sûr qu’au lendemain de la piteuse élimination face au Maccabi Tel Aviv, en huitième de finale de Challenge cup, les effets escomptés aient trouvé bénéfices au sein du groupe. Cette double-confontation pourrait même miner un peu plus une équipe cévébiste tellement peu convaincante.
Sans son capitaine Brett Walsh (blessé à l’auriculaire), les responsabilités du jeu chaumontais sont désormais entièrement dévolues au passeur, Sergiusz Serafin. Un challenge difficile pour le jeune Polonais qui ne ménage pourtant pas ses efforts depuis qu’il est sur le terrain, lui aussi diminué par une blessure au pouce dont il se remet à peine. Jamais réellement entré en jeu depuis le début de saison, il a été lancé dans le grand bain sans la moindre bouée de sauvetage : pas facile.
D’autant qu’autour de lui, ses coéquipiers ne l’aident pas beaucoup sur le plan offensif. Pierre Toledo, en “pointe”, a complètement disparu de la circulation depuis quelques matches, tandis que Joshua Marty tente de combler cette absence au mieux, mais pas toujours avec consistance. Un vrai manque à gagner dans ce secteur, par rapport aux différents adversaires.
Des centraux peu utilisés
En bout de filet, l’inconstance est le maître-mot. Jacob Pasteur, certainement le joueur le plus prometteur de cet effectif, au potentiel énorme, manque malheureusement trop de confiance en lui, au point de devoir, mercredi soir, s’en priver sur le “golden set”. Alexandros Raptis, lui, alterne presque d’un ballon sur l’autre le pire et le meilleur, à l’image de ses dernières réceptions catastrophiques mercredi soir, alors qu’il avait pris la main sur ce “set en or”. Quant à Rok Bracko, autre élément à large potentiel, il peine parfois à canaliser son énergie, notamment sur les points importants, lui valant, à certains moments, un manque de lucidité pénalisant. Enfin, Danny Poda semble, lui, ne pas entrer dans les plans du staff depuis le début de saison, laissant le groupe non pas à douze mais à onze actuellement.
Au centre, les malheureux Twan Wiltenburg et Alex Saaremaa continuent, la plupart du temps, à voir les ballons passer au-dessus de leurs têtes. Très (trop) rarement mis à contribution offensivement, ils multiplient les sauts au filet en vain. Heureusement que leur abattage au “block”, ainsi que leur qualité de service (parfois) leur permettent d’exister au sein de ce groupe, au point d’en faire souvent les joueurs les plus réguliers. Sur le banc, Médéric Henry n’entre que très rarement sur le terrain désormais, limitant très sérieusement son impact sur le jeu cévébiste.
Enfin, au poste de libéro, Iban Perez a repris l’alternance de ses deux joueurs : Lilian Le Meur en réception et Théo Durand en défense. La formule est incontestablement la meilleure pour cette équipe, même si, sur le deuxième match de Challenge cup, les deux compères ont été
beaucoup moins à la fête que la veille.
L. G.